Plateau de Sornin

La ville est sous un épais manteau nuageux. Mais au-dessus, c’est grand soleil. D’Engins je rejoint le hameau de Sornin. La trace est bien faites par les randonneurs des jours précédents, je n’ai même as besoin de mettre les raquettes. Je suis habillé sur cet itinéraire qui peut être fréquenté. Je double juste trois personnes, dont deux que j’ai fréquenté professionnellement. Après le hameau, je quitte la trace et attaque la montée droit dans la pente, en me déshabillant. Je profite des larges plaques d’herbes de ce versant sud, mais au-delà, la neige devient profonde et je mets les raquettes pour continuer. Ce plateau, un alpage en été, est très peu fréquenté par les randonneurs. Il faut y grimper, et il n’y a rien d’autre à y faire qu’à redescendre de l’autre coté. Ou, bien sûr, à profiter de la solitude et du paysage. Je le traverse de long en large, tellement bien au soleil. Je remarque, à un moment, une ancienne trace de raquettes qui arrive de la forêt du coté nord. Je décide de la suivre. Là, les arbres sont encore bien couverts de neige, car à l’ombre. La trace me ramène, comme supposé, sur l’itinéraire qui relie Sornin à la Molière. Je retrouve mes repères et reviens tranquillement en passant à proximité d’une petite bergerie. Mais le soleil baisse sur l’horizon. Il va être temps de se rhabiller.


The city is under a thick cloudy mantle. But above it’s the sunshine. From Engins I join the hamlet of Sornin. The trail is well done by hikers of the previous days, I don’t even need to put on the snowshoes. I’m dressed on this itinerary that can be frequented. I’m just passing three people, two of whom I’ve dated professionally. After the hamlet, I leave the track and attack the right ascent in the slope, undressing myself. I take advantage of the large patches of grass on this southern slope, but beyond that, the snow becomes deep and I put on the snowshoes to continue. This plateau, a mountain pasture in summer, is very little frequented by hikers. You have to climb it, and there’s nothing else to do but go down to the other side. Or, of course, to enjoy the solitude and landscape. I cross it long and wide, so well in the sun. I notice, at one point, an ancient snowshoe trail coming from the forest on the north side. I decide to follow her. There, the trees are still well covered with snow, because in the shade. The trail takes me back, as if I were supposed to, on the route that links Sornin to La Molière. I find my bearings and come back quietly passing by a small sheepfold. But the sun is falling on the horizon. Time to get dressed again.


Séjour à Saint Julien en Beauchêne

Retour au gîte des Étroits, près du village de Saint Julien en Beauchene pour une nouvelle semaine de raquettes nu et randonnue, toujours à l’initiative de Bruno.
Par rapport à l’année précédente, l’équipage a subi quelques modifications : Si Philippe de la Matheysine, Pierre de Millau, Bruno de Chartreuse, Dominique de Bordeaux, Guy du Var et Jacques Marie de Grenoble sont de nouveau là, c’est en compagnie cette fois de Francis de Normandie, Jac de Savoie et de Michel et Emmanuelle de Provence, avec une visite le premier jour de Franck de Gap. Rien que du beau monde ! Prêt a enchaîner les kilomètres en distance et en dénivelé, raquettes aux pieds ou sur le sac, sous le soleil ou dans le vent.
Avec sept randos au programme, ce fut une semaine bien remplie comme le montrent les données du gps :
Roc Aurian : 4h47 de balade pour 9,25 km et 598 m de dénivellation, pour la mise en jambe
Le col de Plate Contier : 5h26, 9,15 km et 816 m, coté Dévoluy du décor.
La Toussière : 6h28, 9,74 km et 890 m, glaciale en bas, resplendissante en haut.
Les gorges de la Méouge : 5h30, 13,28 km et 613 m, une escapade plus bas dans la région, hors de l’environnement de neige.
La montagne Durbonas : 7h30, 18,2 km et 1164 m, en partant directement à pieds du gîte.
Les Chabottes : 4h50 seulement , 13,94 km et 714 m (toujours selon le gps!), une petite sortie de récupération.
Chamousset : 5h28, 8,5 km et 922 m, pour terminer et fêter l’événement avec une bouteille de clairette au sommet.

