Rachais

J’ai une paire de chaussures de rando neuve à roder, à faire à mon pied. Je décide donc de faire une petite balade au dessus de chez moi sur les pentes du Rachais. Short et tee shirt. J’arrive au monument du mont Jalla et continue jusqu’à la croix de Quinsonas. Elle est un peu en dehors du passage et je peux me déshabiller pour un moment. Je reprends le chemin du Rachais, habillé, il y a du monde devant moi. J’ai repéré sur la carte un sentier qui part dans un virage et descend en lacets serrés le versant au dessus de la Tronche. Là, ça a l’air nettement moins fréquenté, la sente disparaît sous les feuilles mortes entassées. Je me déshabille et attaque la descente. A travers les arbres, la ville apparaît juste en dessous. Ses bruits montent jusqu’à moi. Par moment, il faut vraiment chercher le parcours. Le chemin a été emporté par le ravinement, la terre s’éboule sous les pieds, je dois m’accrocher aux racines, aux arbres. Pas très prudent tout ça. Mais ça passe! Puis je débouche sur un chemin bien entretenu, balisé. Tiens, il n’est pas sur la carte! Au lieu de continuer dans le sens de la descente, je décide de le remonter. De temps à autres, j’ai de belles perspectives sur la ville. A un moment, j’ai comme un pressentiment. J’enfile mon short et au virage suivant je croise trois randonneurs: «Vous êtes réchauffé». Je suis en short et torse nu, ils sont en pantalons, chemises et polaires. Puis ce sera une femme qui descend en trottinant. Bon, la randonnue est terminée. Je rejoins la large piste et entame la descente de retour.


I’ve got a pair of new hiking shoes to run in, to do at my foot. I thus decide to make a small stroll above my house on the slopes of Rachais. Shorts and T-shirt. I arrive at the monument of Mount Jalla and continue until the cross of Quinsonas. It’ s a little out of the way and I can undress for a while. I go back to trail of the Rachais, dressed, there are people in front of me. I spotted on the map a path which starts in a bend and goes down in tight laces the slope above La Tronche. There, it seems much less frequented, the path disappears under the stacked dead leaves. I undress and attack the descent. Through the trees, the city appears just below. Its noises come up to me. Sometimes you really have to look for the way. The path has been washed away by the gully, the earth is falling under my feet, I have to cling to the roots, to the trees. Not very careful about that. But it passes! Then I end up on a well maintained path, marked out. Well, it’s not on the map! Instead of continuing in the direction of the descent, I decide to go back up. Every once in a while, I get a great view of the city. At some point, I have a hunch. I put on my shorts and the next corner I meet three hikers: « You’re warmed ». I’m in shorts and shirtless, they’re in pants, shirts and fleeces. Then it’ll be a woman trotting down. Well, the naked hike’s over. I join the wide track and begin the descent back.


Ambel depuis Quint

A l’automne 2016, j’avais fait avec Gilbert une randonnue sur le plateau d’Ambel depuis le col de la Bataille et notamment la découverte du scialet des Quatre Gorges, une superbe cavité située sous l’alpage. De passage pour quelques jours dans la vallée de Quint, près de Die, je décide d’y retourner, mais cette fois en grimpant depuis le fond de cette vallée, c’est à dire avec nettement plus de dénivellation.
Je gare mon véhicule à l’embranchement de la piste forestière des Juges et démarre en short, tee shirt et blouson. Il n’est pas encore dix heures du matin en ce début avril. Mais dés le premier virage, un chemin permet de quitter la piste et de monter droit dans la forêt. Je l’emprunte et me déshabille aussitôt. J’ai déjà chaud. Le chemin est large et bien tracé sauf sur une portion où la végétation a repris possession du terrain: ronces et jeunes pousses de sapins sont tout juste franchissables. Je retrouve la piste un peu plus haut. Quelques centaines de mètres plus loin, nouvelle bifurcation pour une ancienne piste assez bien entretenue qui se transforme plus haut en étroit chemin. Ça grimpe régulièrement. Dans les trouées des arbres j’ai de belles perspectives sur la vallée de Quint avec au fond le col de Marignac où j’étais deux jours auparavant. Au bout de deux heures de montée j’approche du rebord du plateau d’Ambel. Quelques névés à franchir et j’y suis. Mais le vent aussi y est. Il souffle relativement fort et fraîchement. Mais qu’importe. J’ai le plateau rien que pour moi, pas la moindre autre présence humaine. Guère d’animaux non plus: un lièvre qui a détalé à mon approche et quelques oiseaux, notamment trois vautours qui viendront m’observer lors de mon arrêt pique nique. Ils espéraient peut être une carcasse. Par contre le plateau est parsemé de massifs de crocus, bleus et blancs mélangés. Après une visite à la bergerie, je me dirige vers le scialet. Malheureusement l’entrée en est encore protégé par un entonnoir de neige. Je me contente d’observer les ouvertures du toit, les effondrements de la voûte depuis l’extérieur. Pour la descente je rattrape un autre chemin qui me ramène au hameau des Juges. A la toute proximité des maisons et de la route, je me rhabille. Pratiquement six heures de nudité et de solitude.


