Archiane

8h45. Je retrouve Pascal, Frédérique et Daniel à Archiane sur le parking au bout de la route. On traverse les quelques maisons du hameau pour trouver le chemin qui très vite se met à monter… à monter raide. On est encore plutôt à l’ombre mais on se met vite à transpirer. Les vêtements tombent rapidement. Quelques pauses, comme celle auprès d’un bel arbre creux, permettent de souffler. Les massifs de buis, pas encore touchés par l’invasion des pyrales, bordent le cheminement. On s’élève jusqu’à toucher le pied de la falaise que l’on contourne pour arriver sur un long pierrier qui se grimpe en lacets. Enfin on débouche sur le plateau après deux bonnes heures et demi de montée. Au loin se dresse le sommet du Mont Aiguille couvert d’un panache de nuage. On quitte le GR pour suivre une sente marquée de cairns, que l’on perd, puis retrouvera un peu plus tard. Heureusement on est bien équipés en GPS pour maintenir notre orientation. On se faufile entre buttes et vallons en coupant dans les pentes entre les blocs rocheux des lapiaz et les lambeaux de prairies. Pause bienvenue au soleil pour le casse-croûte. On ferait volontiers la sieste, mais les jours sont courts en cette saison et la route est encore longue. On passe à proximité de la bergerie du Jardin du Roi et on continue jusqu’à Tussac par une piste bien marquée. En chemin, on croise un homme. Pas le temps ni l’envie de se rhabiller. A Tussac, trois randonneurs arrivent sur le côté, se dirigeant vers la piste que l’on va devoir prendre pour descendre. On les laissent passer et prendre de l’avance. En attendant, on se régale du paysage. En face de nous les rochers De Combeau dominent le hameau des Nonnières, plus loin, les sommet du Barral et du Jocou et en arrière plan les crêtes du Dévoluy. On suit la piste qui descend vers le hameau de Benevise, mais dans un lacet on coupe par un sentier qui nous évitera de traverser le village. Là dans la forêt on marche presque sur toutes sortes de champignons. Frédérique et Daniel en connaissent quelques uns. On fait une récolte de Safranés et Sanguins et de Pieds de Moutons. Enfin on retrouve le GR qui nous ramène tranquillement à Archiane . Il faut se résoudre à se rhabiller en arrivant à la route. Il est 17h20 passé, la lumière commence à baisser. Il était temps d’arriver après huit heures trente de balade dont huit heures nu, 22km parcourus et quelques mille six cent mètres de dénivelé cumulé.

8h45. I meet Pascal, Frédérique and Daniel at Archiane in the car park at the end of the road. We cross the few houses of the hamlet to find the path which very quickly starts to climb… to climb steep. We’re still in the shade but we start sweating quickly. Clothes fall off quickly. A few breaks, such as one near a beautiful hollow tree, allow you to breathe. The boxwood beds, not yet affected by the invasion of the codling moth, line the path. We rise to touch the foot of the cliff that we go around to arrive on a long rocky outcrop that climbs in laces. Finally we reach the plateau after a good two and a half hours of climbing. In the distance stands the summit of Mont Aiguille covered with a plume of cloud. We leave the GR to follow a path marked by cairns, which we lose, then will find again a little later. Fortunately, we are well equipped with GPS to maintain our orientation. We sneak between hills and valleys cutting down the slopes between the boulders of the lapiaz and the shreds of grasslands. Welcome break in the sun for a snack. We would be happy to take a nap, but the days are short in this season and the road is still long. We pass near the Jardin du Roi sheepfold and continue to Tussac by a well marked track. On the way, we meet a man. No time or desire to get dressed. In Tussac, three hikers arrive on the side, heading towards the trail that we will have to take to get down. We let them pass and get a head start. In the meantime, we’re enjoying the scenery. In front of us the rocks of Combeau dominate the hamlet of Les Nonnières, further on, the peaks of Barral and Jocou and in the background the crests of Dévoluy. We follow the track that goes down to the hamlet of Benevise, but in a winding road we cut through a path that will prevent us from crossing the village. There in the forest we walk on almost all kinds of mushrooms. Frédérique and Daniel know some of them. We harvest Safranés and Sanguins and Mouton Feet. Finally we find the GR which brings us back to Archiane. We have to get dressed again when we get to the road. It’s after 5:20, the light starts to fade. It was time to arrive after eight and a half hours of walking, including eight hours bare, 22km covered and some sixteen hundred meters of cumulative altitude difference.

