Balisage GR93

L’année dernière nous étions cinq pour une opération de balisage et d’entretien du tronçon du GR93 qui a été confié à l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne. Cette année, je suis seul, Bernard, le président, n’étant pas disponible. Mais ce n’est pas grave, j’ai prévu de parcourir un aller retour entre le début du sentier à proximité du col de Grimone et le col de Seysse. Je suis chargé: un sac à dos avec vêtements chauds , casse croûte et eau et un sac de matériel: sécateur, scie, brosse métallique, cutter, peinture…plus un long coupe branche à la main. Le départ se faisant encore à l’ombre, je démarre en polaire, mais dès que j’atteins le soleil, je quitte tout. J’avance lentement à observer les anciennes marques de peinture, à regarder s’il en manque ou si il faut les refaire, à débroussailler. Ce parcours est donné en 1h20, je mettrai 4h pour atteindre le col de Seysse et 3h pour revenir. Entre temps j’ai aussi trouvé deux géocaches qui étaient placées au bord du chemin. J’ai juste remis mon short pour croiser deux fois deux couples de randonneurs chaudement vêtus aperçus à l’avance. Une bonne journée de travail en plein air au soleil.

Last year there were five of us for a marking and maintenance operation on the GR93 section which was entrusted to the Association des Marcheurs Nus du Val de Roanne. This year, I am alone, Bernard, the president, not being available. But it doesn’t matter, I plan to go back and forth between the beginning of the trail near the Col de Grimone and the Col de Seysse. I am loaded: a backpack with warm clothes, crust lunch and water and a bag of equipment: pruning shears, saw, wire brush, cutter, paint… plus a long branch cutter in my hand. The start is still in the shade, so I start in the fleece, but as soon as I reach the sun, I leave everything. I am slowly moving forward to observe the old paint marks, to see if any are missing or if they need to be redone, to clear the brush. This course is given in 1h20, it will take me 4h to reach the Seysse pass and 3h to come back. In the meantime I also found two geocaches that were placed on the side of the road. I just put on my shorts to meet two couples of hikers warmly dressed and seen in advance. A good day of outdoor work in the sun.

Autrans

Pour récupérer d’un bon effort physique en course à pied la veille, j’ai eut envie de partir pour une petite balade à la recherche de geocaches dans le Vercors au dessus d’Autrans. Garé sur le parking désert de la station de ski, je commence par suivre la route qui continue. Des ouvriers s’activent sur un des bâtiments de la station. C’est que la saison d’hiver s’approche! Deux virages plus loin, je quitte la route pour une piste forestière et je peux me déshabiller. Puis je prend droit dans la pente sur le gazon d’une piste de ski. En descente sur la neige, facile, mais à pied sur l’herbe, c’est autre chose. C’est bien raide. Finalement je rejoins le GR qui suit plus ou moins la crête. Première cache trouvée, puis une deuxième. Je fais un détour par le sommet de la Sure (troisième cache) d’où le panorama sur la vallée de l’Isère et Grenoble au fond est superbe. Je redescends un peu dans la forêt à la recherche de la quatrième cache qui me donne un peu de mal. C’est une série de microcaches accrochées aux branches de sapins. Tout le problème étant de trouver le « bon »sapin. Enfin, la voilà. En suivant le rebord des falaises, j’ai devant moi le sommet de la Buffe. Pourquoi ne pas y monter aussi. Un peu avant d’y arriver, je vois la tache jaune d’un vêtement. J’enfile mon short et passe près d’un homme occupé à regarder le paysage. Quelques mots et je continue ma grimpette jusqu’au sommet, une bosse herbeuse bien dégagée qui permet une vue à 360° sur le Vercors d’un côté, la Chartreuse de l’autre, la vallée de l’Isère entre les deux massifs et au fond les sommets légèrement enneigés de Belledonne et du Taillefer. Tout occupé à photographier le paysage je n’aperçois que trop tard l’homme croisé précédemment qui arrive. « Ne vous inquiétez pas, ça ne me gène pas » me dit il. Je continue donc tranquillement ma série de prise de vues. Pour descendre, je trouve un sentier qui plonge droit et raide dans la forêt et me ramène à la route. Là je me rhabille pour rejoindre le parking.

