Quatrième séjour à Saint Julien en Beauchêne

Quatrième édition de cette semaine de raquettes nu à Saint Julien en Beauchêne. Nous sommes de six à huit, selon les journées. Jean Jacques et Chantal étaient déjà venus en 2015, Francis en 2016 et 217, Guillaume en 2017 aussi, Yolande découvre à la fois la région et le monde de la randonnue et Franck de Gap nous fait le plaisir de nous accompagner ou guider deux jours. Cette année la neige est bien présente sur les montagnes environnantes. Un peu trop même: certaines pentes, pourtant parcourues les années précédentes, semblent trop risquées à gravir. En étudiant les cartes, Bruno nous trouve tout de même de nouveaux itinéraires.

Dimanche. Direction le col de Cabre. A cent mètres du col, on peut déjà chausser les raquettes et pour certains se déshabiller. Le ciel est couvert. Le vent se fait sentir dès que l’on sort de la forêt. La neige est parfois bien profonde, recouvrant les petits sapins, décorant les branches des arbres. Un gros cairn marque le sommet du Banne à 1643 m d’altitude. Inutile de traîner dans une atmosphère polaire. Vite il faut chercher un chemin de descente enseveli sous la neige. Pas de chance, on prend un peu trop sur la droite et on se retrouve dans une pente raide qu’il faut négocier précautionneusement. Mais finalement ça passe, on rejoint les pistes forestières qui nous ramènent dans la bonne direction.

Lundi. Grand ciel bleu. On part d’un hameau de la Faurie. Une longue piste à peine enneigée nous conduit au col de Saint André. De là, c’est droit dans la pente en suivant le bord du ravin. Raide montée dans une neige de plus en plus présente. Les premiers creusent des marches et font la trace pour les suivants. Arrivé au Ranc de Chamoussière, le décor change. On sort de la forêt pour suivre les crêtes de la Longeagne par le Pré des Nonnes. Toute la neige a été soufflée par le vent, ne laissant qu’un petite croûte gelée. Quelques pins torturés nous offrent un abri pour le pique-nique. Puis on repart dans le vent jusqu’à redescendre un peu et à retrouver la forêt. Il y fait nettement meilleur.

Mardi. Départ de la Cluse. De là nous étions partis les années précédente pour le col de Plate Contier ou le cirque de Chazal. Cette fois nous nous dirigeons par un piste forestière bien enneigée vers le col des Gières, puis à travers un plateau vers le col des Manges et la ruine de la Plaine où nous nous arrêtons pour le repas. Nous repartons, mais l’itinéraire devient plus difficile avec de nombreux tas de neige qui bouchent le chemin. Yolande, Chantal et Jean Jacques préfèrent faire demi tour. Nous continuons à quatre. Effectivement, il nous faut surmonter une succession de difficultés: congères et trous sous les arbres, dévers glissants à négocier avec prudence, pente raide à traverser. Le ciel se couvre de plus en plus. Enfin le col d’Aune, à 1632 m, est atteint. Vite on bascule dans la forêt pour rejoindre les pistes forestières.

Mercredi. Pas de raquettes ni de neige. Journée presque de repos. On va visiter les gorges du Riou, en partant du petit village de Saint Genis, près de Montrond, au sud de Serres. Un chemin parfaitement aménagé, qui doit être très fréquenté en été, s’enfonce dans les gorges. Il rejoint la maison forestière de Jubeo. De là, on grimpe, raide, au sommet de Revuaire à 1299 m. Belle vue panoramique sur les environs. Casse-croûte, cueillette de brins de thym. On descend par un sentier qui rejoint le fond des gorges.

Jeudi. Franck est de retour et nous guide sur un de ses itinéraire familier, le tour de Charavaille par les cols de Souchière, de la Longeoire et de Berthaud depuis le village de Glaise. On se gare près d’une bergerie et un gros chien, espèce de patou, vient nous renifler. Il nous accompagnera tout au long de la balade, gambadant tout autour de nous, se roulant dans la neige, courant en avant. Les raquettes sont vite mises, la neige est épaisse mais légère. Quelques petites congères pimentent un parcours sans gros dénivelé mais finalement assez long. La dernière section sans neige nous permet de comprendre pourquoi ce charmant village s’appelle Glaise. Il y aura du nettoyage à faire en rentrant.