La Molière – Sornin

Départ du village d’Engins, dans le Vercors sur la piste forestière enneigée qui mène vers Sornin . Bien habillé au commencement, le temps de m’échauffer, puis en quittant la piste pour un sentier qui monte vers la Molière, je ne garde que mon blouson. Comme il n’a pas reneigé, les traces der derniers jours sont bien marquées. A un moment, j’entends des voix au dessus de moi. Je met mon short, ferme mon blouson et rattrape un couple de raquetteurs au moment où l’on sort sur le plateau. Ils partent vers la gauche, je tire sur la droite et rentre dans la forêt pour être hors de vue. Je quitte tout et fais ma trace ainsi en me faufilant entre les arbres ou en lisière de bois jusqu’au moment où je me rapproche de la piste de ski de fond. Je remet short et blouson. Une skieuse s’arrête : « Quel spectacle surprenant ! » – « Je préfère laisser mon corps respirer plutôt que transpirer ! » Quelques centaines de mètres le long de la piste puis je rejoins la trace qui part vers Sornin. Elle sinue dans la forêt, entre les sapins couverts de neige. Là, seul et tranquille, je peux à nouveau quitter le short. Arrivé au pied de Sornin, je quitte le chemin pour grimper dans la neige profonde jusqu’au sommet du plateau. Je connais bien le trajet, court mais raide. Du sommet j’ai une vue plongeante sur l’agglomération grenobloise. Mais le soleil finalement se voile et la température descend. Je me rhabille : sur-pantalon, polaire et gants pour rejoindre le chemin du retour.


Departure from the village of Engins, in the Vercors, on the snowy forest track that leads to Sornin. Well dressed at the beginning, the time to warm up, then leaving the track for a trail that goes up to the Molière, I only keep my jacket. As it has not snowed recently, the traces of the last days are well marked. At one point, I hear voices above me. I put my shorts, close my jacket and catch up with a couple of snowshoers as we go out on the plateau. They go to the left, I pull on the right and go back into the forest to be out of sight. I leave everything and make my mark thus by sneaking between the trees or on the edge of wood until I get closer to the cross-country ski run. I put on shorts and jacket. A skier stops: « What a surprising sight! – « I prefer to let my body breathe rather than sweat! » A few hundred meters along the run and then I join the track that goes towards Sornin. It winds in the forest, between the pines covered with snow. There, alone and quiet, I can again take off the shorts. Arrived at the foot of Sornin, I leave the way to climb in the deep snow to the top of the plateau. I know the route well, short but steep. From the summit I have a view overlooking the agglomeration of Grenoble. But the sun finally become hazy and the temperature goes down. I get dressed: over-pants, fleece and gloves to join the way back.


Semaine de raquettes à Saint Julien en Beauchêne

Bruno, de Chartreuse, a été à l’initiative d’un rassemblement pour une semaine de randonnées en raquettes dans le Bochaine, entre Vercors et Devoluy. Il a même trouvé le lieu idéal pour un groupe de naturistes, un gîte de l’Onf, situé à quelques kilomètres du village de Saint Julien en Beauchêne, au creux d’un vallon, au bout d’une route forestière fermée à la circulation. Pas de voisins, la tranquillité assurée en pleine nature et la possibilité d’être nus à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment.
De ce repaire caché au fond des bois, chaque jour, du lundi au vendredi, ont eut lieu des randonnées en raquettes vers des sommets situés à proximité. Quelques kilomètres de trajets en voitures pour rejoindre les points de départ, puis six à sept heures et demi de balades. Nus dès que l’occasion se présentait, c’est à dire dès que le vent ne se faisait pas trop sentir. C’est que cette vallée du Buech est l’une des « sources » du mistral, qui peut souffler très fort, avec violence même, en altitude. Alors cela a nécessité des séances d’habillage et de déshabillage en fonction du relief : Chaudement vêtu sur les crêtes balayées par le vent, nus dans les vallons moins exposés. En fonction aussi des aptitudes de chacun à résister au froid.
Au programme de ces cinq jours : le Quigouret (1729m), le Rognon (1851m), le Luzet (1692m), le Jocou (2051m) et la Pointe Feuillette (1881). Avec toujours en toile de fond ce décor des sommets du Devoluy, de l’Obiou aux aiguilles du Roc et de la Tête de Garnesiet, en passant par le Grand Ferrand.