To recover from a good physical effort in running the day before, I wanted to go for a short walk in search of geocaches in the Vercors above Autrans. Parked in the desert parking lot of the ski resort, I start by following the road that continues. Workers are busy on one of the station’s buildings. It’s that the winter season is approaching! Two bends further on, I leave the road for a forest track and can undress. Then I go straight down the slope on the grass of a ski slope. Downhill on snow, easy, but on the grass, it’s something else. It’s quite steep. Finally I join the GR which follows more or less the ridge. First cache found, then a second one. I make a detour to the summit of the Sure (third cache) from where the panorama of the Isère valley and Grenoble at the background is superb. I go down a little in the forest in search of the fourth cache which gives me a little trouble. It’s a series of microcaches attached to the branches of fir trees. The whole problem is to find the « right » tree. Anyway, there it is. Following the edge of the cliffs, I have in front of me the top of the Buffe. Why don’t to go up there too. Just before I reached it, I saw the yellow stain on a piece of clothing. I put on my shorts and walk past a man who is looking at the landscape. A few words and I continue my climb to the top, a clear grassy bump that allows a 360° view of the Vercors on one side, the Chartreuse on the other, the Isère valley between the two massifs and at the back the slightly snow-covered peaks of Belledonne and Taillefer. While busy photographing the landscape I only see too late the man I met earlier who arrived. « Don’t worry, it doesn’t bother me, » he said. So I continue my series of shots quietly. To go down, I find a path that plunges straight and steep into the forest and takes me back to the road. Now I get dressed to go to the parking lot.

Source de la Drôme

Au programme de ce samedi de début octobre: l’assemblée générale de l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne suivie d’un repas en commun et d’une balade dans le coin. La réunion, plus longue que prévue, s’est terminée tard, le repas au restaurant a été copieux mais lui aussi quelque peu long, c’est donc seulement vers 15h20 que nous sommes en place au départ du parcours que Bernard nous a concocté. Nous sommes cinq. Dès que hors de vue de la route nous sommes nus. Le vent qui nous faisait craindre du froid ne se fait presque plus sentir dans ce vallon. Nous suivons un petit ruisseau encombré de branchages. C’est…la Drôme! Nous allons la remonter jusqu’à sa source. Le sentier est parfaitement entretenu, balisé de flèches bleu, en plus des marquages de trail et de vtt. Impossible de se perdre. Le parcours passe alternativement d’un côté à l’autre du ruisseau par des passerelles de bois ou par un arbre posé en travers du cours d’eau. A un moment le chemin rejoint une route qu’il faut suivre sur une centaine de mètres. Elle a l’air si peu fréquentée qu’on ne se couvre même pas, tout juste garde t’on un short à portée de main, au cas où. Puis le cheminement reprend dans la forêt. Ça monte légèrement. La dénivellation totale est de deux cent mètres pour une longueur de cinq kilomètres. Facile! Juste avant de déboucher au village de la Bâtie des Fonds, on se rhabille sommairement. Les quelques maisons de cette minuscule commune (une dizaine d’habitants) sont les rescapées d’un glissement de terrain qui détruisit la majeure partie du village en 1936. Un cheminement touristique de passerelles et d’escaliers de bois, de panneaux explicatifs, permet de parcourir les lieux et de découvrir cette histoire. La source de la Drôme est bien là. Bernard s’entretient longuement avec un habitant, expliquant notre pratique. Puis on repart en sens inverse, face au soleil qui décline. On est aux voitures à 18h passé.

On the agenda for this Saturday in early October: the general assembly of the Association des Marcheurs Nus du Val de Roanne followed by a joint meal and a walk in the area. The meeting, longer than expected, ended late, the meal in the restaurant was copious but also somewhat long, so it is only around 3:20 p.m. that we are in place at the beginning of the route that Bernard has concocted for us. There are five of us. As soon as we get out of sight of the road we’re naked. The wind that made us fear the cold is almost no longer felt in this valley. We follow a small stream cluttered with branches. It’s… the Drôme! We’ll trace it back to its source. The trail is perfectly maintained, marked with blue arrows, in addition to trail and mountain bike markings. There’s no way to get lost. The route passes alternately from one side of the stream to the other through wooden footbridges or through a tree placed across the watercourse. At some point the path joins a road that must be followed for about a hundred meters. It seems so unfrequented that we don’t even cover ourselves, just keep shorts handy, just in case. Then the path resumes in the forest. It’s going up a little. The total drop is two hundred metres for a length of five kilometres. Easy! Easy! Just before we reach the village of La Bâtie des Fonds, we get dressed up succinctly. The few houses of this tiny commune (about ten inhabitants) are the remains of a landslide that destroyed most of the village in 1936. A tourist trail of footbridges and wooden stairs, explanatory panels, allows you to explore the area and discover this history. The source of the Drôme is right there. Bernard talks at length with a local resident, explaining our practice. Then we go back in the opposite direction, facing the declining sun. We’re at the cars at 6:00 last night.