In the autumn of 2016, Gilbert and I went for a naked hike on the Ambel plateau from the Col de la Bataille and notably the discovery of the scialet des Quatre Gorges, a superb cavity located under the mountain pasture. Passing for a few days in the valley of Quint, near Die, I decide to return there, but this time climbing from the bottom of this valley, i.e. with much more elevation difference.
I park my vehicle at the junction of the forest track of the Judges and start in shorts, tee shirt and jacket. It is not yet ten in the morning at the beginning of April. But from the first bend, a path allows you to leave the track and climb straight into the forest. I take it off and take my clothes off right away. I’m already hot. The path is wide and well traced except on a portion where vegetation has regained possession of the ground: brambles and young sprouts are just passable. I find the trail a little higher. A few hundred meters further, new fork for an old track rather well maintained that turns higher into narrow path. It climbs regularly. In the gaps of the trees I have beautiful views over the valley of Quint with at the background the Marignac pass where I was two days before. After two hours of climbing I approach the edge of the plateau of Ambel. A few neves to cross and I’m in. But the wind is there too. It blows relatively hard and fresh. But whatever. I’ve got the plateau all to myself, no other human presence. Not many animals either: a hare that has run away on my approach and some birds, including three vultures that will come to observe me during my picnic stop. Maybe they were hoping for a carcass. On the other hand, the plateau is dotted with clumps of crocus, blue and white mixed. After a visit to the sheepfold, I head towards the scialet. Unfortunately the entrance is still protected by a snow funnel. I just observe the roof openings, the collapse of the vault from the outside. For the descent I catch another path which takes me back to the hamlet of Judges. Close to the houses and the road, I put my clothes back on. Almost six hours of nudity and solitude.


Col de Marignac

En début d’après midi je me gare au col de Marignac. Le temps est couvert, il ne fait guère chaud. Tant pis, j’ai des geocaches à découvrir dans le coin. Le sentier part tout droit dans la forêt. Je suis tout de suite nu. La montée est soutenue. Je trouve la première cache dans un massif de buis. Je rejoins le sommet. La deuxième cache est facile, au pied d’un arbre. J’hésite à continuer. La suite est sur une crête rocheuse étroite. De plus le ciel se fait menaçant. Demi tour. J’arrive en vue de la route et du fourgon et me rhabille. Trois kilomètres plus loin, c’est l’orage. Un déluge de pluie et de grêle. Arrivé au village, je ne tente même pas de sortir du véhicule. Bien heureux d’être à l’abri et non pas nu en pleine forêt.


In the early afternoon I park at the Marignac pass. The weather is overcast, not very hot. Never mind, I have geocaches to discover around here. The path goes straight into the forest. I’m naked right now. The climb is sustained. I find the first cache in a boxwood massif. I’m on my way to the top. The second cache is easy, at the foot of a tree. I hesitate to continue. The suite is on a narrow rocky ridge. Moreover the sky becomes threatening. Turn around. I get in sight of the road and the van and get dressed. Three kilometres away, it’s the storm. A deluge of rain and hail. When I get to the village, I don’t even try to get out of the vehicle. Very happy to be safe and not naked in the middle of the forest.


Quatrième séjour à Saint Julien en Beauchêne

Quatrième édition de cette semaine de raquettes nu à Saint Julien en Beauchêne. Nous sommes de six à huit, selon les journées. Jean Jacques et Chantal étaient déjà venus en 2015, Francis en 2016 et 217, Guillaume en 2017 aussi, Yolande découvre à la fois la région et le monde de la randonnue et Franck de Gap nous fait le plaisir de nous accompagner ou guider deux jours. Cette année la neige est bien présente sur les montagnes environnantes. Un peu trop même: certaines pentes, pourtant parcourues les années précédentes, semblent trop risquées à gravir. En étudiant les cartes, Bruno nous trouve tout de même de nouveaux itinéraires.

Dimanche. Direction le col de Cabre. A cent mètres du col, on peut déjà chausser les raquettes et pour certains se déshabiller. Le ciel est couvert. Le vent se fait sentir dès que l’on sort de la forêt. La neige est parfois bien profonde, recouvrant les petits sapins, décorant les branches des arbres. Un gros cairn marque le sommet du Banne à 1643 m d’altitude. Inutile de traîner dans une atmosphère polaire. Vite il faut chercher un chemin de descente enseveli sous la neige. Pas de chance, on prend un peu trop sur la droite et on se retrouve dans une pente raide qu’il faut négocier précautionneusement. Mais finalement ça passe, on rejoint les pistes forestières qui nous ramènent dans la bonne direction.

Lundi. Grand ciel bleu. On part d’un hameau de la Faurie. Une longue piste à peine enneigée nous conduit au col de Saint André. De là, c’est droit dans la pente en suivant le bord du ravin. Raide montée dans une neige de plus en plus présente. Les premiers creusent des marches et font la trace pour les suivants. Arrivé au Ranc de Chamoussière, le décor change. On sort de la forêt pour suivre les crêtes de la Longeagne par le Pré des Nonnes. Toute la neige a été soufflée par le vent, ne laissant qu’un petite croûte gelée. Quelques pins torturés nous offrent un abri pour le pique-nique. Puis on repart dans le vent jusqu’à redescendre un peu et à retrouver la forêt. Il y fait nettement meilleur.