Vendredi. Depuis les abords du village de Montbrand, par le vallon de Piéma, une longue piste nous mène à un premier petit col, puis un sentier nous monte à un deuxième col juste sous le sommet de la montagne d’Aureille qui est vite atteinte, mais trop ventée pour y pique-niquer. On repasse le col, y ramassant au passage deux chaises laissées là à demeure par des chasseurs pour les porter un peu plus loin, dans un coin ensoleillé pour un casse-croûte très confortable.

Bilan de la semaine selon les données gps : 28h30 de marche, 75 km parcourus, et 3873 m de dénivelé.


Fourth edition of this week of naked snowshoeing in Saint Julien en Beauchêne. There are six to eight of us, depending on the day. Jean Jacques and Chantal had already come in 2015, Francis in 2016 and 217, Guillaume in 2017 too, Yolande is discovering both the region and the world of naked hiking and Franck de Gap is pleased to accompany us or guide us for two days. This year the snow is well present on the surrounding mountains. A little too much: some slopes, even though they have been climbed in previous years, seem too risky to climb. By studying the maps, Bruno still finds us new routes.

Sunday. Direction the Cabre pass. A hundred meters from the pass, one can already put on snowshoes and for some undress. The sky is overcast. The wind is felt as soon as you leave the forest. The snow is sometimes quite deep, covering the small fir trees, decorating the branches of the trees. A large cairn marks the summit of Banne at 1643 m altitude. No need to hang around in a polar atmosphere. Quickly it is necessary to seek a way of descent buried under the snow. No luck, we take a little too much on the right and we find ourselves in a steep slope that we must negotiate carefully. But finally it passes, we join the forest tracks which bring us back in the right direction.

Monday. Big blue sky. We start from a hamlet in the Faurie. A long track barely covered with snow leads us to the Col de Saint André. From there, it is straight down the slope following the edge of the ravine. Stiff climbing in a snow more and more present. The first dig steps and make the trace for the next. Arrived at the Ranc de Chamoussière, the scenery changes. We leave the forest to follow the ridges of Longeagne by the Pré des Nonnes. All the snow was blown by the wind, leaving only a small frozen crust. Some tortured pines offer us a shelter for the picnic. Then we go back into the wind until we go down a little and find the forest. It’s much better there.

Tuesday. Departure from La Cluse. From there we had left the previous years for the Col de Plate Contier or the Cirque de Chazal. This time we head along a snowy forest track to the Col des Gières, then across a plateau to the Col des Manges and the ruin of the Plaine where we stop for lunch. We leave again, but the route becomes more difficult with many piles of snow blocking the way. Yolande, Chantal and Jean Jacques prefer to turn around. We’re still four of us. Indeed, we must overcome a succession of difficulties: drifts and holes under trees, slippery slopes to negotiate with caution, steep slopes to cross. The sky is getting overcast more and more. Finally the Aune pass, at 1632 m, is reached. Quickly we rock in the forest to join the forest tracks.

Wednesday. No snowshoes or snow. Almost a day of rest. We will visit the Riou gorges, starting from the small village of Saint Genis, near Montrond, south of Serres. A perfectly laid out path, which must be very busy in summer, sinks into the gorges. He joins the forest house of Jubeo. From there, one climbs steeply to the top of Revuaire at 1299 m. Beautiful panoramic view over the surroundings. Snack, thyme sprig picking. We go down a path that reaches the bottom of the gorges.

Thursday. Franck is back and guides us on one of his familiar itineraries, the tour of Charavaille through the passes of Souchière, La Longeoire and Berthaud from the village of Glaise. We park near a sheepfold and a big dog, you patou, comes to sniff us. He will accompany us all along the walk, wandering all around us, rolling in the snow, running forward. Snowshoes are put quickly, the snow is thick but light. Some small drifts spice up a course with no big difference in altitude but finally quite long. The last section without snow allows us to understand why this charming village is called Glaise. There’ll be some cleaning to do on the way home.

Friday. From the outskirts of the village of Montbrand, through the valley of Piéma, a long track leads us to a first small pass, then a path climbs us to a second pass just under the top of the mountain of Aureille which is quickly reached, but too windy to picnic there. We walk over the pass, picking up two chairs left there by hunters to carry them a little further, in a sunny corner for a very comfortable snack.

Balance of the week according to gps data: 28h30 walk, 75 km covered, and 3873 m altitude difference.