Lac du Lauzon

Symbolique cette rencontre entre Franck venant de Gap dans les Hautes Alpes, Bernard du Diois dans la Drôme et moi même de Grenoble dans l’Isère dans ce vallon de la Jarjatte à la jonction des trois départements pour marquer l’adhésion de Franck à l’association drômoise des Marcheurs Nus du Val de Roanne.
Les sommets alentours sont accrochés par les nuages et la météo annonce des rafales. Nous préférons éviter les balades en direction des cols qui risquent d’être particulièrement ventés et partir vers le fond de la vallée. Notre objectif est le lac du Lauzon. Départ du parking au bout de la route à 1228 m d’altitude. Il fait un peu frais. L’un est encore habillé, l’autre nu et le troisième entre les deux. Mais dés que la pente se fera sentir les derniers vêtements tomberont. Jusqu’à la cabane du Fleyrard, c’est encore tranquille, une large piste forestière qui monte en lacets. Mais après c’est droit dans le pentu. Le sentier suit la ligne de crête du vallon. On s’arrête souvent pour souffler… et profiter du paysage. Une dernière bosse et on découvre, à 2150 m, le lac du Lauzon, enfin ce qu’il en reste en cette fin d’été bien sec. Un trou d’eau entouré d’une végétation jaune et verte qui tranche sur l’ocre de la pelouse alpine et l’environnement de pierriers et de falaises. La lumière changeante au gré des déchirures des nuages qui défilent le long des parois alternativement illumine et éteint ce panorama, lui donne un aspect irréel et magique. C’est un paradis pour les photographes. Après le pique-nique, on longe le pied de la Tête du Lauzon pour basculer en direction du col des Aurias. Sur ce versant là, changement de décor avec en face de nous les longues croupes herbeuses de la Montagne de Paille et sur le coté un aperçu sur le plateau du Trièves. Un troupeau de moutons sort d’un enclos en contrebas, des vaches descendent vers le col de la Croix et sa bergerie. On se dépêche de passer le col pour éviter de croiser de trop près le troupeau et ses bergers puis on rentre dans la forêt pour la descente finale qui nous ramène, toujours nus, au parking. Une petite pluie se met à tomber lorsque la voiture démarre. Notre timing était parfait comme toute cette balade.

Symbolic this meeting between Franck from Gap in the Hautes Alpes, Bernard from the Diois area in the Drôme and myself from Grenoble in the Isère in this valley of the Jarjatte at the junction of the three departments to mark Franck’s membership in the Drôme association of the Marcheurs Nus du Val de Roanne.
The surrounding peaks are caught by clouds and the weather reports gusts. We prefer to avoid walks towards the passes which are likely to be particularly windy and go towards the bottom of the valley. Our goal is Lauzon Lake. Departure from the car park at the end of the road at an altitude of 1228 m. It’s a little chilly. One is still dressed, the other naked and the third in between. But as soon as the slope is felt, the last clothes will fall. Up to the Fleyrard hut, it’s still quiet, a wide forest track that climbs in bends. But then it’s straight into the slope. The trail follows the ridge line of the valley. We often stop to take a breath… and enjoy the scenery. One last bump and we discover, at 2150 m, the Lauzon lake, finally what remains of it at the end of this very dry summer. A water hole surrounded by yellow and green vegetation that contrasts with the ochre of the alpine lawn and the environment of rocky outcrops and cliffs. The changing light as the clouds tear along the walls alternately illuminate and extinguish this panorama, giving it an unreal and magical aspect. It is a photographers’ paradise. After the picnic, we walk along the bottom of the Tête du Lauzon to switch to the Col des Aurias. On this side, change of scenery with in front of us the long grassy hills of the Montagne de Paille and on the side a glimpse on the plateau du Trièves. A herd of sheep comes out of a enclosure below, cows go down to the Col de la Croix and its sheepfold. We hurry to cross the pass to avoid crossing the herd and its shepherds too closely then we enter the forest for the final descent which takes us back, always naked, to the parking lot. A little rain starts to fall when the car starts. Our timing was perfect like the whole ride
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Rhôn’ô Lac