Mardi. Départ de la Cluse. De là nous étions partis les années précédente pour le col de Plate Contier ou le cirque de Chazal. Cette fois nous nous dirigeons par un piste forestière bien enneigée vers le col des Gières, puis à travers un plateau vers le col des Manges et la ruine de la Plaine où nous nous arrêtons pour le repas. Nous repartons, mais l’itinéraire devient plus difficile avec de nombreux tas de neige qui bouchent le chemin. Yolande, Chantal et Jean Jacques préfèrent faire demi tour. Nous continuons à quatre. Effectivement, il nous faut surmonter une succession de difficultés: congères et trous sous les arbres, dévers glissants à négocier avec prudence, pente raide à traverser. Le ciel se couvre de plus en plus. Enfin le col d’Aune, à 1632 m, est atteint. Vite on bascule dans la forêt pour rejoindre les pistes forestières.

Mercredi. Pas de raquettes ni de neige. Journée presque de repos. On va visiter les gorges du Riou, en partant du petit village de Saint Genis, près de Montrond, au sud de Serres. Un chemin parfaitement aménagé, qui doit être très fréquenté en été, s’enfonce dans les gorges. Il rejoint la maison forestière de Jubeo. De là, on grimpe, raide, au sommet de Revuaire à 1299 m. Belle vue panoramique sur les environs. Casse-croûte, cueillette de brins de thym. On descend par un sentier qui rejoint le fond des gorges.

Jeudi. Franck est de retour et nous guide sur un de ses itinéraire familier, le tour de Charavaille par les cols de Souchière, de la Longeoire et de Berthaud depuis le village de Glaise. On se gare près d’une bergerie et un gros chien, espèce de patou, vient nous renifler. Il nous accompagnera tout au long de la balade, gambadant tout autour de nous, se roulant dans la neige, courant en avant. Les raquettes sont vite mises, la neige est épaisse mais légère. Quelques petites congères pimentent un parcours sans gros dénivelé mais finalement assez long. La dernière section sans neige nous permet de comprendre pourquoi ce charmant village s’appelle Glaise. Il y aura du nettoyage à faire en rentrant.

Vendredi. Depuis les abords du village de Montbrand, par le vallon de Piéma, une longue piste nous mène à un premier petit col, puis un sentier nous monte à un deuxième col juste sous le sommet de la montagne d’Aureille qui est vite atteinte, mais trop ventée pour y pique-niquer. On repasse le col, y ramassant au passage deux chaises laissées là à demeure par des chasseurs pour les porter un peu plus loin, dans un coin ensoleillé pour un casse-croûte très confortable.

Bilan de la semaine selon les données gps : 28h30 de marche, 75 km parcourus, et 3873 m de dénivelé.


Fourth edition of this week of naked snowshoeing in Saint Julien en Beauchêne. There are six to eight of us, depending on the day. Jean Jacques and Chantal had already come in 2015, Francis in 2016 and 217, Guillaume in 2017 too, Yolande is discovering both the region and the world of naked hiking and Franck de Gap is pleased to accompany us or guide us for two days. This year the snow is well present on the surrounding mountains. A little too much: some slopes, even though they have been climbed in previous years, seem too risky to climb. By studying the maps, Bruno still finds us new routes.

Sunday. Direction the Cabre pass. A hundred meters from the pass, one can already put on snowshoes and for some undress. The sky is overcast. The wind is felt as soon as you leave the forest. The snow is sometimes quite deep, covering the small fir trees, decorating the branches of the trees. A large cairn marks the summit of Banne at 1643 m altitude. No need to hang around in a polar atmosphere. Quickly it is necessary to seek a way of descent buried under the snow. No luck, we take a little too much on the right and we find ourselves in a steep slope that we must negotiate carefully. But finally it passes, we join the forest tracks which bring us back in the right direction.

Monday. Big blue sky. We start from a hamlet in the Faurie. A long track barely covered with snow leads us to the Col de Saint André. From there, it is straight down the slope following the edge of the ravine. Stiff climbing in a snow more and more present. The first dig steps and make the trace for the next. Arrived at the Ranc de Chamoussière, the scenery changes. We leave the forest to follow the ridges of Longeagne by the Pré des Nonnes. All the snow was blown by the wind, leaving only a small frozen crust. Some tortured pines offer us a shelter for the picnic. Then we go back into the wind until we go down a little and find the forest. It’s much better there.

Tuesday. Departure from La Cluse. From there we had left the previous years for the Col de Plate Contier or the Cirque de Chazal. This time we head along a snowy forest track to the Col des Gières, then across a plateau to the Col des Manges and the ruin of the Plaine where we stop for lunch. We leave again, but the route becomes more difficult with many piles of snow blocking the way. Yolande, Chantal and Jean Jacques prefer to turn around. We’re still four of us. Indeed, we must overcome a succession of difficulties: drifts and holes under trees, slippery slopes to negotiate with caution, steep slopes to cross. The sky is getting overcast more and more. Finally the Aune pass, at 1632 m, is reached. Quickly we rock in the forest to join the forest tracks.

Wednesday. No snowshoes or snow. Almost a day of rest. We will visit the Riou gorges, starting from the small village of Saint Genis, near Montrond, south of Serres. A perfectly laid out path, which must be very busy in summer, sinks into the gorges. He joins the forest house of Jubeo. From there, one climbs steeply to the top of Revuaire at 1299 m. Beautiful panoramic view over the surroundings. Snack, thyme sprig picking. We go down a path that reaches the bottom of the gorges.