Vararey

Je n’ai pas mis les pieds dans mon coin préféré de Chartreuse de tout l’hiver, mais en ce début de mois de mai, j’espère y trouver encore un peu de neige. Effectivement , dans un replat à l’ombre dans la forêt, je passe brutalement du sol recouvert de feuilles mortes à un tapis blanc vite assez épais. J’ai bien fait de prendre les guêtres. La prairie de Vararey est encore hivernale, alors que certaines années à cette époque c’est un tapis de verdure et de jonquilles.

Je passe à coté d’un grand sapin pour qui cet hiver a été fatal. Plus loin, un autre tronc avec ses branches déchiquetées tendues vers le ciel me sert de terrain de jeu.

Je profite à fond de cette neige inespérée!


I have not set foot in my favorite corner of Chartreuse all winter, but at the beginning of May I hope to find a little snow again. Indeed, in a shoulder in the shade in the forest, I pass brutally from the ground covered with dead leaves to a white carpet quickly thick enough. I did well to take the gaiters. The prairie of Vararey is still winter, while some years at that time it is a carpet of greenery and daffodils.

I pass by a large fir for which this winter was fatal. Farther, another trunk with its jagged branches stretched towards the sky serves as a playground for me.

I take full advantage of this unexpected snow!


Séjour à Saint Julien en Beauchêne

Retour au gîte des Étroits, près du village de Saint Julien en Beauchene pour une nouvelle semaine de raquettes nu et randonnue, toujours à l’initiative de Bruno.
Par rapport à l’année précédente, l’équipage a subi quelques modifications : Si Philippe de la Matheysine, Pierre de Millau, Bruno de Chartreuse, Dominique de Bordeaux, Guy du Var et Jacques Marie de Grenoble sont de nouveau là, c’est en compagnie cette fois de Francis de Normandie, Jac de Savoie et de Michel et Emmanuelle de Provence, avec une visite le premier jour de Franck de Gap. Rien que du beau monde ! Prêt a enchaîner les kilomètres en distance et en dénivelé, raquettes aux pieds ou sur le sac, sous le soleil ou dans le vent.
Avec sept randos au programme, ce fut une semaine bien remplie comme le montrent les données du gps :
Roc Aurian : 4h47 de balade pour 9,25 km et 598 m de dénivellation, pour la mise en jambe
Le col de Plate Contier : 5h26, 9,15 km et 816 m, coté Dévoluy du décor.
La Toussière : 6h28, 9,74 km et 890 m, glaciale en bas, resplendissante en haut.
Les gorges de la Méouge : 5h30, 13,28 km et 613 m, une escapade plus bas dans la région, hors de l’environnement de neige.
La montagne Durbonas : 7h30, 18,2 km et 1164 m, en partant directement à pieds du gîte.
Les Chabottes : 4h50 seulement , 13,94 km et 714 m (toujours selon le gps!), une petite sortie de récupération.
Chamousset : 5h28, 8,5 km et 922 m, pour terminer et fêter l’événement avec une bouteille de clairette au sommet.

Semaine de raquettes à Saint Julien en Beauchêne

Bruno, de Chartreuse, a été à l’initiative d’un rassemblement pour une semaine de randonnées en raquettes dans le Bochaine, entre Vercors et Devoluy. Il a même trouvé le lieu idéal pour un groupe de naturistes, un gîte de l’Onf, situé à quelques kilomètres du village de Saint Julien en Beauchêne, au creux d’un vallon, au bout d’une route forestière fermée à la circulation. Pas de voisins, la tranquillité assurée en pleine nature et la possibilité d’être nus à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment.
De ce repaire caché au fond des bois, chaque jour, du lundi au vendredi, ont eut lieu des randonnées en raquettes vers des sommets situés à proximité. Quelques kilomètres de trajets en voitures pour rejoindre les points de départ, puis six à sept heures et demi de balades. Nus dès que l’occasion se présentait, c’est à dire dès que le vent ne se faisait pas trop sentir. C’est que cette vallée du Buech est l’une des « sources » du mistral, qui peut souffler très fort, avec violence même, en altitude. Alors cela a nécessité des séances d’habillage et de déshabillage en fonction du relief : Chaudement vêtu sur les crêtes balayées par le vent, nus dans les vallons moins exposés. En fonction aussi des aptitudes de chacun à résister au froid.
Au programme de ces cinq jours : le Quigouret (1729m), le Rognon (1851m), le Luzet (1692m), le Jocou (2051m) et la Pointe Feuillette (1881). Avec toujours en toile de fond ce décor des sommets du Devoluy, de l’Obiou aux aiguilles du Roc et de la Tête de Garnesiet, en passant par le Grand Ferrand.