J’ai participé àla première édition de Rhôn’ô Lac, un week end de rassemblement de canoë-kayak sur le lac du Bourget. Une centaine de pagayeurs étaient présents pour naviguer à partir d’une plage publique avec visite de l’abbaye d’Hautecombe qui domine le lac. Rien de naturiste à priori. Mais était prévu aussi une navigation de nuit jusqu’à une surprise: un concert de jazz flottant. Dans l’obscurité, j’ai pu embarqué nu, avec tout de même mon gilet de sauvetage, et navigué ainsi pendant deux heures, invisible même au milieu de la flottille.

I participated in the first edition of Rhôn’ô Lac, a canoe and kayak rally weekend on Lac du Bourget. About a hundred paddlers were present to navigate from a public beach with a visit to Hautecombe Abbey, which overlooks the lake. Nothing naturist a priori. But it was also planned to have a navigation at night until a surprise: a floating jazz concert. In the darkness, I was able to board naked, with my lifejacket on, and sail for two hours, invisible even in the middle of the fleet.

Belle Ile en Mer

Jusqu’à cette année la Bretagne restait pour moi un territoire lointain, à peine entrevu lors de rares voyages automobiles. Une région plus imaginée que connue notamment à travers la littérature et le cinéma qui bien souvent mettent en scène des conditions météos plutôt extrêmes de crachins, de mers démontées ou de tempêtes. Mais en même temps des amis me vantaient leurs séjours et leurs balades sur les chemins côtiers. Alors, lorsque j’ai eu connaissance d’une semaine de randonnue organisée par l’Association des Randonneurs Naturistes de Bretagne à Belle Île en Mer, je n’ai pas hésité. Va pour la Bretagne, même si c’est loin des montagnes des Alpes.
Nous sommes une quinzaine venus d’un peu partout en France, de Bordeaux, Grenoble, Dijon, Rouen, du Cantal ou de la région parisienne, et quelques Bretons aussi. Le camp de base est l’auberge de jeunesse de Le Palais, la ville principale de l’île. Nous avons la chance d’avoir à notre disposition une aile du bâtiment, ce qui nous permet de vaquer nus entre les chambres, les sanitaires et un coin de jardin qui sera notre coin apéro, avant d’avoir à se rhabiller pour les repas.
Le programme de la semaine est sportif : les 80 km du chemin côtier GR 340 en quatre étapes :
Le Palais / La Pointe des Poulains : 18.3 km. 
La Pointe des Poulains / Les Aiguilles de Port Coton : 21.3 km
Les Aiguilles de Port Coton / Locmaria : 28.6 km
Locmaria / Le Palais : 17 km.
suivi d’une journée à parcourir l’île voisine de Houat.
Mais nous ne sommes pas les seuls à vouloir cheminer sur ces itinéraires. Le matin, les autocars qui mènent aux différents sites sont pris d’assaut par des hordes de marcheurs que nous retrouvons régulièrement sur le parcours. La cohabitation entre randonneurs textiles et naturiste sera globalement positive. La surprise passée, c’est souvent de l’indifférence, parfois des sourires, quelquefois aussi bien sûr quelques remarques ou plaisanteries lourdes, mais également des discussions et des explications de notre art de vivre. C’est la force de la nudité en groupe. Pour ceux qui traînent derrière et se trouvent isolés au milieu des textiles, un short ou un paréo est de mise. De même à proximité des lieux plus touristiques accessibles aux promeneurs véhiculés.
Pour moi, ce fut la découverte de paysages de falaises de schistes sombres découpées tombant dans la mer, de criques d’une eau transparente verte et bleu, de plages enserrées entre les rochers ; de bois de pins et de châtaigniers d’un coté, de landes rases et de massifs de bruyères de l’autre ou encore de vallons couverts de hautes fougères ; de surprises géologiques et de vestiges historiques. Des paysages colorés, resplendissants sous le soleil, bien loin des terres grises et froides de mon imagination.

