Le Senepy depuis Mayres-Savel

Thierry, nouveau venu dans le groupe des randonneurs nus Dauphiné Savoie, a proposé une sortie au Senepy. Pourquoi pas ! Cela fait longtemps que je ne suis pas monté la haut. De plus, il suggère de partir de Mayres-Savel, coté sud. Là, pour le coup, je ne connais pas.
Le village n’est pas grand. On passe entre la mairie et l’église et c’est parti pour la grimpette. Il y a quand même quelques mille mètres de dénivellation. Au début, on cause un peu, histoire de faire connaissance, mais ensuite un sentier étroit oblige à se suivre, et puis le souffle se fait plus court. C’est que le sentier suit à peu prés exactement la crête. Ça monte raide tout le temps, sans vraiment de temps de repos. On sort de la forêt pour atteindre l’alpage sommital. On a avalé les mille mètres en moins de deux heures. Un vent frais nous accueil. Mais la vue vaut de rester quelque temps à admirer les paysages. D’un coté un panorama depuis la Chartreuse jusqu’aux Écrins en passant par le Taillefer et le Coiro, sur l’autre versant, la barrière du Vercors en fond et le lac de Monteynard à nos pieds. Dommage que la luminosité ne soit pas parfaite. Le ciel est quelque peu voilé et les lointains ne se détachent pas vraiment. Mais qu’importe. Nous sommes seuls sur ce sommet à profiter de cette vue grandiose. Pour descendre nous faisons une boucle en passant par le col du Senepy, déserté par les troupeaux et la petite cabane du serre du Chat Pendu, où nous nous arrêtons pour une halte casse-croûte.


Thierry, a newcomer in the group of naked hikers Dauphiné Savoie, proposed an outing to the Senepy. Why not?! It’s been a long time since I’ve been up there. In addition, he suggests leaving from Mayres-Savel, on the south side. I don’t know about this one.
The village is not big. We pass between the town hall and the church and let’s go for the climb. There is still a few thousand meters of difference in altitude. At first, we talk a little, just to get to know each other, but then a narrow path forces us to follow each other, and then the breath gets shorter. It is that the path follows approximately exactly the ridge. It goes up steep all the time, without really having any rest time. We leave the forest to reach the mountain pastures. We swallowed the thousand meters in less than two hours. A fresh wind welcomes us. But the view is worth staying for a while to admire the landscapes. On one side a panorama from the Chartreuse to the Écrins via Taillefer and Coiro, on the other side, the Vercors barrier at the background and the Monteynard lake at our feet. Too bad the brightness isn’t perfect. The sky is somewhat veiled and the faraway places are not really detached. But it doesn’t matter. We are alone on this summit to enjoy this magnificent view. To go down we make a loop through the Senepy pass, deserted by the herds and the small hut of the greenhouse of the Hanging Cat, where we stop for a snack break.


Monteynard

Retour à la plage de Savel en ce lundi de Pentecôte férié, je vais tester pour de vrai mon nouveau kayak, acheté d’occasion cet hiver. Kayak fermé à l’inverse de mon ancien Sit on Top. Donc embarquement et débarquement plus technique.

Le départ sur la plage de galets ne pose pas de problème, le kayak étant encore stabilisé par l’arrière. Un mouvement des reins et un appui sur les pagaie et ça vogue. Je m’éloigne un peu de la rive et déscratch mon maillot de bain bricolé. La surface de l’eau est calme, pas de vent. Je me dirige vers l’Ebron. A proximité de quelques autres embarcations je garde mes distances. Je passe sous la passerelle de l’Ebron puis sous le pont de Brion. J’enfile quelques méandres entre les hautes falaises de roches grises et débouche au bout du lac sur le torrent d’eau vive. Déjà ! Il est vrai que le niveau de l’eau est très bas, laissant un fort marnage de boue sur les bords. Je voudrais bien me poser à terre dans le coin, je longe et inspecte les rives, mais les bordures boueuses ne sont guère engageantes. Demi tour. A un moment, une plage de terre me parait plus accessible. Le sol craquelé me semble plus dur. Je débarque. Mais dès que j’avance, je m’enfonce jusqu’à mi mollet dans la boue. Pas l’endroit idéal pour un arrêt casse croûte.

Finalement, je trouve une crique de graviers, parsemée de troncs d’arbres cassés de l’autre coté de la passerelle. Je suis à l’abri des regards des randonneurs qui la traverse tout en les entendants distinctement. Je dois m’y prendre à deux reprises pour sortir du kayak. Il faut que je trouve l’enchaînement de gestes qui m’assure la stabilité du bateau pendant que je me déplace en me hissant vers l’arrière pour sortir mes jambes tendues sous le pont. Mais ça se fait. Assis sur un tronc, je déjeune tranquillement, lorsqu’un pêcheur apparaît de derrière la bordure de galets. Il reste là un moment puis disparaît. Un moment plus tard, je le vois partir en barque à moteur. Je me remet moi aussi en route. Direction Savel.

