La Charmette – Vararey

La météo annonçait du beau temps, pourtant la couverture nuageuse est bien présente en vallée, mais les webcams des stations montrent que le ciel est dégagé en altitude.

Départ à pieds de Pomarey, puisque la route de la Charmette est coupée l’hiver. Je bifurque sur mon chemin habituel, passe l’ancien téléphérique et rejoint la piste forestière. J’hésite sur la suite de mon itinéraire. Je décide finalement de rester sur cette piste et de la suivre jusqu’au col de la Charmette. Ce sera une balade tranquille aujourd’hui !

Je suis toujours sous la couche nuageuse et il fait plutôt froid. Maillot et veste, sur-pantalon et gants. En arrivant à proximité du col, je remarque une ancienne trace de raquettes qui part dans la forêt. Par curiosité, je commence à la suivre. Elle grimpe à flanc de versant. Je finis par deviner qu’elle rejoint l’itinéraire qui relie la Charmette à Vararey. Je l’ai déjà emprunté, il y fort longtemps, en été et cherché en vain une fois en hiver. C’est donc une occasion de le découvrir en cette saison. C’est un parcours tourmenté, qui monte et descend sans arrêt, se faufile entre combes et barres rocheuses. Un itinéraire sauvage et peu fréquenté, dans une forêt laissée à l’état naturel. La trace s’estompe presque par moments, ne se laisse que deviner qu’à un léger tassement de la neige. Jusqu’au moment où elle disparaît complètement tout d’un coup. Sans doute effacée par la neige tombée des arbres. Tant pis, je continue au jugé, en essayant de garder l’orientation générale. Je suis passé au dessus des nuages, le ciel est bleu au dessus, mais étant sur des versants à l’ombre je reste bien habillé. Je navigue dans cet océan de neige, me glisse entre les buttes et les creux, avance lentement en cherchant les passages les plus accessibles. Le temps passe. Cela fait déjà deux heures que j’ai quitté la piste forestière. Je commence à me demander si je ne vais pas devoir faire demi tour et suivre mes propres traces pour sortir de cette forêt avant la nuit. Je m’accorde encore une demi heure de progression. Je décide de remonter le fond d’une combe en espérant ne pas buter sur un obstacle infranchissable au bout , une barre rocheuse… J’ai fait le bon choix. Je débouche soudain de la forêt, au pied d’une crête de neige que je reconnais. Ça y est, je sais où je suis ! Juste sous le col d’Hurtière. Je me pose dans ce vallon inondé de soleil, soulagé et affamé. Je quitte tout. C’est si bon de se détendre, de recevoir la douceur des rayons du soleil sur le corps. Je peux enfin manger mon sandwich. Puis je met tous les vêtements dans le sac et repart nu. Je rejoins et suis cette crête que je connais bien, mais que je rejoins habituellement par l’autre versant. Je domine la mer de nuages qui recouvre la vallée du Gresivaudan, d’où émergent les sommets de la Chartreuse au premier plan, ceux du Taillefer et de Belledonne au fond. Maintenant je peux m’autoriser à traîner. Puis je descend jusqu’à la prairie de Vararey. Au bout, je passe à l’ombre en entrant sous les arbres, je fais ma trace dans la neige profonde. Je reste nu jusqu’à approcher de la limite de la zone nuageuse, vers les 17 heures. Là le froid me rattrape. Vite je me rhabille pour finir la descente et arriver au parking à la tombée de la nuit. Finalement, ça n’a pas été la petite balade tranquille envisagée, mais tant mieux !

L’Oeillon

Depuis quelques années, j’ai pris l’habitude de monter jusqu’à l’Oeillon au mois de janvier, histoire de bien débuter l’année. En quelque sorte un pèlerinage hivernal qui se déroule soit en raquettes dans la poudreuse, soit les pieds au sec sur l’herbe quand la neige se fait désirer. Ce qui a été encore le cas cette dernière fois. L’endroit se prête bien à la randonnue. Il faut dire que le coin n’est pas trop fréquenté. La première partie jusqu’au Petit Sappey assez ingrate décourage sans doute pas mal de monde. Une fois atteint le plateau, l’ambiance est tout autre et permet de se faufiler à sa guise dans la forêt.
Ce samedi, le soleil était au rendez-vous, alors je suis monté jusqu’au monolithe en suivant à la lisière du bois la ligne de crête du versant ouest qui domine Mont Saint Martin. Au pied du rocher, je n’ai été dérangé momentanément que par trois grimpeurs se dirigeant vers les Rochers de Chalves. Malgré leur présence au dessus de moi dans une voie de la falaise, j’ai profité tranquillement d’une terrasse presque plate pour prendre un bain de soleil que j’ai fait durer longtemps, assis ou couché dans l’herbe jaunie et les feuilles mortes.