Thursday. Franck is back and guides us on one of his familiar itineraries, the tour of Charavaille through the passes of Souchière, La Longeoire and Berthaud from the village of Glaise. We park near a sheepfold and a big dog, you patou, comes to sniff us. He will accompany us all along the walk, wandering all around us, rolling in the snow, running forward. Snowshoes are put quickly, the snow is thick but light. Some small drifts spice up a course with no big difference in altitude but finally quite long. The last section without snow allows us to understand why this charming village is called Glaise. There’ll be some cleaning to do on the way home.

Friday. From the outskirts of the village of Montbrand, through the valley of Piéma, a long track leads us to a first small pass, then a path climbs us to a second pass just under the top of the mountain of Aureille which is quickly reached, but too windy to picnic there. We walk over the pass, picking up two chairs left there by hunters to carry them a little further, in a sunny corner for a very comfortable snack.

Balance of the week according to gps data: 28h30 walk, 75 km covered, and 3873 m altitude difference.


Plateau de Sornin

La ville est sous un épais manteau nuageux. Mais au-dessus, c’est grand soleil. D’Engins je rejoint le hameau de Sornin. La trace est bien faites par les randonneurs des jours précédents, je n’ai même as besoin de mettre les raquettes. Je suis habillé sur cet itinéraire qui peut être fréquenté. Je double juste trois personnes, dont deux que j’ai fréquenté professionnellement. Après le hameau, je quitte la trace et attaque la montée droit dans la pente, en me déshabillant. Je profite des larges plaques d’herbes de ce versant sud, mais au-delà, la neige devient profonde et je mets les raquettes pour continuer. Ce plateau, un alpage en été, est très peu fréquenté par les randonneurs. Il faut y grimper, et il n’y a rien d’autre à y faire qu’à redescendre de l’autre coté. Ou, bien sûr, à profiter de la solitude et du paysage. Je le traverse de long en large, tellement bien au soleil. Je remarque, à un moment, une ancienne trace de raquettes qui arrive de la forêt du coté nord. Je décide de la suivre. Là, les arbres sont encore bien couverts de neige, car à l’ombre. La trace me ramène, comme supposé, sur l’itinéraire qui relie Sornin à la Molière. Je retrouve mes repères et reviens tranquillement en passant à proximité d’une petite bergerie. Mais le soleil baisse sur l’horizon. Il va être temps de se rhabiller.


The city is under a thick cloudy mantle. But above it’s the sunshine. From Engins I join the hamlet of Sornin. The trail is well done by hikers of the previous days, I don’t even need to put on the snowshoes. I’m dressed on this itinerary that can be frequented. I’m just passing three people, two of whom I’ve dated professionally. After the hamlet, I leave the track and attack the right ascent in the slope, undressing myself. I take advantage of the large patches of grass on this southern slope, but beyond that, the snow becomes deep and I put on the snowshoes to continue. This plateau, a mountain pasture in summer, is very little frequented by hikers. You have to climb it, and there’s nothing else to do but go down to the other side. Or, of course, to enjoy the solitude and landscape. I cross it long and wide, so well in the sun. I notice, at one point, an ancient snowshoe trail coming from the forest on the north side. I decide to follow her. There, the trees are still well covered with snow, because in the shade. The trail takes me back, as if I were supposed to, on the route that links Sornin to La Molière. I find my bearings and come back quietly passing by a small sheepfold. But the sun is falling on the horizon. Time to get dressed again.


Pointe de Velan

Au bout de la route forestière de Saint Ruth, au fond de ce vallon encaissé à l’ombre, il fait encore bien frais en cette fin octobre pour ce départ de rando. Mais nous sommes treize venus de toute la région rhone alpes prêts à braver une météo incertaine, dix hommes et trois femmes. Un peu de piste à plat pour se réchauffer avant d’attaquer la montée dans la forêt et les premiers déshabillages. Entre efforts physiques et quelques rayons de soleils, les vêtements tombent les uns après les autres. Jusqu’au moment où, au sortir de la forêt, on débouche dans l’alpage au dessus du chalet de Servaz. Là, au pied de la pente de la Pointe de Velan, le vent souffle avec vigueur et fraîcheur. Une partie du groupe se rhabille. Le sentier grimpe raide dans cette butte herbeuse. Le passage à la croix sommitale, à 1760m, puis sur la crête étroite est rapide. Le paysage des sommets alentours et du lac d’Annecy en contrebas est quelque peu masqué par les nuages et une lumière grise. Vite trouver un coin à l’abri du vent pour l’arrêt casse croûte. Malgré tout, immobiles, on se refroidit vite et les tee shirts, polaires, doudounes, bonnets et gants deviennent de rigueur. La descente raide vers le GR qui passe en dessous permet de se réchauffer et de se débarrasser de ces couches de vêtements superflues. Montée au Pas de l’Ours pour basculer vers la vallée qui nous ramènera vers le parking. La première partie en lacets dans les pierriers est raide et parfois glissante, puis le chemin rentre dans la forêt en descendant doucement. Le groupe s’étire sur ce tapis de feuilles mortes. Les tout premiers, en avant, profitent de la rencontre de troupeaux de mouflons qui se sauvent à leur approche, grimpant droit dans la pente en leur envoyant une avalanche de pierre. Finalement on retrouve l’itinéraire de montée et la piste forestière toujours à l’ombre. Une balade de 7 heures, sans la moindre goutte de pluie malgré des nuages menaçants. Une randonnue automnale réussie.