Mais avant de me poser sur la plage, il va bien falloir me rhabiller. Si ce maillot de bain a été facile à enlever, dans l’espace étroit du hiloire, il est impossible à remettre. Je suis donc contraint de trouver un endroit pour me poser sur la rive opposée à la plage, le temps d’enfiler ce maillot, avant de traverser vers le rivage qui s’est rempli de baigneurs et promeneurs.

 

Monteynard

Sortie dominicale.  Le ciel est assez voilé. Quelques pêcheurs sur la rive et en bateaux. Je m’éloigne et rapidement enlève mon maillot de bain. Je retourne une fois de plus dans ce bras du Drac si sauvage. Je ne croiserai que deux personnes en stand up paddle, ces planches où l’on se tient debout pour ramer.

Le niveau de l’eau est très bas, laissant un marnage d’une bonne dizaine de mètres. Je trouve un endroit pour aborder, une pente de limon épais et de galets parsemée des troncs enchevêtrés d’arbres abattus semble t-il par un effondrement de la rive. Par endroit j’enfonce jusqu’au mollet dans la boue. Sur le retour, je reçois quelques gouttes de pluie. Le ciel s’est bien couvert. Je me dis que ce temps aura peut être chasser les promeneurs et pêcheurs et que je pourrai débarquer sans avoir à m’habiller. Mais non, c’est l’après midi, et il  y a du monde qui traine sur le rivage. Je dois donc renfiler mon maillot avant de m’approcher.


 Sunday outing. The sky is fairly veiled. Some fishermen on the shore and in boats. I get away and quickly take off my swimsuit. I return once more in this arm of Drac so wild. I will only cross two people in stand up paddle, these boards where we stand to row.

The level of the water is very low, leaving a marl of a good ten meters. I find a place to approach, a slope of thick silt and pebbles dotted with trunks entangled with felled trees seems to be by a collapse of the shore. Somewhere I push down to the calf in the mud. On the way back, I get a few drops of rain. The sky was well covered. I say to myself that this time will be able to hunt the walkers and fishermen and that I can disembark without having to dress myself. But no, it’s the afternoon, and there are people hanging around on the shore. So I have to put on my swimsuit before I get close.


Monteynard

Vendredi de fin octobre. Pourquoi pas une (sans doute) dernière sortie en kayak.

Le ciel est pratiquement dégagé, nettoyé par les orages de la semaine. J’espère seulement qu’il n’y aura pas trop de vent et de houle. Arrivé sur place, c’est la bonne surprise, le niveau est bas, mais l’eau est calme. Je n’enfile même pas la néoprène, je pars en maillot de bain et tee shirt. Dés que j’ai passé les deux pêcheurs sur la plage et que je me suis quelque peu éloigné, je quitte tout. Quel plaisir.

Les rives sont désertes, personne d’autre sur l’eau. Je m’engage sous la passerelle du Drac, me glisse entre les falaises, longe les rochers ensoleillés. Je fais une halte en abordant la gravière de la pente de marnage. C’est un peu boueux! Puis retour en musardant, en naviguant au plus près des rives. Avant de retourner à Savel, je trouve un nouveau coin pour aborder, une plage de galets couverte de bois flottés. Je reste là une dizaine de minutes allongé au soleil.

En approchant de la plage de Savel avec ses pêcheurs et ses promeneurs, il me faut renfiler mon maillot. Dans l’opération, je perd l’équilibre, le kayak se renverse et je tombe à l’eau. Finalement, elle n’est pas si froide! Je retourne le bateau, grimpe dessus et repart. Lorsque je passe devant eux, les pêcheurs me regardent bizarrement. Est ce parce qu’ils m’ont vu tomber ou parce que je suis presque nu et eux bien couverts.

Monteynard

Une sortie solitaire en kayak au lac du Monteynard, improvisée au dernier moment. Trois heures sur l’eau ou à me détendre sur une plage de boue séchée (en fait, le fond du lac quand l’eau n’est pas si basse qu’en ce moment!). Un moment hors du temps sans apercevoir âme qui vive, à part quelques pêcheurs au départ et au retour sur la plage de Savel.