Balisage GR93

L’année dernière nous étions cinq pour une opération de balisage et d’entretien du tronçon du GR93 qui a été confié à l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne. Cette année, je suis seul, Bernard, le président, n’étant pas disponible. Mais ce n’est pas grave, j’ai prévu de parcourir un aller retour entre le début du sentier à proximité du col de Grimone et le col de Seysse. Je suis chargé: un sac à dos avec vêtements chauds , casse croûte et eau et un sac de matériel: sécateur, scie, brosse métallique, cutter, peinture…plus un long coupe branche à la main. Le départ se faisant encore à l’ombre, je démarre en polaire, mais dès que j’atteins le soleil, je quitte tout. J’avance lentement à observer les anciennes marques de peinture, à regarder s’il en manque ou si il faut les refaire, à débroussailler. Ce parcours est donné en 1h20, je mettrai 4h pour atteindre le col de Seysse et 3h pour revenir. Entre temps j’ai aussi trouvé deux géocaches qui étaient placées au bord du chemin. J’ai juste remis mon short pour croiser deux fois deux couples de randonneurs chaudement vêtus aperçus à l’avance. Une bonne journée de travail en plein air au soleil.

Last year there were five of us for a marking and maintenance operation on the GR93 section which was entrusted to the Association des Marcheurs Nus du Val de Roanne. This year, I am alone, Bernard, the president, not being available. But it doesn’t matter, I plan to go back and forth between the beginning of the trail near the Col de Grimone and the Col de Seysse. I am loaded: a backpack with warm clothes, crust lunch and water and a bag of equipment: pruning shears, saw, wire brush, cutter, paint… plus a long branch cutter in my hand. The start is still in the shade, so I start in the fleece, but as soon as I reach the sun, I leave everything. I am slowly moving forward to observe the old paint marks, to see if any are missing or if they need to be redone, to clear the brush. This course is given in 1h20, it will take me 4h to reach the Seysse pass and 3h to come back. In the meantime I also found two geocaches that were placed on the side of the road. I just put on my shorts to meet two couples of hikers warmly dressed and seen in advance. A good day of outdoor work in the sun.

Source de la Drôme

Au programme de ce samedi de début octobre: l’assemblée générale de l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne suivie d’un repas en commun et d’une balade dans le coin. La réunion, plus longue que prévue, s’est terminée tard, le repas au restaurant a été copieux mais lui aussi quelque peu long, c’est donc seulement vers 15h20 que nous sommes en place au départ du parcours que Bernard nous a concocté. Nous sommes cinq. Dès que hors de vue de la route nous sommes nus. Le vent qui nous faisait craindre du froid ne se fait presque plus sentir dans ce vallon. Nous suivons un petit ruisseau encombré de branchages. C’est…la Drôme! Nous allons la remonter jusqu’à sa source. Le sentier est parfaitement entretenu, balisé de flèches bleu, en plus des marquages de trail et de vtt. Impossible de se perdre. Le parcours passe alternativement d’un côté à l’autre du ruisseau par des passerelles de bois ou par un arbre posé en travers du cours d’eau. A un moment le chemin rejoint une route qu’il faut suivre sur une centaine de mètres. Elle a l’air si peu fréquentée qu’on ne se couvre même pas, tout juste garde t’on un short à portée de main, au cas où. Puis le cheminement reprend dans la forêt. Ça monte légèrement. La dénivellation totale est de deux cent mètres pour une longueur de cinq kilomètres. Facile! Juste avant de déboucher au village de la Bâtie des Fonds, on se rhabille sommairement. Les quelques maisons de cette minuscule commune (une dizaine d’habitants) sont les rescapées d’un glissement de terrain qui détruisit la majeure partie du village en 1936. Un cheminement touristique de passerelles et d’escaliers de bois, de panneaux explicatifs, permet de parcourir les lieux et de découvrir cette histoire. La source de la Drôme est bien là. Bernard s’entretient longuement avec un habitant, expliquant notre pratique. Puis on repart en sens inverse, face au soleil qui décline. On est aux voitures à 18h passé.