Until this year Brittany remained for me a distant territory, barely glimpsed during rare car trips. A region more imagined than known, particularly through literature and cinema, which often feature rather extreme weather conditions such as spittle, dismantled seas or storms. But at the same time friends were praising me for their stays and their walks on the coastal paths. So, when I heard about a week of naked hiking organized by the Association des Randonneurs Naturistes de Bretagne in Belle Île en Mer, I didn’t hesitate. Let’s go to Brittany, even if it’s far from the mountains of the Alps.
We are about fifteen people from all over France, from Bordeaux, Grenoble, Dijon, Rouen, Cantal or the Paris region, and a few Bretons too. The base camp is the youth hostel of Le Palais, the island’s main city. We are lucky to have at our disposal a wing of the building, which allows us to go naked between the rooms, the toilets and a corner of the garden which will be our aperitif corner, before having to get dressed for meals.
The week’s programme is sporting: the 80 km of the GR 340 coastal path in four stages:
Le Palais / La Pointe des Poulains: 18.3 km. 
La Pointe des Poulains / Les Aiguilles de Port Coton : 21.3 km
Les Aiguilles de Port Coton / Locmaria: 28.6 km
Locmaria / The Palace: 17 km.
followed by a day to walk around the nearby island of Houat.
But we are not the only ones who want to travel these routes. In the morning, the buses leading to the various sites are taken by hordes of walkers who we regularly meet on the route. The cohabitation between textile hikers and naturists will be generally positive. The past surprise is often indifference, sometimes smiles, sometimes of course some remarks or heavy jokes, but also discussions and explanations of our way of life. It is the strength of nudity in a group. For those who hang around behind and find themselves isolated in the middle of textiles, shorts or a pareo is required. Similarly, close to more touristic places accessible to pedestrians.
For me, it was the discovery of landscapes of cliffs of dark schist cut off falling into the sea, of coves of transparent green and blue water, of beaches enclosed between the rocks; of pine and chestnut woods on one side, of moors and heather beds on the other or of valleys covered with high ferns; of geological surprises and historical remains. Colourful landscapes, resplendent under the sun, far from the grey and cold lands of my imagination.

Myrtilles à Valpelouse

En cette mi août c’est un message insolite qui arrive sur cette liste de diffusion des randonneurs naturistes de Rhône Alpes et Savoies, une proposition pour aller ramasser des myrtilles au dessus de Valpelouse dans le massif de Belledonne. C’est un endroit que je connais pour y avoir randonné, il y a déjà fort longtemps. Quant à la collecte de myrtilles, c’est une activité que je n’ai jamais pratiquée. Nous ne sommes que deux, Bruno et moi. Nous arrivons au bout de la route, dans cette ancienne station de ski démantelée, vers 9 heures. Il y a déjà quelques voitures garées là. C’est aussi le point de départ pour quelques itinéraires de randonnées. Une demi heure de marche sur un petit sentier et l’on arrive au pied d’un versant couvert de myrtilliers. Mais nous ne sommes pas seuls. Quelques personnes disséminées dans les pentes sont déjà en activité. On est encore en shorts. On passe et on s’éloigne quelque peu vers un coin légèrement à l’écart. Là on quitte le short pour attaquer le ramassage. Mais on s‘aperçoit vite qu’un homme est à quelques dizaines de mètres en contrebas de nous. Tant pis, il nous voit. On le saluera tout à l’heure quand il remontera. Un autre est au dessus de nous, et d’autres en face mais plus loin. Ils doivent forcement voir notre tenue mais sont absorbés dans leurs tâches. Chacun est ici pour les myrtilles et ne s’occupe guère de ses voisins. Deux heures se passent à errer de buisson en buisson, le peigne à la main, à ramasser et jeter dans le seau les petits fruits bleus. Je remplis mon récipient, Bruno en a plus que moi. Il est temps de rentrer, de retourner à la maison et de se mettre au travail pour trier les fruits en vue de tartes et de confitures.

