Croisière aux Seychelles

A priori, les Seychelles, réputées autant pour son tourisme de luxe que pour ses banques de paradis fiscal, ne m’avaient jamais paru une destination de rêve, mais quand un copain nous a proposé une croisière entre amis en voilier catamaran, je n’ai pas pu refuser. D’autant plus qu’il sera le skipper et que nous serons libre des choix de notre navigation.
Nous sommes neuf sur le bateau, trois couples, deux femmes et un homme. J’en connais certains, plus ou moins bien, mais deux d’entre eux me sont inconnus. Un bateau, même confortable et bien équipé comme le sont les catamarans, reste un lieu où l’intimité est réduite par manque de place, où il est impossible de s’isoler vraiment. Ne sachant quelle seraient les réactions du reste de l’équipage face à la nudité, j’espérais au moins pouvoir profiter des baignades autour du bateau et du snorkeling au dessus des coraux. Le premier soir, au premier mouillage devant une plage déserte, après une traversée sous une pluie tropicale, je me suis déshabillé pour un premier bain. Même tenue le lendemain au réveil. Certains m’ont imité et la moitié du groupe s’est retrouvé nu dans l’eau. Finalement, tout le monde s’est rhabillé pour la navigation, sauf moi. Devant l’absence de protestation, j’en ai conclu que mon naturisme était accepté et j’ai pratiquement passé les deux semaines nu sur le bateau durant les traversées et lors des mouillages isolés, me rhabillant d’un maillot de bain ou d’un short seulement à l’approche des ports et pour descendre à terre.
Deux semaines hors du temps, sans connexion internet. Deux semaines de vie au rythme de la lumière, levés à l’aube, couchés tôt, au rythme de la météo, soleil ou averses tropicales. Deux semaines à profiter de l’océan , à observer le ballet des poissons sous l’eau à travers le masque, à tenter et parfois réussir d’en attraper avec les lignes et les hameçons jetés à l’arrière du bateau et à les cuire au barbecue. Deux semaines de vie commune à apprendre à se connaître, à découvrir des parcours de vie si différents. Deux semaine de nudité que je dois à la tolérance de ce groupe ; je dois les en remercier.


 In principle, the Seychelles, renowned as much for its luxury tourism as for its tax haven banks, had never seemed to me a dream destination, but when a friend proposed a cruise among friends in a catamaran sailboat, I could not refuse. Especially since he will be the skipper and that we will be free of the choices of our navigation.
We are nine on the boat, three couples, two women and a man. I know some of them, more or less well, but two of them are unknown to me. A boat, even comfortable and well-equipped like catamarans, remains a place where privacy is reduced by lack of space, where it is impossible to isolate oneself. Not knowing how the rest of the crew would react to the nudity, I hoped at least to enjoy swimming around the boat and snorkeling above the corals. The first evening, at the first anchorage in front of a deserted beach, after a crossing under a tropical rain, I undressed for a first bath. The same the next day on awakening. Some imitated me and half of the group ended up naked in the water. Finally, everyone dressed up for navigation except me. In the absence of protest, I concluded that my naturism was accepted and I practically spent the two weeks naked on the boat during the crossings and at the anchorages, dressing myself with a swimsuit or a short only to approach the ports and go down to the ground.
Two weeks out of time, without internet connection. Two weeks of life to the rhythm of light, rising at dawn, lying early, to the rhythm of the weather, sun or tropical showers. Two weeks to enjoy the ocean, to observe the ballet of fish under the water through the mask, to try and sometimes succeed in catching them with the lines and hooks thrown at the back of the boat and to cook them in the barbecue. Two weeks of common life to get to know each other, to discover life paths so different. Two weeks of nudity that I owe to the tolerance of this group. I must thank them.