On the agenda for this Saturday in early October: the general assembly of the Association des Marcheurs Nus du Val de Roanne followed by a joint meal and a walk in the area. The meeting, longer than expected, ended late, the meal in the restaurant was copious but also somewhat long, so it is only around 3:20 p.m. that we are in place at the beginning of the route that Bernard has concocted for us. There are five of us. As soon as we get out of sight of the road we’re naked. The wind that made us fear the cold is almost no longer felt in this valley. We follow a small stream cluttered with branches. It’s… the Drôme! We’ll trace it back to its source. The trail is perfectly maintained, marked with blue arrows, in addition to trail and mountain bike markings. There’s no way to get lost. The route passes alternately from one side of the stream to the other through wooden footbridges or through a tree placed across the watercourse. At some point the path joins a road that must be followed for about a hundred meters. It seems so unfrequented that we don’t even cover ourselves, just keep shorts handy, just in case. Then the path resumes in the forest. It’s going up a little. The total drop is two hundred metres for a length of five kilometres. Easy! Easy! Just before we reach the village of La Bâtie des Fonds, we get dressed up succinctly. The few houses of this tiny commune (about ten inhabitants) are the remains of a landslide that destroyed most of the village in 1936. A tourist trail of footbridges and wooden stairs, explanatory panels, allows you to explore the area and discover this history. The source of the Drôme is right there. Bernard talks at length with a local resident, explaining our practice. Then we go back in the opposite direction, facing the declining sun. We’re at the cars at 6:00 last night.

Les 3 Becs

Le comité de la Drôme de la Fédération Française de Randonnée Pédestre a lancé en cette mi juin 2019 une série d‘animations autour du sentier de Grande Randonnée GR9 qui traverse le département de part en part. En pratique, une équipe de deux trailers a entrepris de courir en huit jours de Grenoble au sommet du Mont Ventoux et en parallèle, à chacune des étapes, des associations de randonneurs pouvaient organiser des marches dans les environs avant de retrouver les coureurs en fin d’après midi autour d’un goûter partagé et d’un verre de l’amitié. L’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne s’est portée volontaire pour l’organisation d’une balade aux 3 Becs au dessus de la ville de Saillans, en proposant une randonnée mixte, marcheurs naturistes et marcheurs habillés, afin de faire découvrir en toute convivialité les avantages de la nudité sur les sentiers de montagne. C’était un défi, car la date imposée, un mardi ne favorisait pas la mobilisation des adhérents en cours de semaine. Mais la communication autour de l’évènement a permis de réunir quinze participants. Des membres de l’association, mais aussi des naturistes extérieurs et trois randonneurs « textiles ».
Cette rando des 3 Becs est une balade classique de la région. A 10 heures, le parking du col de la Chaudière est déjà presque rempli. On ne sera pas les seuls sur le chemin. Au premier tournant du sentier, les vêtements commencent à tomber. On croise deux groupes d’ouvriers qui entretiennent le chemin. Échanges de salutations. Il faut remarquer d’ailleurs que ce chemin est remarquablement aménagé de nombreuses marches de pierres. Plus haut on trouvera au bord du sentier des sacs de grosses dalles de pierre héliportés en prévision de l’avancement du travail. Dans la montée, ceux qui visent les trois sommets, neuf personnes, partent devant. Les six derniers optent pour un parcours plus simple. Au pas de la Sarria, le premier sommet est en vu, au prix d’une montée en lacets dans la prairie. Sommet du Veyou à 1589 m, puis descente pour remonter au second Bec :le Signal à 1559m. Je profite de mon passage pour une séance de geocaching près du gros cairn. Il est temps de se poser un peu en contrebas pour le casse-croûte, arrosé d’une Clairette puisqu’on est dans le région de production. Toujours en suivant de près la ligne des falaises impressionnantes et découpées qui dominent la vallée de la Drôme, le cheminement redescend encore puis remonte au troisième sommet, Roche Courbe, 1545 m. Voilà le but est atteint. Pour revenir, on coupe par une petit sentier qui n’évite pas quelques montées mais nous ramène, à travers champs et forêt, au pas de la Sarria où l’on retrouve le deuxième groupe. Tous ensemble, on attaque la descente finale. A une vingtaine de mètres du parking, il faudra bien se rhabiller. L’entente entre naturistes et habillés a été parfaite et les rencontres sur les chemins se sont déroulées soit avec de l’indifférence soit avec le sourire. C’est le message qui est porté à la rencontre du Comité en fin d’après midi à Saillans.