Semaine à Saint Julien en Beauchêne (suite)

Le groupe était composé de:(dans le désordre)Bruno de la Chartreuse savoyarde, Bernard de l’Oise, Jean Jacques et Chantal de l’Essonne, Dominique de Bordeaux, Guy du Var, Pierre de Millau, Chantal de l’Aveyron, Christian de Rouen, Patricia, Philippe et Jacques Marie de Grenoble ainsi qu’Alain venu du Nord Isère pour une journée.
Heureuse surprise. Le premier jour, alors que l’on finissait le pique nique à quelques dizaine de mètres sous le sommet, un randonneur est apparu sur la cime, habillé, puis alors que nous descendions, il nous a rejoint, nu. Il s’était rhabillé en nous entendant et nous a accompagné un moment avant de reprendre son itinéraire. Les deux seules autres rencontres ont été un couple de skieurs qui est parti en même temps que nous et s’est retrouvé de ce fait entouré de naturistes, mais ils avaient été prévenus et un groupe de trois skieurs croisés de loin.

 

La Charmette – Vararey

La météo annonçait du beau temps, pourtant la couverture nuageuse est bien présente en vallée, mais les webcams des stations montrent que le ciel est dégagé en altitude.

Départ à pieds de Pomarey, puisque la route de la Charmette est coupée l’hiver. Je bifurque sur mon chemin habituel, passe l’ancien téléphérique et rejoint la piste forestière. J’hésite sur la suite de mon itinéraire. Je décide finalement de rester sur cette piste et de la suivre jusqu’au col de la Charmette. Ce sera une balade tranquille aujourd’hui !

Je suis toujours sous la couche nuageuse et il fait plutôt froid. Maillot et veste, sur-pantalon et gants. En arrivant à proximité du col, je remarque une ancienne trace de raquettes qui part dans la forêt. Par curiosité, je commence à la suivre. Elle grimpe à flanc de versant. Je finis par deviner qu’elle rejoint l’itinéraire qui relie la Charmette à Vararey. Je l’ai déjà emprunté, il y fort longtemps, en été et cherché en vain une fois en hiver. C’est donc une occasion de le découvrir en cette saison. C’est un parcours tourmenté, qui monte et descend sans arrêt, se faufile entre combes et barres rocheuses. Un itinéraire sauvage et peu fréquenté, dans une forêt laissée à l’état naturel. La trace s’estompe presque par moments, ne se laisse que deviner qu’à un léger tassement de la neige. Jusqu’au moment où elle disparaît complètement tout d’un coup. Sans doute effacée par la neige tombée des arbres. Tant pis, je continue au jugé, en essayant de garder l’orientation générale. Je suis passé au dessus des nuages, le ciel est bleu au dessus, mais étant sur des versants à l’ombre je reste bien habillé. Je navigue dans cet océan de neige, me glisse entre les buttes et les creux, avance lentement en cherchant les passages les plus accessibles. Le temps passe. Cela fait déjà deux heures que j’ai quitté la piste forestière. Je commence à me demander si je ne vais pas devoir faire demi tour et suivre mes propres traces pour sortir de cette forêt avant la nuit. Je m’accorde encore une demi heure de progression. Je décide de remonter le fond d’une combe en espérant ne pas buter sur un obstacle infranchissable au bout , une barre rocheuse… J’ai fait le bon choix. Je débouche soudain de la forêt, au pied d’une crête de neige que je reconnais. Ça y est, je sais où je suis ! Juste sous le col d’Hurtière. Je me pose dans ce vallon inondé de soleil, soulagé et affamé. Je quitte tout. C’est si bon de se détendre, de recevoir la douceur des rayons du soleil sur le corps. Je peux enfin manger mon sandwich. Puis je met tous les vêtements dans le sac et repart nu. Je rejoins et suis cette crête que je connais bien, mais que je rejoins habituellement par l’autre versant. Je domine la mer de nuages qui recouvre la vallée du Gresivaudan, d’où émergent les sommets de la Chartreuse au premier plan, ceux du Taillefer et de Belledonne au fond. Maintenant je peux m’autoriser à traîner. Puis je descend jusqu’à la prairie de Vararey. Au bout, je passe à l’ombre en entrant sous les arbres, je fais ma trace dans la neige profonde. Je reste nu jusqu’à approcher de la limite de la zone nuageuse, vers les 17 heures. Là le froid me rattrape. Vite je me rhabille pour finir la descente et arriver au parking à la tombée de la nuit. Finalement, ça n’a pas été la petite balade tranquille envisagée, mais tant mieux !