Semaine à Saint Julien en Beauchêne (suite)

Le groupe était composé de:(dans le désordre)Bruno de la Chartreuse savoyarde, Bernard de l’Oise, Jean Jacques et Chantal de l’Essonne, Dominique de Bordeaux, Guy du Var, Pierre de Millau, Chantal de l’Aveyron, Christian de Rouen, Patricia, Philippe et Jacques Marie de Grenoble ainsi qu’Alain venu du Nord Isère pour une journée.
Heureuse surprise. Le premier jour, alors que l’on finissait le pique nique à quelques dizaine de mètres sous le sommet, un randonneur est apparu sur la cime, habillé, puis alors que nous descendions, il nous a rejoint, nu. Il s’était rhabillé en nous entendant et nous a accompagné un moment avant de reprendre son itinéraire. Les deux seules autres rencontres ont été un couple de skieurs qui est parti en même temps que nous et s’est retrouvé de ce fait entouré de naturistes, mais ils avaient été prévenus et un groupe de trois skieurs croisés de loin.

 

La Charmette – Vararey

La météo annonçait du beau temps, pourtant la couverture nuageuse est bien présente en vallée, mais les webcams des stations montrent que le ciel est dégagé en altitude.

Départ à pieds de Pomarey, puisque la route de la Charmette est coupée l’hiver. Je bifurque sur mon chemin habituel, passe l’ancien téléphérique et rejoint la piste forestière. J’hésite sur la suite de mon itinéraire. Je décide finalement de rester sur cette piste et de la suivre jusqu’au col de la Charmette. Ce sera une balade tranquille aujourd’hui !

Je suis toujours sous la couche nuageuse et il fait plutôt froid. Maillot et veste, sur-pantalon et gants. En arrivant à proximité du col, je remarque une ancienne trace de raquettes qui part dans la forêt. Par curiosité, je commence à la suivre. Elle grimpe à flanc de versant. Je finis par deviner qu’elle rejoint l’itinéraire qui relie la Charmette à Vararey. Je l’ai déjà emprunté, il y fort longtemps, en été et cherché en vain une fois en hiver. C’est donc une occasion de le découvrir en cette saison. C’est un parcours tourmenté, qui monte et descend sans arrêt, se faufile entre combes et barres rocheuses. Un itinéraire sauvage et peu fréquenté, dans une forêt laissée à l’état naturel. La trace s’estompe presque par moments, ne se laisse que deviner qu’à un léger tassement de la neige. Jusqu’au moment où elle disparaît complètement tout d’un coup. Sans doute effacée par la neige tombée des arbres. Tant pis, je continue au jugé, en essayant de garder l’orientation générale. Je suis passé au dessus des nuages, le ciel est bleu au dessus, mais étant sur des versants à l’ombre je reste bien habillé. Je navigue dans cet océan de neige, me glisse entre les buttes et les creux, avance lentement en cherchant les passages les plus accessibles. Le temps passe. Cela fait déjà deux heures que j’ai quitté la piste forestière. Je commence à me demander si je ne vais pas devoir faire demi tour et suivre mes propres traces pour sortir de cette forêt avant la nuit. Je m’accorde encore une demi heure de progression. Je décide de remonter le fond d’une combe en espérant ne pas buter sur un obstacle infranchissable au bout , une barre rocheuse… J’ai fait le bon choix. Je débouche soudain de la forêt, au pied d’une crête de neige que je reconnais. Ça y est, je sais où je suis ! Juste sous le col d’Hurtière. Je me pose dans ce vallon inondé de soleil, soulagé et affamé. Je quitte tout. C’est si bon de se détendre, de recevoir la douceur des rayons du soleil sur le corps. Je peux enfin manger mon sandwich. Puis je met tous les vêtements dans le sac et repart nu. Je rejoins et suis cette crête que je connais bien, mais que je rejoins habituellement par l’autre versant. Je domine la mer de nuages qui recouvre la vallée du Gresivaudan, d’où émergent les sommets de la Chartreuse au premier plan, ceux du Taillefer et de Belledonne au fond. Maintenant je peux m’autoriser à traîner. Puis je descend jusqu’à la prairie de Vararey. Au bout, je passe à l’ombre en entrant sous les arbres, je fais ma trace dans la neige profonde. Je reste nu jusqu’à approcher de la limite de la zone nuageuse, vers les 17 heures. Là le froid me rattrape. Vite je me rhabille pour finir la descente et arriver au parking à la tombée de la nuit. Finalement, ça n’a pas été la petite balade tranquille envisagée, mais tant mieux !