At the end of the forest road of Saint Ruth, at the bottom of this small valley in the shade, it is still quite cool at the end of October for this departure of hiking. But we are thirteen of us from all over the Rhone Alps ready to brave an uncertain weather, ten men and three women. A little flat track to warm up before starting the ascent in the forest and the first undressing. Between physical exertion and a few rays of sunshine, clothes fall one after the other. Until the moment when, at the end of the forest, we reach the alpine pastures above the Servaz chalet. There, at the foot of the slope of Pointe de Velan, the wind blows with vigour and freshness. Part of the band is getting dressed again. The path climbs steeply up this grassy hill. The passage to the cross at the summit, at 1760m, then on the narrow crest is fast. The landscape of the surrounding peaks and Lake Annecy below is somewhat masked by clouds and grey light. Quickly find a place away from the wind to stop snacks. Even so, being immobile, you cool down quickly and tee shirts, fleece, blankets, hats and gloves become the norm. The steep descent to the GR below allows you to warm up and get rid of these layers of superfluous clothing. Ascent to the Pas de l’ Ours to tilt towards the valley which will take us back to the car park. The first part of the trail is steep and sometimes slippery, then the path gently descends into the forest. The group stretches out on this carpet of dead leaves. The very first ones, in front, take advantage of the meeting of flocks of sheep that flee as they approach, climbing straight up the slope by sending them an avalanche of stone. Finally we find the ascent route and the forest track always in the shade. A 7-hour stroll, without the slightest drop of rain despite threatening clouds. A successful autumn hike.


Néron

Le Néron se dresse juste en face de chez moi. Pourtant, à part y avoir accompagné l’année dernière quelques amis de passage dans la région, mais habillé , je n’y étais pas retourné en randonnue trop longtemps. (Voir ou ).
En cette fin octobre, il fait un temps splendide. Une dizaine de minutes de voiture et je suis au départ du chemin. Deux vélos sont attachés à un poteau. Signe qu’il peut y avoir du monde devant moi. Dans la partie à l’ombre en forêt, je garde short et tee shirt. J’atteins le bas de la falaise. Deux grimpeurs sont accrochés à la paroi. Je passe à proximité en les saluant. Bon, ensuite il ne devrait plus y avoir personne. Je me déshabille et attaque la montée. Après le camp romain, les dalles de lapiaz mènent vers le belvédère de Lucky Luke. (L’histoire est racontée ici). C’est étrange, la statue à légèrement changée de place depuis ma dernière visite. Mais elle domine toujours la ville.
Quelques dizaines de mètres plus loin, une sorte de boite à lettres est accroché à un arbre. C’est une boite à plans avec à l’intérieur des photocopies des tracés des chemins du Néron. Belle initiative, qui malheureusement ne fait pas l’unanimité puisque deux boites ont déjà été détruites par des vandales. Je pense savoir qui est à l’origine de cette initiative originale. Je prend en photo ces plans qui me permettront je l’espère de découvrir de nouveaux itinéraires dans le futur. Un peu à l’écart du chemin, sur une plate-forme en balcon sur la ville, un banc de bois. Je suppose que c’est ce même passionné du Néron qui s’est chargé de monter cet objet jusqu’à là. C’est l’endroit rêvé pour une halte pique nique et sieste au soleil . Il ne me reste plus ensuite qu’à redescendre en empruntant cette fois le chemin qui passe par la passerelle d’Hippolyte Müller.


The Nero stands right in front of my house. However, apart from having accompanied a few friends in the area last year, but dressed, I hadn’t been hiking there for too long. (See here or there).
At the end of October, it’s a beautiful weather. About ten minutes by car and I’m at the start of the way. Two bicycles are attached to a pole. Sign that there may be people in front of me. In the shady forest shade, I keep shorts and T-shirt. I’m reaching the bottom of the cliff. Two climbers are hanging on the wall. I pass by and greet them. Well, then there shouldn’t be anyone left. I take my clothes off and attack the climb. After the Roman camp, the lapiaz slabs lead to Lucky Luke’s lookout. (The story is told here). It’s strange, the statue has moved slightly since my last visit. But it still dominates the city.
A few tens of meters further on, a sort of mailbox is hanging from a tree. It’s a map box with inside the photocopies of the tracks of the Nero paths. This is a fine initiative, which unfortunately does not meet with unanimous approval since two boxes have already been destroyed by vandals. I think I know who is behind this original initiative. I take pictures of these plans that will allow me to discover new itineraries in the future. A little off the road, on a balcony platform overlooking the city, a wooden bench. I suppose it was this same Nero enthusiast who took charge of mounting this object up to that point. It is the perfect place for a picnic and sunbathing break. Then I just have to go down again, this time along the path that passes through Hippolyte Müller’s footbridge.