For a few years now, I have grown accustomed to climb up to L’Oeillon in January, a good start to the year. In some way a winter pilgrimage that takes place either in snowshoes in the powder or the feet dry on the grass when the snow is desired. This was still the case this last time. The place is well suited for hiking naked. It must be said that the area is not too busy. The first part until the Petit Sappey is rather ungrateful and discourages quite a few people. Once reached the plateau, the atmosphere is quite different and allows to sneak into the forest at will.
This Saturday, the sun was at the rendezvous, so I went up to the monolith following at the edge of the wood the ridge line of the western slope that dominates Mont Saint Martin. At the foot of the rock, I was temporarily disturbed only by three climbers heading for the Rocks of Chalves. Despite their presence above me in a climbing route of the cliff, I quietly took advantage of a terrace almost flat to take a sunbathing that I made to last long, sitting or lying in the yellowed grass and the leaves dead


Vararey

Voilà bien longtemps que je ne suis pas monté vers Vararey, mon coin préféré de Chartreuse. Ce mardi de congé, avec une météo assez favorable, l’occasion est à ne pas manquer. Inutile de prendre les raquettes, la neige est bien remontée en ce mois de décembre plutôt chaud.
Je commence tout de même avec trois couches de vêtements. La première tombe au bout d’un petit quart d’heure dans le premier raidillon, la seconde couche et le bas un peu plus haut. Je continue avec juste ma veste softshell que je finirai par quitter aussi dans la montée. A la prairie de Vararey, une trace de pas qui date sans doute du week end part sur la gauche et grimpe dans la forêt. Je la suis. Bizarrement, elle ne se dirige pas vers les Bannettes, mais oblique comme pour redescendre vers la vallée. En fait, elle mène à une cabane de chasseur, isolée là en pleine forêt. Une simple cabane, qui peut servir de refuge, sommaire mais avec un poêle à bois. Je vérifierai plus tard sur la carte, elle n’y est pas marquée.
Mais je suis sur le versant à l’ombre. Demi tour, je retraverse la prairie et monte de l’autre coté. Je retrouve ce grand arbre majestueux, qui a perdu deux de ses branches. Elles sont là couchées dans la pente, le bois blanchi par les intempéries. Je m’y arrête pour manger ; pour m’y reposer, allongé sur la branche comme sur un banc, totalement exposé au soleil, profitant du silence et de la solitude. Que le reste du monde est loin.
Puis je pousse en direction du col d’Hurtière, reviens vers la prairie par un autre chemin, musarde, quoi. La prairie est passée à l’ombre, la neige sur le sol se durcit, il va être temps de se rhabiller. Mais auparavant, une dernière série de photos dans l’enclot pour le fun.

La Scia

Si l’on pense départ de randonnue dans un coin tranquille et isolé, là c’est raté. Le rv est sur le parking d’une station de ski en plein week end. Des voitures garées des deux cotés de la route, des skieurs et des surfeurs caparaçonnés d’anoraks, de casques, de lourdes chaussures rigides. Pourtant, en s’écartant un peu, on va faire six heures de randonnue tout en restant à proximité du domaine skiable du Planolet, en Chartreuse.
On se retrouve à quatre pour cette sortie. Bruno, qui m’avait déjà montré une fois ce parcours il y a quelques années, Philippe et Patricia, avec qui j’ai déjà randonnué, notamment dans le Dévoluy, et moi même.
A quelques mètres de la foule, une piste forestière s’enfonce dans la forêt, déserte. Nous chaussons les raquettes et attaquons la balade. La première montée est courte mais raide. Au sommet, on entend encore les bruits des remontées mécaniques et les cris. On est bien échauffé, on peut se déshabiller, même si le soleil est encore absent.
Le parcours suit un sentier invisible sous la couche de neige. Bruno le repère avec l’aide de la trace GPS. Il s’élève en se faufilant entre les arbres et les barres rocheuses. La pente parfois abrupte est entrecoupée de replats plus doux. A mi hauteur, le soleil fait son apparition. Nous atteignons la crête de la Scia. Arrêt dégustation des spécialités locales apportées par Bruno. La suite du parcours est moins raide. On rejoint une arête étroite de mamelons de neige, puis une série de bosses et de creux. On arrive finalement juste en dessous de l’arrivée d’un téléski. Deux solutions : se rhabiller pour traverser ou contourner l’obstacle par un détour dans la forêt. Deuxième solution choisie à l’unanimité. On évite le coin, en passant à quelques dizaines de mètres en contrebas dans la neige profonde. On entend le bruit des perches qui tapent. On aperçoit même quelques skieurs qui arrivent, occupés à surveiller le bout de leurs skis. S’ils avaient regardé vraiment autour d’eux, ils n’auraient pu qu’apercevoir quatre randonneurs nus entre les arbres. Finalement on atteint notre but : la Croix de la Scia. Il n’y a personne, alors que la neige est striée de traces de skis. Quelle chance !
Demi tour. Le retour se fait par le même trajet. L’ombre nous rattrape par moments, la fraîcheur aussi. Nous arrivons à proximité de la station à l’heure de fermeture. Les parkings se vident rapidement. Il ne devrait plus y avoir grand monde, alors on continue jusqu’à la lisière de la forêt, tout près des bâtiments, pour ne se rhabiller qu’à la dernière extrémité.