The Drôme committee of the French Pedestrian Hiking Federation launched in mid-June 2019 a series of activities around the GR9 long-distance hiking trail that crosses the department from side to side. In practice, a team of two trailers undertook to run in eight days from Grenoble to the summit of Mont Ventoux and in parallel, at each stage, hikers’ associations could organise walks in the area before meeting the runners in the late afternoon around a shared lunch and a drink of friendship. The Association des Marcheurs Nus du Val de Roanne has volunteered to organize a 3 Becs walk above the town of Saillans, offering a mixed hike, naturist walkers and dressed walkers, in order to introduce in a friendly way the advantages of nudity on mountain paths. It was a challenge, because the date imposed, a Tuesday, did not encourage the mobilization of members during the week. But the communication around the event brought together fifteen participants. Members of the association, but also external naturists and three « textile » hikers.
This 3 Becs hike is a classic walk in the region. At 10 a.m., the car park at the Col de la Chaudière is already almost full. We won’t be the only ones on the way. At the first bend of the trail, the clothes start to fall off. We meet two groups of workers who maintain the path. Exchanges of greetings. It should also be noted that this path is remarkably well arranged with many stone steps. Higher up the trail are bags of large heliborne stone slabs in anticipation of the progress of the work. On the way up, those who aim for the three summits, nine people, leave in front. The last six opt for a simpler route. At the pass of the Sarria, the first summit is in sight, at the cost of a winding climb in the meadow. Summit of Veyou at 1589 m, then descent to go up to the second Bec: the Signal at 1559m. I take advantage of my visit for a geocaching session near the big cairn. It is time to settle down a little below for the snack, sprinkled with a Clairette since we are in the production region. Still closely following the line of impressive and cut-out cliffs that dominate the Drôme valley, the path descends again and then climbs up to the third summit, Roche Courbe, 1545 m. That is the goal achieved. To return, we cross a small path that does not avoid a few climbs but brings us back, through fields and forest, to the pass of the Sarria where we find the second group. Together, we begin the final descent. About 20 meters from the parking lot, you’ll have to get dressed again. The agreement between naturists and dressed people was perfect and the meetings on the paths took place either with indifference or with a smile. This is the message that is being brought to the Committee’s meeting in late afternoon in Saillans.

Luc en Diois

Petite randonnue digestive après un assemblée général de l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne et un repas au restaurant à Luc en Diois. Montée à la cabanette avec un joli point de vue qui domine le village, en passant près d’une série de cascades au fond d’un vallon.

A short digestive naked hike after a general meeting of the Association des Marcheurs Nus du Val de Roanne and a meal at the restaurant in Luc en Diois. Ascent to the cabin with a beautiful view overlooking the village, passing by a series of waterfalls at the bottom of a small valley.

Menglon

Pour la première fois cette année, je retrouve les Marcheurs Nus du Val de Roanne. On est quatre : Bernard et Francis, le noyau dur de l’association, et Jean Paul dont c’est la première randonnue. Nos démarrons près du hameau des Tonnons du village de Menglon. La piste qui mène à un réservoir d’eau monte bien mais reste plutôt à l’ombre. Je suis vite nu, Bernard se déshabille aussi, ne gardant qu’une légère chemise. Francis et Jean Paul attendront d’être en haut au soleil pour eux aussi se dévêtir. Après la large piste c’est un petit sentier qui grimpe sur un versant de la combe de Bouleron. Par des trouées dans le couvert végétal on a un panorama parfait sur le village de Menglon, la vallée de la Drôme et au fond, le Glandasse, le contrefort du Vercors. C’est une forêt de pins aux troncs très droits, parsemée de massifs de buis. Quel plaisir de se frayer un passage dans ces buis qui ont disparu de la région grenobloise, ravagés par les chenilles Pyrales . Après le col de Pierron, la descente s’effectue sur le versant opposé, toujours par des sentiers agréables jusqu’à rejoindre notre itinéraire de montée. On ne se rhabille qu’au tout dernier moment, en vue de la route. Une petite balade de moins de quatre heures pour neuf kilomètres qui, je l’espère, aura convaincu Jean Paul des bienfaits de la randonnue.