Balisage au Jocou

L’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne est affiliée à la Fédération Française de Randonnée Pédestre et comme telle peut participer à ses actions de développement de la randonnée. C’est par exemple le cas pour le balisage et l’entretien des sentiers GR de Grande Randonnée. Pour cela, Bernard et moi même avons suivi des stages de formation de baliseurs. Récemment, le comité départemental de la randonnée de la Drôme nous a attribué un tronçon du GR 93. Ce vendredi 13 octobre, nous sommes donc partis pour une première journée de balisage sur ce parcours.
Depuis le col de Grimone, nous avons rejoint par 1,2 km de route le départ du sentier. Là nous avons pu nous déshabillé pour attaquer les choses sérieuses. C’est que marcher dans une optique de balisage est assez différent d’une randonnue normale. Il faut être attentif au balisage déjà existant, étudier s’il nécessite une remise à l’état, ou si de nouveaux marquages peuvent être nécessaires, surveiller que la végétation n’envahisse pas le parcours, couper des branches qui dépassent. Autant dire que l’on n’avance pas très vite. Il fait grand beau et nous profitons de la vue dégagée sur les sommets du Vercors. Le GR effectue une grande traversée dans le versant ouest sous le Jocou pour rejoindre le col de Seysse, puis continue vers le col de Menée. Au col de Seysse, nous arrêtons là pour revenir par une variante du GR qui passe par le sommet du Jocou après une beau raidillon de 200 m de dénivelé. Il est 17 heures quand nous sommes de retour au col de Grimone. Une journée bien remplie, on a fait la plus grosse partie du tronçon. Avec quelques rencontres, un randonneur solitaire, un groupe de quatre femmes puis deux hommes, à qui nous avons tranquillement expliqué l’association et notre action de balisage.


The Association of Naked Walkers of the Val de Roanne is affiliated to the French Federation of Hiking and as such can participate in its actions of development of hiking. This is the case, for example, for the marking out and maintenance of the GR Grande Randonnée trails. To do this, Bernard and I have taken part in training courses for taggers. Recently, the regional committee of the Drôme hiking department assigned us a section of GR 93. This Friday, October 13th, we left for a first day of marking on this trail.
From the Grimone pass, we reached the trail’s start point by 1.2 km of road. There we were able to undress to attack the serious things. This is because walking in a marking-out perspective is quite different from normal hiking. Be careful to be aware of the existing markings, study if they need to be restored, or if new markings may be necessary, watch for vegetation not to invade the path, cut off overhanging branches. In other words, we’re not moving very fast. The weather is fine and we enjoy the unobstructed view of the Vercors summits. The GR makes a long crossing in the western slope under the Jocou to reach the Seysse pass, then continues towards the Menée pass. At the Seysse pass, we stop there to come back by a variant of the GR which passes through the summit of Jocou after a beautiful steepness of 200 m of altitude difference. It’s 5:00 p. m. when we’re back at the Grimone Pass. One full day, we did most of the section. With a few encounters, a solitary hiker, a group of four women and then two men, to whom we quietly explained the association and our marking action.


Semaine en Ariège

Changement de saison et de décors. A l’initiative de Bruno quelques uns des habitués des séjours dans le Beauchêne se sont retrouvés en…Ariège. Pour cette semaine pyrénéenne il y a là : Bernard, Bruno, François, Guillaume, Jacques Marie, Patricia, Philippe, Pierre et un petit nouveau : Jean Pierre. Le refuge qui nous accueille dans la vallée de Vicdessos au port de Lers (dans les Pyrénées : port = col comme étang = lac) un peu à l’écart de la route nous permet de vivre en toute nudité.

Premier jour. Mireille et Yohan de Toulouse sont venus passer la première nuit avec nous pour participer à cette première sortie. C’est pour eux une première expérience de la randonnue. Alain de Toulouse également nous rejoint le matin. Randonnueur expérimenté, c’est un bon connaisseur des sentiers ariégeois comme des légendes et histoires locales.

Par un dimanche ensoleillé sur un itinéraire connu, on ne s’attend guère à être seuls, mais la possibilité de partir directement à pieds du gîte est si tentante. Traversée à flanc dans un versant couvert de fougères dorées dans la lumière matinale. Puis ça commence à monter jusqu’à un premier replat. C’est l’étang ? Non, encore plus haut. Enfin on arrive à cet étang d’Arbu, en même temps qu’un premier groupe qui nous suit. L’eau est fraîche mais permet quelques baignades. Le sentier fréquenté passe à gauche du lac, on prend à droite en suivant une légère trace et quelques cairns, droit dans les langues herbeuses entre les rochers. On décide d’éviter le sommet du pic des Trois Seigneurs sur lequel se profilent tant de silhouettes pour une crête en face. On n’est pas à 3 mètres d’altitude près ! Là on pique nique tranquille. Juste un randonneur, à la recherche d’une fourchette pour son casse croûte, nous rend visite et reste un moment à discuter. Mais pour la descente, on va forcément se retrouver sur le chemin fréquenté des Trois Seigneurs. Certains se rhabillent, enfilent un short, d’autres décident de rester nus. C’est comme chacun le ressent. On croise ceux qui montent encore, on double ou est doublée par ceux qui descendent. On remarque de l’étonnement, de l’indifférence et aussi des sourires. A un moment on se retrouve à progresser avec tout un autre groupe. Une remarque acerbe fuse. Il est vrai que là c’était trop de proximité. On se regroupe et les laissons partir en avant, à bonne distance. Le cheminement suit une longue crête qui ramène vers le port de Lers. Sept heures et demi de balade, 1000 m de dénivelé, une première journée chargée physiquement et émotionnellement.