Vararey

Voilà bien longtemps que je ne suis pas monté vers Vararey, mon coin préféré de Chartreuse. Ce mardi de congé, avec une météo assez favorable, l’occasion est à ne pas manquer. Inutile de prendre les raquettes, la neige est bien remontée en ce mois de décembre plutôt chaud.
Je commence tout de même avec trois couches de vêtements. La première tombe au bout d’un petit quart d’heure dans le premier raidillon, la seconde couche et le bas un peu plus haut. Je continue avec juste ma veste softshell que je finirai par quitter aussi dans la montée. A la prairie de Vararey, une trace de pas qui date sans doute du week end part sur la gauche et grimpe dans la forêt. Je la suis. Bizarrement, elle ne se dirige pas vers les Bannettes, mais oblique comme pour redescendre vers la vallée. En fait, elle mène à une cabane de chasseur, isolée là en pleine forêt. Une simple cabane, qui peut servir de refuge, sommaire mais avec un poêle à bois. Je vérifierai plus tard sur la carte, elle n’y est pas marquée.
Mais je suis sur le versant à l’ombre. Demi tour, je retraverse la prairie et monte de l’autre coté. Je retrouve ce grand arbre majestueux, qui a perdu deux de ses branches. Elles sont là couchées dans la pente, le bois blanchi par les intempéries. Je m’y arrête pour manger ; pour m’y reposer, allongé sur la branche comme sur un banc, totalement exposé au soleil, profitant du silence et de la solitude. Que le reste du monde est loin.
Puis je pousse en direction du col d’Hurtière, reviens vers la prairie par un autre chemin, musarde, quoi. La prairie est passée à l’ombre, la neige sur le sol se durcit, il va être temps de se rhabiller. Mais auparavant, une dernière série de photos dans l’enclot pour le fun.

Col de la Grande Vache

Vendredi de congé… il fait beau. Direction le col de la Charmette en Chartreuse. Encore faut il pouvoir y arriver. Des bûcherons ont tirés des troncs de sapins sur la route et les ébranchent. Plusieurs minutes d’attente avant qu’ils ne dégagent le passage. Un peu plus loin, des ouvriers refont le parapet, leur camion en travers. Nouvelle attente. Mais finalement, j’arrive au col. Une personne travaille à l’ancienne maison forestière. Sinon, il n’y a qu’une voiture sur le parking enneigé et gelé.

Je me met en route habillé : pantalon, gilet polaire et veste. Mais après quelques minutes , j’arrive au bas du raidillon du Pas de l’Âne. Il est exposé au soleil. Vite j’ai trop chaud et ne garde que la veste, largement ouverte par devant. Je la quitterai un peu plus loin. Il y a pas mal de traces de pas dans la neige, sans doute les passages de la veille. La neige est bien présente. Je me dis que je n’ai oublié qu’une seule chose : les guêtres. Le chemin sort de la forêt au pied du col de la Grande Vache en plein soleil. Au col, je suis surpris par le vent qui souffle. Au lieu de descendre vers le col de la Sure, je grimpe sur ma droite. Là, le vent a soufflé la neige. Il n’en reste guère que dans les creux. Je suis la ligne de crête herbeuse, jusqu’à dominer le col de la Petite Vache. Mais j’hésite à descendre. C’est assez raide, je ne sais pas s’il y a des barres rocheuses ou des trous cachés par la neige. Et personne ne sait que je suis par ici. Je préfère faire demi tour.

Sous le col de la Grande Vache, je me trouve un coin plus ou moins à l’abri, un peu au dessus du chemin. Pour l’instant je n’ai vu personne. Je m’installe pour un bain de soleil tout en casse-croûtant. Tiens, voilà une randonneuse solitaire qui descend, puis un couple qui monte et un moine en robe blanche descendant lui aussi. Je doute qu’aucun ne m’ait repéré, allongé nu entre les rochers et les sapins rabougris. Finalement, à rester immobile, le froid me rattrape. J’enfile un tee shirt et un gilet polaire et me remet en route. La forêt est maintenant bien à l’ombre. J’arrive au parking. Une dernière photo avant de me changer.