For the first time this year, I meet again the Naked Walkers of the Val de Roanne. There are four of us: Bernard and Francis, the hard core of the association, and Jean Paul for whom this is the first naked hike. We start near the hamlet of Les Tonnons in the village of Menglon. The track leading to a water tank climbs well but stays in the shade. I am quickly naked, Bernard undresses too, keeping only a light shirt. Francis and Jean Paul will wait until they are up in the sun to undress too. After the wide track it is a small path that climbs on a slope of the combe of Bouleron. Through gaps in the vegetation cover you have a perfect view of the village of Menglon, the Drôme valley and at the background, the Glandasse, the foothills of the Vercors. It is a pine forest with very straight trunks, dotted with boxwood beds. What a pleasure to find a way through these box trees that have disappeared from the Grenoble region, ravaged by the Pyrales caterpillars. After the Pierron pass, the descent takes place on the opposite side, still on pleasant paths until we reach our ascent route. We only get dressed at the very last moment, in view of the road. A short walk of less than four hours for nine kilometres which, I hope, will have convinced Jean Paul of the benefits of naked hiking.

Balisage au Jocou

L’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne est en charge du balisage et de l’entretien d’un tronçon du GR93. Comme l’année passée, nous avons programmé une journée pour accomplir cette tâche. Nous sommes cinq ce mercredi de mi septembre. Bernard, Francis, Claude et moi même, Franck nous a rejoint. Il ne fait pas encore partie de l’association mais ça ne saurait tarder.
Plusieurs groupes ont démarré avant nous. Nous attaquons et nous déshabillons très vite. L’allure n’est pas rapide. Il y a peu de balisage à faire, mais surtout de l’élagage des buissons d’épineux qui envahissent le terrain et débordent sur le sentier. Sécateurs et scies s’activent. A midi, un coin à l’ombre est apprécié pour le pique-nique. C’est qu’à travailler ainsi sous le soleil, la fatigue se fait sentir. L’après midi, on sort enfin de la zone forestière, l’environnement de prairie d’alpage est plus ouvert et surtout moins encombré de ronces. C’est presque du repos et une allure de vraie randonnue. Après un dernier coup de peinture, Bernard, Claude et Francis font demi tour. Avec Franck, je continue jusqu’au sommet du Jocou pour profiter de la vue panoramique sur le Vercors , la Trièves et le Devoluy. Pour croiser un groupe on a enfilé nos shorts. On discute sur le balisage puis sur le naturisme en randonnée. Plus tard, on les retrouvera et là on restera nus.


The Association of the Naked Walkers of the Val de Roanne is in charge of the marking-out and maintenance of a section of the GR93. As last year, we have scheduled a day to accomplish this task. There are five of us this Wednesday in mid-September. Bernard, Francis, Claude and myself, Franck joined us. He is not yet a member of the association but it will soon be.
Several groups have started before us. We attack and undress very quickly. The pace is not fast. There is little marking to do, but mostly the cutting of thorny bushes that invade the ground and overflow on the trail. Pruners and saws are activated. At noon, a shaded area is appreciated for the picnic. It is that by working in this way under the sun, fatigue is felt. In the afternoon, we finally leave the forest area, the alpine meadow environment is more open and above all less encumbered by brambles. It’s almost rest and a real naked hiking experience. After one last paint job, Bernard, Claude and Francis turn around. With Franck, I continue to the top of the Jocou to enjoy the panoramic view of the Vercors, the Trièves and the Devoluy. To meet a group we put on our shorts. We discuss about marking and then about naturism when hiking. Later, we’ll find them and then we’ll stay naked.