In this mid-August it is an unusual message that arrives on this mailing list of naturist hikers from Rhône Alpes and Savoies, a proposal to go pick blueberries above Valpelouse in the Belledonne massif. It’s a place I know from hiking there, a long time ago. I have never done any blueberry picking. There are only two of us, Bruno and I. We arrive at the end of the road, in this old dismantled ski resort, around 9 am. There are already a few cars parked there. It is also the starting point for some hiking routes. Half an hour of walking on a small path and we arrive at the foot of a slope covered with blueberries. But we are not alone. Some people spread out on the slopes are already active. We’re still in shorts. We pass and move a little further away to a slightly isolated corner. Now we leave the shorts to start picking up. But we quickly realize that a man is a few dozen meters below us. Never mind, he sees us. We’ll greet him later when he comes up. Another is above us, and others across the way but further away. They must necessarily see our attire but are absorbed in their tasks. Everyone is here for blueberries and does not take much care of their neighbours. Two hours are spent wandering from bush to bush, combing it by hand, picking up and throwing the blue berries into the bucket. I fill my container, Bruno has more than me. It’s time to go home, go back home and get to work sorting the fruit for pies and jams.

Cala Calitjas

Après les vagues de l’atlantique de la côte basque espagnole et une traversée des Pyrénées, je me retrouve au bord de la Méditerranée, dans la ville catalane de Roses. J’ai choisi cette étape sur mon parcours de retour dans les Alpes pour pouvoir ressortir mon masque, mon tuba et mes palmes. Les calanques situées dans le parc naturel du cap de Creus sont connues pour la richesse de la vie sous marine protégée.
L’un de ces calanque, la cala Calitjas, est réputée naturiste, c’est donc celle là que je choisie. Je l’atteint en une heure de vélo. Il n’y a que douze kilomètres, mais ce n’est vraiment pas plat ! Il est encore tôt. Une famille, en maillots, est à un bout de la plage. Je m’installe à l’autre extrémité et me déshabille. Quelques personnes arrivent, dont trois femmes de trois générations. La plus jeune et la plus âgée restent en maillots, la troisième se met nue. En fait de toute la journée, nous serons les deux seuls naturistes sur cette plage qui se remplit petit à petit. Mais aucune remarque ni marque de gêne. Je n’ose imaginer la même situation sur une plage française !
Étant seul, je ne veux quand même pas laisser sur la plage mes papiers et les clés du cadenas de mon vélo avec les clés de mon fourgon. J’ai pris un petit sacs étanche que j’emmène avec moi et qui flotte au bout d’une lanière lorsque je me mets à l’eau. Mon appareil photo lui aussi est étanche. Les herbiers de Posidonie, massifs de plantes sous marines, servent d’abri aux poissons. Sur le sable blanc se détache une magnifique étoile mer rouge, un peu plus loin une sole est à peine discernable tant sa peau ressemble aux fonds sous marin. Des bancs de poissons se promènent. La lumière se reflète sur l’eau. Je profite pleinement du moment.

After the Atlantic waves of the Spanish Basque coast and a crossing of the Pyrenees, I found myself on the Mediterranean coast, in the Catalan city of Roses. I chose this stage on my way back to the Alps to be able to take out my mask, snorkel and fins. The creeks located in the Cap de Creus natural park are known for their rich underwater life.
One of these creeks, the Calitjas cala, is reputed to be naturist, so this is the one I choose. I reach it in an hour by bike. It’s only twelve kilometers away, but it’s really not flat! It’s still early. A family, wearing swimsuits, is at one end of the beach. I settle at the other end and undress. A few people arrived, including three women of three generations. The youngest and oldest remain in swimsuits, the third gets naked. In fact, all day long, we will be the only two naturists on this beach that is gradually filling up. But no comments or embarrassment. I can’t imagine the same situation on a French beach!
Being alone, I still don’t want to leave my papers and the keys of my bike’s padlock on the beach with the keys of my van. I took a small waterproof bag that I take with me and that floats at the end of a strap when I get into the water. My camera is also waterproof. The Posidonia meadows, massifs of underwater plants, serve as fish shelters. On the white sand stands out a magnificent red sea star, a little further away a sole is hardly discernible so much its skin looks like the underwater seabed. Banks of fish are walking around. Light is reflected on the water. I’m enjoying the moment to the maximum.

