Col Nodry – Côte Rouge

Dominique, de Bordeaux, est venu passer une semaine de randonnues autour de Grenoble. Je n’ai pu me joindre à lui pour ses premières sorties, mais j’ai tenu à me libérer le vendredi pour le rencontrer et lui montrer un de mes itinéraires. Comme il avait déjà tourné entre Vercors, Matheysine et Chartreuse, j’ai choisi de l’emmener vers d’autres paysages, dans le Beaumont. Nous sommes quatre, Patricia et Philippe, qui l’accompagnent depuis le début de son séjour, sont évidemment là. La météo annonce un changement de temps après ces derniers jours printaniers; pourtant c’est officiellement le premier jour du printemps.

Nous nous garons au col de l’Holme, entre Saint Michel en Beaumont et Sainte Luce. Nous partons bien habillé. Dans la forêt, à l’ombre mais a l’abri du vent et en montée, on a vite chaud. On se déshabille rapidement. On sort de la forêt pour passer une belle croupe de neige. Là, le vent se met à souffler avec force. Un vent du sud, certes, mais rafraîchissant. Dominique et Patricia choisissent l’option coupe-vent, Philippe et moi, l’option peau-nue.
On rejoint le col Nodry puis le sommet de Côte Rouge à 2015m d’altitude. Nous dominons le sanctuaire de Notre Dame de la Salette. De l’autre coté, l’Obiou et les sommets du Devoluy, puis au fond toute la barrière des falaises du Vercors. Beau paysage, mais on ne s’attarde pas ! On trouve un coin à l’abri dans un trou de neige au pied d’un arbre pour se poser et pique niquer. Après le repas, nous continuons par une bonne descente en courant dans la neige profonde. On enfonce parfois jusqu’aux genoux, mais qu’est ce que ça réchauffe !!! On passe à la bergerie du Clos de l’Alpe puis on rejoint notre itinéraire du matin par une longue traversée à flanc de pente. Nous retrouvons l’abri de la forêt pour terminer la balade. La petite route départementale semble si peu fréquentée, que l’on se permet de la traverser tranquillement pour rejoindre la voiture et enfiler des vêtements secs et chauds.

Col Nodry

Début février. Cette fois je pars du col de l’Holme, entre Saint Michel en Beaumont et Sainte Lucie.
Il est midi, mais il fait plutôt froid, surtout que le chemin démarre dans une forêt à l’ombre, toute givrée. Surpantalon, gants et deux couches de polaire. Finalement, au bout de trois quart d’heure dans cette ambiance, je débouche au soleil près d’une bergerie. Ce n’est pas vraiment la chaleur, un vent du nord souffle. Je décide quand même de me déshabiller, je garde juste un gilet sans manche en polaire.
Les rares pins sont tous blancs, recouverts de neige congelée, côté nord, verts côté sud. Toutes les touffes d’herbes sont elles aussi couvertes de neige soufflée. Dans le lointain, le lac du Sautet paraît en partie gelé. Je passe de champs d’herbe parsemés de neige à des champs de neige parsemés d’herbe. La neige est dure et porte bien. Je grimpe jusqu’au col Nodry, puis sur la butte du Mont de Rousse qui domine le col à 1877m. Par moments, je me trouve à l’abri du vent et peux tout enlevé, puis je retombe dans la fraîcheur. Je redescends en tirant tout droit dans la pente, retrouve la bergerie, rejoint et longe la piste qui y mène.
En bas le col de l’Holme est déjà dans l’ombre. Il va falloir se rhabiller!

Beaumont

Depuis quelques temps, l’envie me tiraillais d’aller faire un tour dans ce Beaumont que je ne connaissais que de loin, vu des sommets du Valbonnais, le Coiro ou le Vet ou de la route qui mène à Corps et au lac du Sautet.
Fin octobre, je profite d’une journée de liberté en semaine par un superbe temps ensoleillé. Je laisse la voiture au col de Parquetout (1398m). Il y a deux autres voitures déjà garées là. La piste monte d’abord à l’ombre; je pars en short, tee shit et gilet polaire. Au bout de 5 minutes, je croise une voiture qui descend. Enfin, je sors au soleil, peu avant les chalets du Clos de l’Alpe. Je me suis échauffé, je pense enfin pouvoir me déshabiller. De chaque côté, des collines arrondies. Sur celles de droite apparaissent des silhouettes qui en descendent. Bon, je pars donc sur celle de gauche, plus haute et plus raide. Dès que j’attaque la montée, je m’estime suffisamment loin pour quitter mes vêtements. C’est tellement plus agréable!
Je grimpe le Serre de l’Adret. A un moment, je me retourne pour admirer le paysage et j’aperçois trois personnes en dessous de moi. Je continue la grimpette, droit dans la pente, en suivant une vague trace , en accélérant un peu le rythme. Au sommet du Colombier (1948m), une antenne relais et un cairn. Je pose le sac et profite du panorama: Valbonnais est là, au fond de la vallée, au pieds du massif du Coiro; au loin le plateau matheysin et au fond la barrière du Vercors. Tout cela dans des teintes automnales de jaunes et bruns. Je repars sur la crête herbeuse en direction de Côte Belle. A mi chemin, je me retourne, les trois personnes sont arrivés au relais et se posent aussi. Je continue, finalement mes poursuivants aussi; mais toujours à bonne distance. Au sommet de Côte Belle (2027m), je manque tomber sur deux personnes assises dans l’herbe. Je les évite et contourne le sommet en descendant vers le col de Lière (1917m), puis en remontant en face vers Côte Rouge (2015m).
Là, je me retrouve juste en face et au dessus du sanctuaire de Notre Dame de La Salette. L’église et les bâtiments d’accueil sont accrochés dans la pente mais une bonne route dessert ce lieu de pèlerinage. Je m’en retourne vers mon point de départ en espérant continuer par les crêtes, mais aux jumelles je m’aperçois que des voiture sont montées jusqu’au Clos de l’Alpe. Des groupes partent de chaque côté sur les pentes. Je descends donc au fond du vallon et continue jusqu’à déboucher derrière une colline. Là je me rhabille pour traverser l’alpage puis pour redescendre jusqu’à la voiture. Tant de monde en semaine! Mais, c’est les vacances scolaires de la Toussaint! Trois heures vingt de nudité en continue à cette époque de l’année, je n’ai pourtant pas trop de raisons de me plaindre.