Ruisseau de la Bourdiole

Dans la série « les pieds dans l’eau » qui est une spécialité des Marcheurs Nus du Val de Roanne en été, c’est cette fois le ruisseau de la Bourdiole qui est choisi comme destination. Dans un virage peu après le village de Poyols, nous quittons la route et posons la voiture. Aussitôt nus, nous prenons un chemin qui nous mène jusqu’à l’eau. Nous sommes quatre. A la file indienne, nous nous engageons dans le cours du ruisseau. On peut essayer de passer de pierres en pierres, mais le plus souvent on suit le courant, de l’eau jusqu’à la cheville, parfois au genou, et même au dessus. A l’ombre de la forêt, l’eau reste un peu fraîche, mais si agréable. De petites cascades qu’il faut contourner ou escalader, de temps à autre un beau trou, une belle piscine. Le bruit du torrent forme un fond sonore. L’eau s‘écoule tantôt tranquille, tantôt bouillonnante au dessus des rochers. On avance lentement, parfois retardé par des branchages en travers qu’il faut écarter, des ronces qu’il faut couper. C’est un autre monde! Après la pause repas sur des dalles au soleil, on repart. On dépasse le village de Jonchères qui doit se trouver perché au dessus de nous. A deux reprises, on trouve dans le lit du ruisseau, les crânes presque fossilisés de deux cerfs, dont les cornes on été coupées. L’œuvre de chasseurs  qui n’ont gardé que les bois en trophées ! Peu à peu le cours d’eau rétrécit, se fait tout petit. Il est temps de rejoindre la route. Retour, momentanément rhabillés, par une piste, la traversée du village puis un sentier entre buis, genets et pins qui nous ramène pile à la voiture.


In the series  » feet in water  » which is a speciality of the Marcheurs Nus du Val de Roanne in summer, it is this time the Bourdiole stream which is chosen as destination. In a bend shortly after the village of Poyols, we leave the road and put the car down. As soon as we are naked, we take a path that leads us to the water. We are four. In a single file, we engage in the course of the stream. We can try to go from stone to stone, but most often we follow the current, from the water to the ankle, sometimes to the knee, and even above. In the shade of the forest, the water remains a little cool, but so pleasant. Small waterfalls that you have to go around or climb, from time to time a beautiful hole, a beautiful swimming pool. The sound of the torrent makes a background sound. The water flows sometimes quiet, sometimes bubbling over the rocks. One advances slowly, sometimes delayed by branches across which one must spread, brambles which one must cut. It’s another world! After the meal break on flagstones in the sun, we leave again. We pass the village of Jonchères which must be perched above us. On two occasions, the almost fossilized skulls of two deer, whose horns have been cut off, are found in the creek bed. The work of hunters who only kept the woods as trophies! Little by little the river narrows, becomes very small. It’s time to hit the road. Return, momentarily dressed, by a track, the crossing of the village then a path between boxwood, brooms and pines which brings us right back to the car.


Pradelle

Lundi de Pentecôte. Malgré l’annonce d’orages dans l’après midi, cette sortie des Marcheurs Nus du Val de Roanne a été maintenue. C’est qu’il s’agit d’une séance de travail en vue d’un itinéraire pour l’été. L’objectif est de relier deux vallées, deux ruisseaux pour créer une boucle. Avec Bernard et Francis, on arrive à Pradelle, dans la vallée de la Roanne,  vers 10 heures. On pose la voiture au bout d’une piste, au départ du sentier. Celui ci est bien indiqué sur la carte, mais il ne semble quand même guère fréquenté. Il grimpe droit dans la pente en direction du col de l’Esquif. Du col, aucun chemin sur l’autre versant n’est inscrit sur les cartes, mais une marque sur un arbre révèle une trace dans la végétation. Un chemin de chasseurs ? La sente descend entre les arbres, se perd parfois, se devine un peu plus loin. Sécateurs et scies sont en action tout au long pour élaguer, marquer le chemin, le rendre évident et praticable. On descend ainsi lentement jusqu’à finalement retrouver une ancienne piste forestière que Bernard et Francis avaient repérée l’année dernière. Ouf, la jonction est faite. Maintenant, il faut remonter au col et descendre sur Pradelle. L’atmosphère est devenue lourde. On est trempé de sueur et la fatigue se fait sentir. Mais les premiers coups de tonnerre ne se feront entendre que lorsque l’on sera sur la route en voiture.