Deuxième jour. Changement complet d’ambiance. On rejoint en voiture le barrage de Soulcem et on se gare aux Orris du Carla, à côté d’une voiture de gendarmerie ! (Les Orris sont des abris en pierre recouverts de terre et d’herbes construits autrefois par les bergers). Le ciel est couvert, la température plutôt basse. On se met en route bien habillés. Une petit pluie se met à tomber. Tant pis, on continue. On débouche au fond d’une vallée en même temps qu’un rayon de soleil qui illumine un troupeau de vaches et de chevaux. La vallée est fermée par une barrière montagneuse. Derrière c’est l’Andorre. On se déshabille pour profiter de ce soleil, mais les nuages ne sont pas loin. Dans la montée vers l’orri de la Soucarrane le paysage disparaît. On monte dans un brouillard épais . Arrêt casse croûte à l’orri, puis passage à l’étang du même nom, puis à celui de Roumazet. Alternances d’éclaircies entre les bancs nuageux pour la descente jusqu’à retrouver le fond de vallée…et la pluie.

Troisième jour. D’un parking sur la route d’Aulus on monte vers le port de Saleix. Montée régulière avec de long lacets que l’on coupera à la descente. Du port, un bon raidillon nous mène jusqu’à l’étang d’Alate. L’eau noire n’incite guère à la baignade. En continuant le paysage change : Un peu de brume, des herbes couleurs de feu, des mares et filets d’eau reflétant la lumière du soleil. Puis on bascule sur le versant qui domine le refuge de Bassies et les lacs, pardon les étangs. On s’arrête là pour pique niquer. Un petit groupe descendra ensuite jusqu’en bas.


Change of season and scenery. At Bruno’s initiative, some of the regulars of the Beauchêne stays met in Ariège. For this Pyrenean week there are: Bernard, Bruno, François, Guillaume, Jacques Marie, Patricia, Philippe, Pierre and a new one: Jean Pierre. The refuge which welcomes us in the valley of Vicdessos in the port of Lers (in the Pyrenees: port = pass as pond = lake) a little away from the road allows us to live in all nakedness.

First day. Mireille and Yohan from Toulouse came to spend the first night with us to take part in this first outing. This is their first experience of hiking. Alain de Toulouse also joins us in the morning. Experienced hiker, he is a good connoisseur of the Ariégeois trails as well as local legends and stories.

On a sunny Sunday on a known itinerary, you don’t expect to be alone, but the possibility of leaving directly on foot is so tempting. Crossing on the flank in a hillside covered with golden ferns in the morning light. Then it starts to rise up to a first folds. Is that the pond? No, even higher. Finally we arrive at this pond of Arbu, at the same time as a first group that follows us. The water is cool but allows some swimming. The footpath passes on the left of the lake, you take to the right following a slight track and a few cairns, right in the grassy tongues between the rocks. It was decided to avoid the summit of the peak of the Trois Seigneurs peak, on which so many silhouettes of a ridge in front of it appeared. We’re not at an altitude of three metres or so! Here you can have a picnic. Just a hiker, looking for a fork for his snack, visits us and remains a moment to discuss. But for the descent, we will inevitably find ourselves on the frequented path of the Trois Seigneurs. Some people dress up, put on shorts, others decide to stay naked. It’s like everyone feels it. We cross those who still climb, we double or are doubled by those who descend. There is surprise, indifference and also smiles. At one point we find ourselves progressing with another group. A acerbic remark. It is true that this was too close. We regroup and let them go forward, at a good distance. The route follows a long ridge leading back to the port of Lers. Seven and a half hours of walking, 1000 m of altitude difference, a first day physically and emotionally charged.

Second day. Complete change of atmosphere. We reach the Soulcem dam by car and park at Les Orris du Carla, next to a gendarmerie car! (The Orris are stone shelters covered with earth and grass that were once built by shepherds). The sky is overcast, the temperature is rather low. Let’s get out of here dressed up. A little rain begins to fall. Never mind, we’ll keep going. At the bottom of a valley, a sunbeam illuminates a herd of cows and horses. The valley is closed by a mountain barrier. Behind it is Andorra. We undress to enjoy the sun, but the clouds are not far away. In the ascent towards the Soucarrane Orri, the landscape disappears. We’re going up in thick fog. Stop at the orri to snack, then pass to the pond of the same name, then to the one of Roumazet. Alternating clearings between the cloudy banks for the descent until the valley bottom… and rain.

Day three. From a car park on the road to Aulus we go up towards the port of Saleix. Regular ascent with long laces that will be cut at the descent. From the pass, a good steeple leads us to the pond of Alate. Black water does not encourage swimming. Continuing the landscape changes: A little fog, colorful herbs of fire, pools and water nets reflecting the sunlight. Then we switch over to the slope which dominates the refuge of Bassies and the lakes, forgiveness the ponds. We’ll stop there for a picnic . A small group will then descend to the bottom.