Fin juin. Pas grand monde à Savel. Un homme gonfle un kayak pneumatique. Il vient découvrir ce lac; je lui conseille les bras du Drac ou de l’Ebron, plutôt que la partie centrale. Moins de deux minutes après la mise à l’eau, j’ai déjà quitté mon maillot de bain. Je me dirige sous la passerelle du Drac, passe dessous et continue dans les méandres.
Une cascade se jette dans le lac, illuminée par le soleil, contrastant avec l’ombre de la berge. Je traine alentour, prenant des photos. Sur ces entrefaites, le kayakiste arrive. Il est vêtu de manches longues (pour se protéger du soleil?). Il voit forcément que je suis nu. On échange quelques paroles, puis on s’éloigne pour se retrouver un peu plus loin. On navigue à deux trois mètres de distance pour passer une zone de bois flottés. Puis chacun repart de son coté. Je m’arrête dans un coin quelque peu boueux mais ombragé pour manger un sandwich. Plus tard, je le retrouverai arrêté lui aussi sur le bord…et nu! C’est si naturel dans un tel environnement!

Sénépy

Ce vendredi, je pars de la petite station des Signaraux, près de La Mure. Quatre ou cinq voitures stationnent devant l’unique téléski arrêté par manque de neige. Après une dizaine de minutes sur une piste forestière verglacée, je débouche en vue de mon objectif: le Sénépy.
Le chemin continue en fond de vallon, marqué par des traces de raquettes plus ou moins vieilles. Je choisis plutôt de rejoindre la crête qui domine à gauche, en tirant droit dans la pente, zigzagant entre plaques de neige et touffes d’herbe. Avant d’attaquer la montée, je me suis déshabillé. Je suis bien plus à l’aise comme cela.
Derrière la crête, un vallonnement parsemé de traces de cheminements puis une seconde crête. Sans doute un bel alpage d’été. Pas de végétation hormis quelques pins rabougris, un paysage dégagé comme je les aime. Je me pose un moment dans un repli de terrain, histoire d’éviter de croiser deux randonneurs. A distance, les silhouettes d’un skieur et d’un marcheur. En tout, je verrai ainsi, de loin, une bonne dizaine de randonneurs à pieds, en raquettes ou en ski. C’est les vacances!
Je continue jusqu’au sommet du Serre de l’Horizon, passe près d’une grande antenne et arrive en vue du col du Sénépy. Là, je me rhabille, un short et un tee shirt. Un groupe de raquetteurs descend vers moi et j’aperçois deux silhouettes au sommet du Sénépy. Je croise le groupe. Ils sont en parkas et gants, mais me saluent en souriant «Alors, on a mis les jambes à l’air!»
Dans la montée, la neige durcie par les raquettes porte suffisamment, mais parfois la jambe s’enfonce jusqu’au mollet. Pour une fois que je n’ai pas emporté mes guêtres. Au sommet, il n’y a plus personne. Altitude 1769 mètres. Malgré un petit vent frais, je me déshabille de nouveaux, mais je ne traîne pas longtemps et j’entame la descente en coupant les virages. Là, je m’enfonce parfois bien profondément. Les passages à l’ombre sont carrément froids. Enfin, j’atteins le col et le soleil. Un arrêt casse croûte sur la pelouse d’herbe rase et je reprends mon chemin de retour par le même itinéraire. Je ne me rhabillerai qu’à proximité des pistes de la station après une balade de près de cinq heures dont trois heures nu.

Monteynard

Même un week end de 15 aout, alors que les plages sont bien peuplées, que la partie centrale du lac est envahie de planches et kites, il est si facile de se glisser sur l’eau et se retrouver en toute tranquillité seul dans les gorges du Drac!

Monteynard

Premier samedi d’avril. La météo annonce un week-end estival. Sortir le kayak, ça changera des randos raquettes dans la neige!
Rendez vous avec Philippe à la plage de Savel. Le lac est terriblement bas. À 10 à 15 mètres mètres en dessous de son niveau normal, laissant apparaître tout autour des bandes de roches et de cailloux gris jaunâtre. La plage est déserte, on peut donc embarquer nu.
Direction le bras de l’Ebron. Sous la passerelle, on assiste au spectacle d’un grimpeur harnaché sous la structure. Mais très vite, avant même le pont de Brion le lac se termine en laissant la place à un torrent.
Demi tour vers le bras principal du lac. Entre Herbelon et la plage de Sinard, quelques pêcheurs sont disséminés sur la rive. L’eau du lac est comme un miroir, seuls les sillages des kayaks forment des rides. On passe à proximité du bateau La Mira, ancré au milieu du lac. Ensuite les rives se resserrent entre des falaises rocheuses. Finalement, on arrive au coin que Philippe voulait me montrer. Cachée derrière une barre rocheuse, une cascade se jette dans le lac; on ne l’aperçoit que lorsqu’on passe à proximité. On se pose là pour manger.
Pendant ce temps le vent commence à se lever. C’est habituel au Monteynard. Mais maintenant, il faut revenir face au vent qui lève un clapotis. Le retour est sportif et nécessite quelques pauses repos pour se dégourdir les bras et vider l’eau qui embarque. Sur la plage de Savel, il y a maintenant quelques promeneurs. On remet les maillots au dernier moment, juste avant de débarquer.
Cinq heures cinquante de sortie dont cinq heures quarante huit nu! Et quelques coups de soleil en prime.