La Servelle de Brette

Avec Bernard et Francis, nous partons du petit village d’Aucelon.

Passée la dernière ferme, le troupeau de vaches, le chemin monte entre les buis. Dès que nous sommes hors de vue des maisons, nous nous déshabillons. Il fait un temps splendide. Soleil, ciel bleu, pas de vent. Nous atteignons les premières plaques de neige. Nous suivons une piste forestière. Lorsqu’on commence à enfoncer, on chausse les raquettes. C’est une première pour Francis !

On passe devant une première bergerie. La piste continue, laisse sur le coté un captage, puis redescend légèrement pour sortir de la forêt sur le plateau de Champ Reynier. Une deuxième bergerie. Le sommet de Servelle de Brette est juste devant nous, complètement dégagé de la végétation. Il paraît tout proche, mais il se mérite. Il faut monter pas à pas dans les combes pentues qui l’entourent. Faire sa trace dans la neige lourde. Bernard tente une variante et croisera presque deux skieurs qui descendent. Enfin le sommet et une vue à 360° sur le Vercors, les 3 Becs, le Devoluy et même le Mont Ventoux au loin.

Trois randonneurs approchent par l’autre versant. Je redescend et retrouve mes compagnons arrêtés pour le repas. La descente dans la pente est nettement plus facile et plus rapide. Concours de course dans la neige profonde. Puis on retrouve le cheminement de montée. On ne se rhabille qu’à proximité du village. Sept heures de randonnée et six heures quarante cinq de nudité.

En rencontrant l’éleveur du troupeau de vaches, irlandaises et sans cornes, Bernard explique qu’on choisit les coins tranquilles car on fait de la randonnée naturiste. « C’est sûr qu’ici vous êtes tranquilles », dit comme si cette activité était tout à fait naturelle.

La montagne d’Aucelon

Je retrouve Bernard et Francis pour cette nouvelle sortie avec les Marcheurs Nus du Val de Roanne.
Quelques minutes de voiture depuis notre point de rendez-vous nous conduisent au bout de la route, au niveau de la dernière maison au dessus de Montlaur en Diois. Comme la matinée est déjà bien avancée, le soleil est déjà chaud. Je pars directement nu. Mes compagnons ne tarderont pas à m’imiter.

Première heure sur une large piste forestière, qui se transforme ensuite en chemin et en sentier. On trouve de la neige lorsqu’on atteint l’ombre de la falaise. Là le cheminement monte en lacet pour rejoindre le passage étroit dans la barrière rocheuse du Pas de la Pousterle et déboucher sur ce vaste plateau d’Aucelon au milieu d’une végétation de petits arbustes de buis.
On a monté les raquettes pour rien. La couche de neige dans les creux ne semble guère épaisse, les crêtes sont en herbe. Arrêt pour le casse-croûte. Le ciel est d’un bleu intense, sans nuage.
On décide de suivre la bordure de cette montagne d’Aucelon, qui domine la vallée de la Drôme, entre Pont de Quart et Luc en Diois. Au loin, Chatillon en Diois et le Glandasse, l’extrémité sud du Vercors, de l’autre coté, les sommets enneigés du Dévoluy apparaissent derrières des croupes boisés plus proches et plus basses. Bernard a amenés ses appareils photo stéréoscopiques pour prendre des vues en relief. Nous servons de premier plans.
On avance ainsi tranquillement. La crête déroule ses mamelons successifs devant nous, sur des kilomètres. Mais au bout d’un moment, il faut quand même envisager de faire demi tour. En passant devant une antenne désaffectée, je ne résiste pas à une petite grimpette, juste pour la photo !
Les rochers de la falaise sont maintenant illuminés différemment. La descente se fait dans l’ombre qui a envahit la forêt. Mais en mouvement je ne ressent pas la fraîcheur et je reste nu jusqu’à la voiture. Six heures de complète nudité pour un mois de février, c’est appréciable.

