Chute à Proveysieux

La neige, tombée il y a quelques jours, a déjà disparu des sommets de Chartreuse, le soleil et un grand ciel bleu incitent à sortir en balade en ce lundi de début décembre. Ne pouvant partir qu’en fin de matinée et comme les journées sont bien courtes en cette saison, je décide de rester dans mon coin de bordure du massif et de retourner une fois de plus vers le pas du Sappey au dessus de Proveysieux. Je suis certain d’y être tranquille.
Je pars seul. Après cinq cent mètres de plat et en abordant la montée, j’ai déjà chaud et me déshabille. En une heure je suis au pas du Sappey. Je laisse de coté la cabane qui tombe peu à peu en ruine et continue en forêt sur ce petit plateau légèrement incliné entre la ligne de falaise au dessus de la vallée de Proveysieux et les crêtes qui surplombent le village et les alentours de Mont Saint Martin. Finalement je me retrouve sur cette avancée de la falaise, couverte d’herbe et d’arbustes qui domine la vallée. Une sorte de balcon entourée de bords à pics, que j’ai déjà visité quelquefois. Vue panoramique assurée sur l’agglomération grenobloise, d’un coté, perdue dans les brumes bleutées du pic de pollution, sur le sommet de la Pinea, de l’autre coté, avec à ses pieds les hameau de Pomarey et Planfey. Il fait tellement bon. Je profite largement du soleil avant qu’il ne descende et commence à glisser derrière la montagne du Sac. Il va être temps de se remettre en route.
Au lieu de reprendre mon chemin de montée, je décide de retrouver un sentier que j’avais emprunté quelques années auparavant, découvert en suivant des traces dans la neige, et qui devrait descendre droit sur Proveysieux. Je décèle effectivement un semblant de sente qui part en lacet. Je m’engage dans la pente. Au bout d’un moment, je perds la piste, mais je remarque par moment des traces d’un passage en zig zag dans les feuilles mortes qui jonchent le sol. Un animal passerait tout droit, c’est donc la marque d’un humain, un chasseur du week end sans doute. Je ne suis donc pas perdu ! D’ailleurs j’ai mon gps avec une carte très précise. Qui me montre que cette combe se termine en bas par une barre rocheuse. Je devrais passer à sa gauche ou à sa droite. Je m’arrête à intervalles réguliers pour vérifier ma position et mon avancée.
Et là, soudain, à l’arrêt, je bascule et me retrouve par terre. Dans la chute j’ai senti un claquement au niveau de ma cheville. Aïe ! Je me relève. Mon pied, bien tenu par la chaussure haute est sensible mais à l’air de tenir le coup. Mais je me rhabille. Si je dois appeler des secours, autant qu’ils ne me retrouvent pas nu ! Puis précautionneusement, je me remet en marche. Arc-bouté sur mes bâtons, je continue la descente jusqu’à aboutir sur un sentier plus ou moins horizontal qui me permet de contourner la barre rocheuse et me ramène en quarante cinq minutes vers la route et mon véhicule. Les pieds toujours bien serrés dans les chaussures, je peux rentrer chez moi et me faire conduire aux urgences.
Bilan : fracture de la malléole, qui va nécessité une hospitalisation pour la pose d’une plaque et un mois et demi de plâtre.

3 réflexions au sujet de « Chute à Proveysieux »

  1. Donc, beaucoup de patience avant le total rétablissement et fin d’année bien au chaud. Merci pour les « reportages » détaillés sur ces si belles montagnes trop éloignées pour moi pour t’accompagner. Cordialement nat, Jean-Marie de Nantes (44).

  2. Lo siento compadre! Sorry about the spill. I see that you are looking through old photos while laid up. I have been less mobile due to sciatica and back injury, but finally, I’m again getting out. Jbeegoode

  3. Ping : Saint Julien en Beauchêne, troisième édition | randonnues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Why ask?