Semaine en Ariège (suite)

Quatrième jour. On part directement à pieds du gîte. Jean Pierre de Toulouse nous a rejoint pour la journée. Au port de Lers, direction la forêt, puis une bonne pente herbeuse qui nous mène à un collet où nous attendent quelques moutons. Encore un effort, et le croisement d’un trailer qui ne daigne même pas nous voir tout occupé à gérer sa vitesse, et nous voilà au sommet du Mont Ceint. Un homme est là qui démonte des piquets métalliques. Il nous conte son histoire. Ancien berger, il venait là durant la seconde guerre mondiale et surveillait les patrouilles allemandes. Il avait alors 14 ans. Il en a maintenant 88, mais semble en pleine forme. « Je vous félicite. La montagne est belle. » Mais en le quittant, on l’entendra se précipiter sur son téléphone pour raconter sa rencontre avec des hommes « à poil ». On rejoint le port de Saleix, où nous étions hier. Mais au lieu de monter, on descend dans une vallée suspendue. Le géologue du groupe nous montre que d’un coté de la vallée les roches sont des calcaires et de l’autre des granit. Il semblerait que nous soyons juste sur une ancienne faille tectonique. Mais le groupe est finalement plus intéressée par la récolte des champignons. Après le repas, le cheminement nous conduit par des chemins forestiers vers la vallée en face du village de Sentenac.

Cinquième jour. Aujourd’hui on quitte le département de l’Ariège pour celui des Pyrénées Orientales en passant le col de Puymorens. Le parking au départ du sentier est aussi occupé par un camion bétonnière qui remplit des bennes hélitreuillés jusqu’à un chantier lointain. Le bruit des rotations de l’hélicoptère nous accompagnera toute la matinée. Il nous survolera aussi à l’occasion. On rejoint le GR qui s’étire à l’horizontale, c’est sans doute une ancienne voie de wagonnets de mines. D’ailleurs on trouvera au bord du chemin plusieurs entrées de galeries. Il nous mène au pied du barrage de Lanoux. On quitte alors le GR pour se diriger vers le Pic Carlit, point culminant du département avec 2921m. Mais l’ensemble du groupe, à l’exception de Bruno, préférera, après le casse croûte, rester tranquillement sur la rive herbeuse d’un petit étang plutôt que d’affronter une montée dans la caillasse noire. Le retour par le « chemin des ingénieurs » plus long et plus accidenté que le GR nous montre encore une curiosité géologique, comme une longue coulée avalancheuse, mais de blocs de granit enchevêtrés les uns sur les autres, au milieu desquels des sapins parviennent à pousser leurs racines. La force de la nature est toujours surprenante.

Sixième jour. Plutôt que de participer à la balade, je décide pour ma part d’aller visiter une source d’eau chaude à Merens les Vals, à une heure de route du refuge. Guillaume m’accompagne. A un quart d’heure de marche à peine sur un GR, nous trouvons cette source au bord du chemin. Quelques petites vasques ont été aménagées avec des pierres. L’eau est à 37° . Quel plaisir et quelle détente de s’allonger dans ce bain. Quelques autres randonneurs s’arrêtent aussi ou passent. C’est le genre d’endroit qu’on ne trouve malheureusement pas dans les Alpes.


Day four. We walk directly from the gîte. Jean Pierre from Toulouse joined us for the day. At the port of Lers, head towards the forest, then a good grassy slope which leads us to a collet where we can see some sheep. Another effort, and the crossing of a trailer that doesn’t even deign to see us all busy managing its speed, and here we are at the top of Mont Ceint. There’s a man here dismantling metal pickets. He tells us his story. A former shepherd, he came there during the Second World War and watched over German patrols. He was then 14 years old. He’s now 88, but looks great. « Congratulations. The mountain is beautiful. » But when he leaves, we will hear him rushing to his phone to tell the story of his meeting with naked men. We’re heading to the port of Saleix, where we were yesterday. But instead of going up, we go down into a suspended valley. The geologist of the group shows us that on one side of the valley the rocks are limestones and on the other side granite. It seems we’re just sitting on an ancient tectonic fault. But the group is finally more interested in harvesting mushrooms. After the meal, the walk leads us along forest paths to the valley in front of the village of Sentenac.

Day five. Today we leave the Ariège department for the Pyrénées Orientales department passing the Puymorens pass. The parking lot at the trailhead is also occupied by a concrete mixer truck that fills heli-treated dumpsters up to a remote construction site. The sound of the helicopter rotations will accompany us all morning. It will also fly over us occasionally. We reach the GR which stretches horizontally, it is undoubtedly an old track of mine wagons. In fact, there are several entrances of galleries along the road. It leads us to the foot of the Lanoux dam. We then leave the GR to head towards the Carlit Peak, the highest point of the department with 2921m. But the whole group, with the exception of Bruno, will prefer, after the snack, to remain quietly on the grassy shore of a small pond rather than facing a climb in the black rock. The return by the « engineers’ path » longer and more difficult than the GR still shows us a geological curiosity, like a long avalanche flow, but of granite blocks entangled on top of each other, in the middle of which fir trees manage to grow their roots. The strength of nature is always surprising.

Day six. Rather than taking part in the hike, I decided to visit a hot spring in Merens les Vals, an hour’s drive from the refuge. Guillaume’s coming with me. A quarter of an hour’s walk on a GR, we find this spring at the side of the trail. A few small basins have been fitted with stones. The water’s 37 degrees. What a pleasure and relaxation to lie down in this bath. Some other hikers also stop or pass. This is the kind of place that unfortunately cannot be found in the Alps.