Pentecost Monday. Despite the announcement of storms in the afternoon, this outing of the Marcheurs Nus du Val de Roanne has been maintained. It is because this is a working session for a summer itinerary. The objective is to link two valleys, two streams to create a loop. Bernard and Francis and I arrive in Pradelle in the Roanne valley around 10am. We put the car at the end of a track, at the start of the path. This one is well indicated on the map, but it doesn’t seem very busy. It climbs straight up the slope towards the Col de l’Esquif. From the pass, no path on the other side is written on the maps, but a mark on a tree reveals a trace in the vegetation. Hunters’ trail? The path goes down between the trees, is sometimes lost, is guessed a little further. Shears and saws are in action all along to prune, mark the path, make it obvious and practicable. We descend slowly until we finally find an old forest track that Bernard and Francis had spotted last year. Phew, the junction is done. Now we have to go up to the pass and down to Pradelle. The atmosphere has become heavy. We are soaked with sweat and fatigue is felt. But the first thunder will only be heard when you are on the road by car.


Serre de Beaupuy

Dimanche de Pentecôte. A huit heure et quart, je débouche du tunnel du col de Menée, côté Drôme. Il n’y a qu’un camping car installé sur le parking. Le chemin débute juste en face. Je pars en short, tee shirt et blouson. Cinq minutes plus tard, échauffé par ce premier raidillon, je suis nu. Passage à la croix au dessus du tunnel. Je rejoins le sentier tracé à mi pente dans l’alpage. L’herbe est mouillée de rosée, des fleurs parfois violettes ou blanches, surtout jaunes. Des masses nuageuses lèchent et débordent les crêtes. J’arrive au col de la Lauzette. J’avais l’intention de continuer tout droit en direction de la Tête de Praorzel, au dessus du vallon de Combeau, sachant qu’en ce week-end de trois jours, il risquait d’y avoir du monde dans le vallon. Mais pourquoi ne pas monter à gauche sur ce Serre de Beaupuy que je ne connais pas. Pas de chemin sur la carte, mais ça a l’air de pouvoir passer. Une vague trace pars à flanc, mais je préfère tirer tout droit. Ça monte un peu raide mais j’atteins vite le sommet. Je domine la route de Combeau et le parking au fond du vallon. Il a l’air déjà plein ! Le serre de Beaupuy est une sorte de plateau incliné. Je le traverse. L’autre extrémité surplombe le col de Côte Chèvre, les rochers de Combeau, le hameau de Bénevise puis en fond les falaises de l’extrémité sud du Vercors, du plateau de Tussac et du Glandasse. Demi tour. Je rejoins la Lauzette par la trace aperçue tout à l’heure. Je reviens doucement vers Menée. Un petit détour pour aller me poser pour le repas.Je me rhabille juste avant de descendre vers le parking qui est bien plein : des pique niqueurs au bord de la route, des cyclistes qui soufflent avant de repartir, des promeneurs. Pourtant moi je n’ai vu personne de toute la balade !


Pentecost Sunday. At eight and a quarter, I emerge from the tunnel of the Col de Menée, on the Drôme side. There is only one motor home installed in the car park. The path starts right across the road. I’m going in shorts, t-shirt and jacket. Five minutes later, warmed up by this first raidillon, I’m naked. Passage to the cross over the tunnel. I join the path traced halfway down the alp. The grass is wet with dew, flowers sometimes purple or white, especially yellow. Cloudy masses lick and overflow the ridges. I arrive at the Lauzette pass. I intended to continue straight on towards the Tête de Praorzel, above the valley of Combeau, knowing that on this three-day weekend, there might be people in the valley. But why not climb left on this Serre de Beaupuy that I don’t know. No path on the map, but it looks like it can pass. A vague trace goes sideways, but I prefer to go straight. It climbs a little steep but I quickly reach the top. I dominate the road of Combeau and the carpark at the bottom of the valley. It already looks full! The Beaupuy serre is a kind of inclined plateau. I’m going through it. The other end overlooks the Côte Chèvre pass, the rocks of Combeau, the hamlet of Bénevise then the cliffs of the southern end of the Vercors, the plateau of Tussac and the Glandasse. Turn around. I join the Lauzette by the trace seen earlier. I’m slowly returning to Menée. I get dressed just before going down towards the carpark which is very full: picnickers at the edge of the road, cyclists who blow before leaving, walkers. Yet I didn’t see anyone for the whole hike!