La Molière

Le week-end end a été pluvieux et ce lundi il fait un temps superbe. Voilà qui tombe bien puisque j’ai un jour de congé. J’hésite entre la Chartreuse et le Vercors. Ce sera ce dernier.
Parking à Engins. Dans la première partie, je rattrape un groupe de quatre personnes. Je m’arrête pour mettre les raquettes. Lorsqu’ils repassent devant moi, les entendant parler de Sornin, je décide de changer de direction. Je quitte cette piste principale pour un sentier qui monte raide vers la Molière.
Pas de trace de passage ici. Je me déshabille aussitôt. De temps à autre, une décharge de neige me tombe dessus depuis les branches, petits frissons. Je domine la vallée de l’Isère, sous une mer de nuages. J’arrive dans ce vaste espace dégagée sous la crête de la Molière, juste sous l’itinéraire de ski de fond. Je reste en lisière de forêt pour éviter d’être trop visible. J’aperçois quelques fondeurs sur la piste, mais je leur fais confiance pour ne regarder que l’avant de leurs spatules. Je tire comme ça, parallèlement à la piste un moment pour finalement, au détour d’une butte, me retrouver en plein sur le bord de piste. Heureusement, pas de skieur à proximité. Je m’éloigne vivement.
Je reconnais le début de l’itinéraire qui mène à Sornin. Je m’attends à trouver les traces du week-end end, car c’est un parcours assez fréquenté. Mais rien. Soit il n’y a eut personne, soit il a bien neigé la nuit dernière. Je le suis de mémoire, retrouvant de ça et là des marquages sur les arbres. La neige vierge et immaculée resplendit sous le soleil. Je profite à fond du moment. Mais finalement, je rate sans doute un passage et me retrouve sans repères. Je continue, zigzaguant entre les arbres, les creux et les bosses du terrain. Parfois, il me faut faire demi tour parce que débouchant sur une barrière rocheuse ou un ravin abrupt, plusieurs fois je m’enfonce jusqu’à la hanche dans des trous de neige. Il me faut même creuser pour me dégager une jambe et une raquette trop profondément ensevelies. Mais j’avance peu à peu, profitant des coins les plus plats, contournant les difficultés. Enfin j’aperçois devant moi le sommet de Sornin ; je me repère. J’ai bien dérivé vers le sud par rapport à l’itinéraire normal. J’ai traversé une zone qui ne doit guère être fréquentée, et même sans doute infréquentable en été. La neige m’a bien facilité le cheminement.
Avant de rejoindre la trace de Sornin, je me rhabille. Et juste après je retrouve les randonneurs de ce matin.

L’Oeillon

Trois voitures sont garées au départ du chemin. Je sais que je ne serai pas seul en ce dimanche ensoleillé. Parti en pantalon et polaire, je me retrouve vite en short et tee shirt. Je monte comme ça jusqu’à la cabane du Petit Sappey. Là je suis surpris de trouver la forêt sans neige. Je voyais bien que les pentes étaient dégagées, mais c’est la première fois qu’en hiver le plateau, bien abrité, à l’ombre et au nord est si dégagé. Dire que j’ai failli prendre les raquettes. Je quitte le short.
Je connais bien le coin et me faufile entre les arbres dans la pente en direction des rochers de Chalves. Juste avant de déboucher sur la crête en face de l’Oeillon, je renfile le short. J’ai bien fait. Il y a deux personnes en train de descendre dans les rochers et une autre qui surgit derrière les arbres. Discussion avec celle ci, puis je m’installe pour un rapide pique nique et la recherche d’une geocache toute proche. Les deux grimpeurs sont toujours au dessus de moi. Finalement, je me décale un peu sur une pelouse d’herbe sèche, un peu à l’abri derrière des arbres et je quitte tout pour profiter du soleil. Je remet juste mon short lorsqu’enfin ils passent à proximité, sans me regarder, et s’éloignent. J’ai maintenant le coin rien que pour moi.
Je profite de l’occasion pour tester une télécommande pour mon appareil photo qui me permet de m’éloigner. Je vais poser tout près du monolithe rocheux.
Au bout d’un moment, j’entreprends la descente en restant le long de la crête bien ensoleillée. En bas les vallées sont dans une brume bleutée. Il est quinze heure, la chaleur est si douce. Faut il vraiment quitter cet endroit enchanteur ? Je me pose sur une petite plate forme herbeuse accrochée au bord du ravin, parfaitement bien exposée. Je reste une heure là, allongé, assis ou debout, absorbant les rayons du soleil, observant la nature alentour. Je m’aperçois que des bourgeons apparaissent déjà sur quelques arbres. On n’est que mi janvier !