Carrera nudista Sopela

Cela fait bien longtemps que je rêve de faire cette course mais le travail, les obligations familiales, la distance m’en ont toujours empêché. Cette année j’ai enfin réussi à participer à cette course nudiste de Sopela. Après une semaine de vacances à l’île d’Oléron, j’avais l’opportunité de tirer vers le sud en direction du pays basque espagnol. Une journée de voiture tout de même en tenant comptes des encombrements pour traverser Bordeaux.
Il n’existe que peu de compétitions pédestres et naturistes en même temps. Quelques unes aux États Unis, en Angleterre ou en Espagne, ayant lieu à l’intérieur de centres naturistes, et une en Finlande, mais rien en France. Celle là est originale dans le fait qu’elle se déroule dans le domaine public sur le sable de la plage de Barinatxe de la localité de Sopela près de Bilbao, une plage entourée de falaises rocheuses et de pentes couvertes de végétation. On y accède soit par un escalier soit par une rampe dallée. Un bâtiment abrite les secouristes et une école de surf.
Il s’agit cette année de la vingtième édition. Ce dimanche 14 juillet, le départ est prévu pour 11 heures. J’arrive vers 10h15. La plage est encore bien vide. Les organisateurs sont en train de tracer les deux couloirs qui s’étendent sur toute la longueur de la plage. Le parcours va faire cinq tours de ce kilomètre en aller retour sur la plage à marée basse. Quelques longueurs d’échauffement le long du rivage. Nous sommes une cinquantaine de participants dont trois femmes seulement. Certains vont courir pieds nus, d’autres ont choisi de garder leurs chaussures, certains sont naturellement nus, d’autres ne quittent leurs shorts qu’au dernier moment. Cette course attire aussi bien des naturistes convaincus que des coureurs textiles du coin sur cette plage où les naturistes côtoient les baigneurs en maillots et les enfants de l’école de surf en combinaisons néoprène.
Le départ est donné. La première boucle se passe facilement, mais dès le second tour, le sol est déjà plus meuble, labouré par les passages. C’est surtout sensible aux deux extrémités. Le virage vers les rochers devient de plus en plus creusé, l’autre est entrecoupé de flaques d’eau de mer. Dans les longueurs droites, il est possible de s’écarter quelque peu, de viser encore du sable dur. Des spectateurs, habillés ou nus, viennent faire des photos. Les positions sont vite établis. Pour moi qui redoute une douleur au mollet droit que je traîne depuis le début de la semaine, je reste à un rythme régulier sans tenter d’accélérer. Sauf pour un petit sprint final. Je termine en 27’et 30’’ à un petite moyenne de 11,2 km/h.
Voilà, un rêve réalisé. Il ne me reste plus qu’à aller m’allonger sur le sable et me jeter dans les vagues.

I have been dreaming of doing this race for a long time, but work, family obligations and distance have always prevented me from doing so. This year I finally managed to participate in this nudist race in Sopela. After a week’s holiday on the island of Oleron, I had the opportunity to go south towards the Basque country in Spain. A day’s drive all the same, taking into account the traffic jams to cross Bordeaux.
There are only a few hiking and naturist competitions at the same time. Some in the United States, England or Spain, taking place inside naturist centres, and one in Finland, but nothing in France. This one is original in the fact that it takes place in the public domain on the sand of Barinatxe beach in the town of Sopela near Bilbao, a beach surrounded by rocky cliffs and slopes covered with vegetation. It can be reached either by a staircase or by a paved ramp. A building houses rescue teams and a surf school.
This is the twentieth edition this year. This Sunday, July 14, the departure is scheduled for 11:00 am. I’ll be there around 10:15. The beach is still empty. The organizers are in the process of drawing the two corridors that extend along the entire length of the beach. The course will make five laps of this kilometer in round trip on the beach at low tide. A few warm-up lengths along the shoreline. We are about fifty participants including only three women. Some will run barefoot, others have chosen to keep their shoes on, some are naturally bare, others only leave their shorts at the last minute. This race attracts both convinced naturists and local textile runners to this beach where naturists meet swimmers in swimsuits and children from the surf school in neoprene suits.
The start is given. The first loop is easy, but from the second lap, the ground is already more loose, ploughed by the passages. It’s especially sensitive at both ends. The turn towards the rocks becomes more and more dug, the other is interspersed with puddles of sea water. In straight lengths, it is possible to deviate a little, to aim for hard sand again. Spectators, dressed or naked, come to take pictures. Positions are quickly established. For me, who fears pain in my right calf that I have been dragging since the beginning of the week, I stay at a steady pace without trying to accelerate. Except for a little final sprint. I finish in 27′ and 30 » at a small average of 11.2 km/h.
That’s it, a dream realized. All I have to do now is lie down on the sand and throw myself into the waves.