Sommet du Pinet

Denis, de Bourgogne est dans le coin pour le week-end. On hésite entre Belledonne et Chartreuse. Finalement, c’est Chartreuse qui emporte les suffrages. Trajet par le col de Porte, Saint Pierre de Chartreuse et Saint Pierre d’Entremont, pour arriver à la Plagne, hameau d’Entremont le Vieux.
Dès qu’hors de vue des maisons, on se déshabille. La montée est raide. Quelques traces de pas et de raquettes dans la neige. On débouche au col de l’Alpette où l’on chausse les raquettes. Contournement les bergeries ensevelies sous la neige. On suit le GR de la traversée de Chartreuse. Sortie de la forêt. Les alpages sous la neige, reliefs doux et arrondis. Arrêt pour manger un bout contre les murs d’une veille ruine. On entend des voix, mais personne en vue. On reprend sur ce plateau jusqu’au chalet de l’Alpe. De là, on bifurque vers les pentes qui bordent le plateau. C’est bien plus raide qu’il n’y paraissait au premier abord. Enfin au sommet, une deuxième ligne de crête se profile, mais plus douce à atteindre. De là, le sommet du Pinet, appelé aussi le Truc, est à portée de raquettes. Croix sommitale. Le hameau de la Plagne est là, juste en dessous, neuf cent mètres plus bas. En face les falaises qui domine l’Alpette. Au fond, dans l’atmosphère un peu brumeuse, on discerne le Mont Blanc et toute la chaîne de Belledonne. Pour descendre on suit des traces de raquettes qui nous ramènent aux bergeries de l’Alpette par un cheminement quelque peu tortueux, entre fond de vallon et barrière rocheuse. Puis descente vers la Plagne. Rhabillage rapide à mi-parcours pour éviter des gens qui monte. Ce sont les seuls personnes rencontrées au cours de ces cinq heures et demi de randonnue. Une belle balade qui, pour Denis, est comme un cadeau d’anniversaire.

Col Nodry – Côte Rouge

Dominique, de Bordeaux, est venu passer une semaine de randonnues autour de Grenoble. Je n’ai pu me joindre à lui pour ses premières sorties, mais j’ai tenu à me libérer le vendredi pour le rencontrer et lui montrer un de mes itinéraires. Comme il avait déjà tourné entre Vercors, Matheysine et Chartreuse, j’ai choisi de l’emmener vers d’autres paysages, dans le Beaumont. Nous sommes quatre, Patricia et Philippe, qui l’accompagnent depuis le début de son séjour, sont évidemment là. La météo annonce un changement de temps après ces derniers jours printaniers; pourtant c’est officiellement le premier jour du printemps.

Nous nous garons au col de l’Holme, entre Saint Michel en Beaumont et Sainte Luce. Nous partons bien habillé. Dans la forêt, à l’ombre mais a l’abri du vent et en montée, on a vite chaud. On se déshabille rapidement. On sort de la forêt pour passer une belle croupe de neige. Là, le vent se met à souffler avec force. Un vent du sud, certes, mais rafraîchissant. Dominique et Patricia choisissent l’option coupe-vent, Philippe et moi, l’option peau-nue.
On rejoint le col Nodry puis le sommet de Côte Rouge à 2015m d’altitude. Nous dominons le sanctuaire de Notre Dame de la Salette. De l’autre coté, l’Obiou et les sommets du Devoluy, puis au fond toute la barrière des falaises du Vercors. Beau paysage, mais on ne s’attarde pas ! On trouve un coin à l’abri dans un trou de neige au pied d’un arbre pour se poser et pique niquer. Après le repas, nous continuons par une bonne descente en courant dans la neige profonde. On enfonce parfois jusqu’aux genoux, mais qu’est ce que ça réchauffe !!! On passe à la bergerie du Clos de l’Alpe puis on rejoint notre itinéraire du matin par une longue traversée à flanc de pente. Nous retrouvons l’abri de la forêt pour terminer la balade. La petite route départementale semble si peu fréquentée, que l’on se permet de la traverser tranquillement pour rejoindre la voiture et enfiler des vêtements secs et chauds.