Saint Benoît en Diois

Nous ne sommes que deux, Bernard et moi, pour cette sortie des Marcheurs Nus du Val de Roanne en semaine.
Départ du petit village de Saint Benoît en Diois, encore à l’ombre matinale. En face les vignes sont déjà au soleil, mais bien en vue. Une sente à l’orée du bois. Quelques mètres et nous voilà en tenue.
Le parcours suit le flanc de la colline, passant au dessus de la ruine de Daraire, point de repère remarquable. On domine le cours de la Roanne et la route sur le versant opposé. Végétation de chênes tourmentés et de massifs de buis, quelques zones de pins. Mais en hiver, cette couverture végétale est bien légère et nous profitons largement du soleil, sauf dans un vallon à l’ombre où un léger brouillard est encore accroché. Nous arrivons au bout de la colline, le chemin descend bien à l’ombre vers le hameau de Roanne. Demi tour pour rester sur le versant ensoleillé. Et là, difficile de se dire que l’on est en plein hiver!
Nous prenons alors un sentier qui monte vers la crête. De la haut, on domine la vallée de la Drôme, avec le Vercors en fond et le hameau d’Aurel au premier plan. Après un casse croûte, on reprends l’exploration. Bientôt le sentier semble disparaître dans les fourrés. On continue quand même, « Tout dré dans le pentu ! » comme diraient les haut savoyards ! Je sors même le sécateur du sac. Mais finalement on retrouve des brides de sentes (passages de chasseurs?) et on atteint le sommet.
Autant poursuivre. Finalement on rejoint le sentier bien balisé au Pas de la Pousterle. Il ne nous reste plus qu’à redescendre et retrouver les vignes de Saint Benoît après cette boucle d’une dizaine de kilomètres.

Lorzier

Vendredi 13: jour de chance. En congé, je veux profiter du soleil toujours présent depuis des jours, et d’une inversion de température qui donne des températures relativement plus élevées en altitude qu’en fond de vallée.
Je me gare à la sortie de Pomarey. Le premier kilomètre sur la route est verglacé et glissant. Cette partie là est totalement à l’ombre. Je suis parti avec trois couches de vêtement. Je quitte les deux premières à mesure que je monte et que j’atteins une zone enfin quelque peu ensoleillée. Je croise deux personnes qui descendent et j’en rattrape deux qui montent. Je me met en short et maillot. Je les retrouve un peu plus haut, leur donne quelques indications sur les chemins et repart en avant. Dans le raidillon dans la forêt, je peux quitter le bas. Je quitterai le tee shirt en arrivant dans la prairie de Vararey bien ensoleillée.
Là, sur les pentes qui bordent la prairie, un troupeau d’une quinzaine de chamois s’éloigne tranquillement à mesure que je me rapproche.
Je grimpe sur la gauche, rejoins les croupes, passe le col d’Hurtière et monte sur les rochers de Lorzier. Je me pose pour casse-crouter. J’ai en face de moi un panorama presque complet des Alpes , depuis les Bauges en Savoie, en arière plan, le Mont Blanc, les chaines de Belledonne et des Grandes Rousses, les Ecrins, puis le Devoluy avec le plateau de Bure au dessus de Gap, enfin le Vercors et le Mont Aiguille.
Mais un petit vent frais m’oblige à enfiler une polaire. Ça ne va pas. Je descends alors en zigzaguant dans la pente, entre plaques de neige et touffes d’herbes, jusqu’au fond du vallon. Face au soleil qui se réverbère sur la neige, il fait vraiment chaud. Je me pose sur une partie en herbe au pied du sapin et m’allonge pour profiter du soleil. J’en suis presque à somnoler pour une sieste. Je reste là une bonne heure entre bronzage et roulades dans la neige.
Mais soudain, le soleil se cache derrière un banc de nuages. La température chute aussitôt. Vite se rhabiller et entamer la descente. Je n’arriverai au parking qu’à la tombée de la nuit.