Carte-Seychelles-2

8 réflexions au sujet de « Croisière aux Seychelles »

  1. Superbe, très joli voyage, merci de nous faire partager toutes ces belles images sous-marine et de ces îles magnifiques.
    Amitiés je te souhaite de continuer et de profiter encore et encore

    • Etrange réaction de la part de quelqu’un visitant un blog sur la randonnue. Sans doute un adepte des « camps » naturistes soigneusement planqués derrière de hautes barrières. Ce n’est guère ma perception d’un naturisme en liberté. Le corps humain n’a rien de honteux qui devrait être caché. La simple nudité ne peut être que naturelle. D’autant plus dans ce cas précis qu’elle était accepté par tous, y compris ceux qui restaient habillés tout le temps. Ce fut un bel exemple de tolérance à l’intérieur du groupe. (Il est vrai que pour certains ce mot de tolérance doit paraître un « gros mot »;-)

  2. ma réaction n’a rien d’étrange .
    Le corps humain n’est pas honteux mais un comportement social peut être honteux et dans votre cas, il l’est assurément; et cela n’a rien à voir avec le naturisme en milieu fermé (camps naturistes) ou ouvert.
    On peut comparer votre comportement à quelqu’un qui fumerait dans un lieu au milieu de non fumeurs et où personne n’oserait rien lui reprocher et qui en concluerait (comme vous le faites, à propos de votre nudité) que sa liberté de fumer à été bien acceptée et que c’est une preuve de tolérance.

    • Pour le fumeur, on peut aussi lui dire qu’il gêne. Quant au comportement social, ce n’est pas un mur, c’est une notion qui a changé au cours du temps, qui est encore mouvant selon les lieux et les circonstances. Qu’il nous appartient à nous aussi naturistes de savoir parfois repousser quelque peusi l’on veut que la nudité devienne « normale ». Comme par exemple cette sortie commune entre une association de Marcheurs Nus et un groupe de randonneurs textiles à Remuzat.

  3. Bonjour Jacques-Marie,
    Merci de nous faire part de ce superbe voyage et pour les très belles photos que tu nous offres.
    Mais je veux répondre à ‘carpo’ en comparant deux pratiques dans des situations sociales similaires.
    – Le naturisme, assurément bon pour sa santé et sans danger pour les gens qui nous entourent.
    – Le tabagisme, dangeureux pour sa propre santé et néfaste pour son environnement social.
    Trois types d’espaces comparés :
    Les camps de naturistes ou les fumoirs, chacun est en harmonie avec son entourage … No problem !
    Les lieux Publics où certaines pratiques sont interdites, exemple la nudité ou l’action de fumer. C’est effectivement un manque de respect absolu de transgresser une règlementation stricte et clairement définie.
    Les grands espaces de nature à faible densité de population où chacun peu prendre certaines libertés sans risque de nuire à la santé d’autrui. Un fumeur dans la rue ne me dérange pas et encore moins au milieu de la campagne, libre à lui de choisir une fin de vie probablement atroce en passant d’un hôpital à un autre …
    Et la nudité saine, sans perversité, hors des villes et loin de la populace, en petit groupe d’amis, peut surprendre dans un premier temps par sa méconnaissance mais n’entraine que très exceptionnellement le rejet de certaines personnes rencontrées.
    La randonnue et les pratiques décomplexées de Jacques-Marie ne peuvent que faire sauter des barrières qui entravent notre monde, pour plus de tolérance. Contrairement aux camps de naturistes qui deviennent des pseudo-villes, c’est une véritable communion avec la nature bienfaisante qu’il faut s’astreindre à découvrir avant de projeter toute critique.
    Amitiés à tous, sous les beaux rayons du soleil d’été.
    Bernard.

  4. Je vis aux Seychelles et je trouve le comportement de Carpo assez étrange aussi. Le Seychellois, paradoxalement, est très tolérant concernant le nudisme de plage même si lui, il est très pudique en général. Malgré que le naturisme ne soit pas autorisé, il faut savoir qu’il est quand même pratiqué sur certaines plages ou à bord des bateaux. Je pratique régulièrement le bronzage intégral aux Seychelles et force est de constater que je rencontre et croise souvent les seychellois et ils ne sont pas plus choqués que ça. Au pis, on a des sourires ou des petites remarques plus amusantes que méchantes. J’ai des amis qui tolère ma nudité et je me retrouve souvent avec mes amis textiles à la plage, moi nu et eux, pas. Donc, je dois dire que souvent, je me retrouve en situation de nudité complête parmi des seychellois ou autres touristes qui eux sont en maillot ou topless. Et je ne vois rien de mal à ça.

  5. Ping : Croisière aux Antilles | randonnues

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