Collet d’Allevard

Canicule. Une envie d’échapper au four des vallée aux températures si chaudes en montant en montagne pour trouver un air relativement plus frais. Je saute sur la proposition de Bruno d’une rando crépusculaire au départ de la station du Super Collet au dessus d’Allevard dans Belledonne. Guillaume est aussi de la partie. Nous nous garons sur le petit parking de Pré Rond. Nous sommes seuls et nous pouvons partir nus. Il est 18 heures. Une petite montée puis une grande descente pour rejoindre un large piste forestière. Dans la forêt le sol est spongieux, le chemin parsemé de flaques d’eau. Sur ce versant nord, lé végétation est exubérante de larges et hautes plantes, de fougères, de sapins. De nombreux ruisselets traverse le chemin. Mais avantage, on est à l’ombre ! Puis on attaque la montée vers le refuge de Claran, désert. On casse la croûte devant mais les mouches se font envahissantes. On repart pour le col de Claran. Un névé reste au bord du chemin. La lumière descend. On continue la grimpette jusqu’au Plagnes, au sommet des remontées mécaniques du domaine skiable du Collet d’Allevard. Spectacle du coucher du soleil derrière le mont Granier et la Chartreuse. Par les pistes on rejoint le col de l’Occiput d’où plonge un petit sentier qui va nous ramener à notre parking. Il dégringole raide dans la pente. L’obscurité se fait complète . C’est à la frontale que l’on finit la descente, plus longue que l’on ne pensait. Il est 22 heures 40 quand on arrive, après 12 kilomètres et 800 m de dénivelé.
Bruno et Guillaume repartent aussitôt. Je passe la nuit au frais dans mon fourgon. Tôt le matin, je rejoins le parking de Super Collet. Là, en short et tee shirt, je pars pour une séance de geocaching. Je trouve la première cache à proximité près d’une remontée mécanique, puis je rentre dans la forêt par le sentier de la crête de l’Évêque. Je me déshabille aussitôt pour suivre ce parcours ombragé où je trouve encore quatre caches. Demi tour et retour au parking. Mais aussitôt dans le fourgon, je me déshabille et conduis nu jusqu’au premières maisons de la ville d’Allevard dans la vallée.

Heat wave. A desire to escape the oven of the valleys with their hot temperatures by going up to the mountains to find relatively cooler air. I jump on Bruno’s proposal for a twilight hike from the Super Collet station above Allevard in Belledonne. Guillaume is also part of the team. We park on the small parking lot of Pré Rond. We are alone and we can leave naked. It’s 6:00 p. m. A small ascent then a big descent to reach a wide forest track. In the forest the soil is spongy, the path is dotted with puddles of water. On this northern slope, the vegetation is exuberant with large and tall plants, ferns and firs. Many streams cross the path. But advantage, we’re in the shade! Then we start the climb to the Claran refuge, deserted. We have a snack in front of it, but the flies are getting invasive. We’re going to the col de Claran. A neve remains by the side of the road. The light is coming down. We continue the climb to Le Plagnes, at the top of the ski lifts of the Collet d’Allevard ski area. Sunset show behind Mount Granier and the Chartreuse. By the tracks we reach the Col de l’Occiput from where we will plunge a small path that will take us back to our car park. He’s falling steeply down the slope. The darkness becomes complete. It is at the frontal light that we finish the descent, longer than we thought. It is 10:40 p.m. when we arrive, after 12 kilometres and 800 m of altitude difference.
Bruno and Guillaume left immediately. I spend the night in my van in a cool place. Early in the morning, I go to the Super Collet parking lot. Now, in shorts and t-shirt, I’m going for a geocaching session. I find the first cache near a ski lift, then I enter the forest by the path of the Bishop’s Ridge. I immediately undress to follow this shaded path where I find four more caches. Turn around and return to the parking lot. But immediately in the van, I undressed and drove naked to the first houses in the valley in the town of Allevard.