Sommet du Pinet

Denis, de Bourgogne est dans le coin pour le week-end. On hésite entre Belledonne et Chartreuse. Finalement, c’est Chartreuse qui emporte les suffrages. Trajet par le col de Porte, Saint Pierre de Chartreuse et Saint Pierre d’Entremont, pour arriver à la Plagne, hameau d’Entremont le Vieux.
Dès qu’hors de vue des maisons, on se déshabille. La montée est raide. Quelques traces de pas et de raquettes dans la neige. On débouche au col de l’Alpette où l’on chausse les raquettes. Contournement les bergeries ensevelies sous la neige. On suit le GR de la traversée de Chartreuse. Sortie de la forêt. Les alpages sous la neige, reliefs doux et arrondis. Arrêt pour manger un bout contre les murs d’une veille ruine. On entend des voix, mais personne en vue. On reprend sur ce plateau jusqu’au chalet de l’Alpe. De là, on bifurque vers les pentes qui bordent le plateau. C’est bien plus raide qu’il n’y paraissait au premier abord. Enfin au sommet, une deuxième ligne de crête se profile, mais plus douce à atteindre. De là, le sommet du Pinet, appelé aussi le Truc, est à portée de raquettes. Croix sommitale. Le hameau de la Plagne est là, juste en dessous, neuf cent mètres plus bas. En face les falaises qui domine l’Alpette. Au fond, dans l’atmosphère un peu brumeuse, on discerne le Mont Blanc et toute la chaîne de Belledonne. Pour descendre on suit des traces de raquettes qui nous ramènent aux bergeries de l’Alpette par un cheminement quelque peu tortueux, entre fond de vallon et barrière rocheuse. Puis descente vers la Plagne. Rhabillage rapide à mi-parcours pour éviter des gens qui monte. Ce sont les seuls personnes rencontrées au cours de ces cinq heures et demi de randonnue. Une belle balade qui, pour Denis, est comme un cadeau d’anniversaire.