Train de La Mure

En lisant les comptes-rendus de Philippe sur ses randonnues le long des voies du petit train de La Mure, j’ai réalisé que ce parcours tout proche ne m’avait même pas effleuré l’esprit. Et pourtant, quel beau coin!
Depuis la fin du mois d’octobre, un gros effondrement de rochers bloque la voie de cette ligne de train touristique et empêche toute circulation ferroviaire. Sur la carte, je repère un sentier qui doit rejoindre la voie depuis le hameau des Loriats du village de Monteynard. Il fait un froid glacial avec un vent violent. J’ai trois couches de polaires; c’est mal parti pour une randonnue.
Lorsque j’ai passé le petit col et me retrouve sur le versant dominant le Drac, je suis immédiatement à l’abri du vent. Ça va déjà tout de suite mieux, même si le sol est encore tout givré. Je descends et me réchauffe en marchant. J’arrive au soleil. Là, c’est encore mieux et je peux enfin me déshabiller. Me voilà sur la voie.
D’un coté, l’entrée d’un tunnel. Je commence à m’aventurer dedans, mais ma lampe frontale faiblit. J’ai pris des piles de rechange…mais ce n’est pas le bon modèle. Je me résous à faire demi tour et à partir de l’autre coté. Je passe devant une ancienne maison (gare?) en ruine et continue jusqu’au prochain tunnel, barré celui là. D’après la carte, il me semble que c’est au bout de ce tunnel là qu’a eut lieu l’effondrement. Je reste donc sur ce tronçon de voie qui n’est sans doute pas le plus beau de la ligne, puis je remonte dans la foret et me rhabille en rejoignant le col et le vent.

Monteynard

Cette fois, je pars de la base de loisirs de Treffort, de l’autre coté du lac, bien plus importante et fréquentée. Je mets à l’eau entre baigneurs et pêcheurs. Je suis en maillot de bain, le gilet me servant de dossier. Je passe l’embarcadère du Mira, la plage du camping, le ponton du club de ski nautique et enfin m’éloigne de la foule et peut quitter le maillot. Je resterai nu durant les trois heures suivantes jusqu’à mon retour au même endroit, sans m’occuper des embarcations à moteur des skieurs ou des promeneurs qui viennent parfois virer tout prés de moi.
Je longe la berge au plus près, me glissant entre les branches des arbres. Le niveau du lac est tellement élevé qu’à certains endroits c’est tout un pan de forêt qui baigne dans l’eau. J’arrive à me faufiler entre les troncs. Drôle d’impression que de naviguer en plein bois.
Je continue dans la direction du barrage, visitant chaque petit recoin pour finalement trouver un coin pour aborder au pied d’une pyramide en aggloméré de terre et de pierres. En montant un peu dans la pente, je découvre un paysage comme un écrin de verdure: la végétation, l’eau verte du lac et les pentes du Senepy en face.
Le retour à la civilisation se fait en naviguant entre canots à moteur, dériveurs, planches à voile et kite surfs.

Dimanche de juin. Le niveau d’eau du lac est au maximum. Plus la moindre petit plage, les falaises d’ardoises tombent à pics dans le lac; les arbres et les buissons de fleurs ont les pieds dans l’eau; d’innombrables bouts de bois, feuilles mortes flottent sur les bords; des troncs d’arbres, tels des crocodiles guettent entre deux eaux. Sur les bords, des pêcheurs.
Un peu plus de trois heure de navigation. Cinq minutes avec le maillot pour m’éloigner de la base de loisir de Savel et autant pour y revenir. Je longe les rives du coté le plus sauvage et évite de m’approcher des barques de pêche. Je passe sous la passerelle de l’Ebron. Quelques promeneurs sont juste au dessus de moi, mais jouent à se faire peur et ne s’occupe guère de moi. Au delà du pont de Brion, il n’y a plus personne. Le paysage se resserre, le fil de l’eau serpente en courbes entre les falaises. Quelques cascades ruissellent. Des oiseaux, échassiers ou rapaces s’élancent et tournent entre les parois rocheuses.
Finalement , juste avant d’atteindre le point ou le lac se termine en eau vive du ruisseau de l’Ebron, je parviens à aborder sur un cône de roches d’ardoises friables. Histoire de me dégourdir les jambes.
Le retour est plus sportif. Le vent s’est levé, soulevant un petit clapot. Les vagues recouvrent les bords du kayak et j’ai vite les fesses et les pieds dans l’eau.