La Scia

Si l’on pense départ de randonnue dans un coin tranquille et isolé, là c’est raté. Le rv est sur le parking d’une station de ski en plein week end. Des voitures garées des deux cotés de la route, des skieurs et des surfeurs caparaçonnés d’anoraks, de casques, de lourdes chaussures rigides. Pourtant, en s’écartant un peu, on va faire six heures de randonnue tout en restant à proximité du domaine skiable du Planolet, en Chartreuse.
On se retrouve à quatre pour cette sortie. Bruno, qui m’avait déjà montré une fois ce parcours il y a quelques années, Philippe et Patricia, avec qui j’ai déjà randonnué, notamment dans le Dévoluy, et moi même.
A quelques mètres de la foule, une piste forestière s’enfonce dans la forêt, déserte. Nous chaussons les raquettes et attaquons la balade. La première montée est courte mais raide. Au sommet, on entend encore les bruits des remontées mécaniques et les cris. On est bien échauffé, on peut se déshabiller, même si le soleil est encore absent.
Le parcours suit un sentier invisible sous la couche de neige. Bruno le repère avec l’aide de la trace GPS. Il s’élève en se faufilant entre les arbres et les barres rocheuses. La pente parfois abrupte est entrecoupée de replats plus doux. A mi hauteur, le soleil fait son apparition. Nous atteignons la crête de la Scia. Arrêt dégustation des spécialités locales apportées par Bruno. La suite du parcours est moins raide. On rejoint une arête étroite de mamelons de neige, puis une série de bosses et de creux. On arrive finalement juste en dessous de l’arrivée d’un téléski. Deux solutions : se rhabiller pour traverser ou contourner l’obstacle par un détour dans la forêt. Deuxième solution choisie à l’unanimité. On évite le coin, en passant à quelques dizaines de mètres en contrebas dans la neige profonde. On entend le bruit des perches qui tapent. On aperçoit même quelques skieurs qui arrivent, occupés à surveiller le bout de leurs skis. S’ils avaient regardé vraiment autour d’eux, ils n’auraient pu qu’apercevoir quatre randonneurs nus entre les arbres. Finalement on atteint notre but : la Croix de la Scia. Il n’y a personne, alors que la neige est striée de traces de skis. Quelle chance !
Demi tour. Le retour se fait par le même trajet. L’ombre nous rattrape par moments, la fraîcheur aussi. Nous arrivons à proximité de la station à l’heure de fermeture. Les parkings se vident rapidement. Il ne devrait plus y avoir grand monde, alors on continue jusqu’à la lisière de la forêt, tout près des bâtiments, pour ne se rhabiller qu’à la dernière extrémité.

La Servelle de Brette

Avec Bernard et Francis, nous partons du petit village d’Aucelon.

Passée la dernière ferme, le troupeau de vaches, le chemin monte entre les buis. Dès que nous sommes hors de vue des maisons, nous nous déshabillons. Il fait un temps splendide. Soleil, ciel bleu, pas de vent. Nous atteignons les premières plaques de neige. Nous suivons une piste forestière. Lorsqu’on commence à enfoncer, on chausse les raquettes. C’est une première pour Francis !

On passe devant une première bergerie. La piste continue, laisse sur le coté un captage, puis redescend légèrement pour sortir de la forêt sur le plateau de Champ Reynier. Une deuxième bergerie. Le sommet de Servelle de Brette est juste devant nous, complètement dégagé de la végétation. Il paraît tout proche, mais il se mérite. Il faut monter pas à pas dans les combes pentues qui l’entourent. Faire sa trace dans la neige lourde. Bernard tente une variante et croisera presque deux skieurs qui descendent. Enfin le sommet et une vue à 360° sur le Vercors, les 3 Becs, le Devoluy et même le Mont Ventoux au loin.

Trois randonneurs approchent par l’autre versant. Je redescend et retrouve mes compagnons arrêtés pour le repas. La descente dans la pente est nettement plus facile et plus rapide. Concours de course dans la neige profonde. Puis on retrouve le cheminement de montée. On ne se rhabille qu’à proximité du village. Sept heures de randonnée et six heures quarante cinq de nudité.

En rencontrant l’éleveur du troupeau de vaches, irlandaises et sans cornes, Bernard explique qu’on choisit les coins tranquilles car on fait de la randonnée naturiste. « C’est sûr qu’ici vous êtes tranquilles », dit comme si cette activité était tout à fait naturelle.

La Molière

Le week-end end a été pluvieux et ce lundi il fait un temps superbe. Voilà qui tombe bien puisque j’ai un jour de congé. J’hésite entre la Chartreuse et le Vercors. Ce sera ce dernier.
Parking à Engins. Dans la première partie, je rattrape un groupe de quatre personnes. Je m’arrête pour mettre les raquettes. Lorsqu’ils repassent devant moi, les entendant parler de Sornin, je décide de changer de direction. Je quitte cette piste principale pour un sentier qui monte raide vers la Molière.
Pas de trace de passage ici. Je me déshabille aussitôt. De temps à autre, une décharge de neige me tombe dessus depuis les branches, petits frissons. Je domine la vallée de l’Isère, sous une mer de nuages. J’arrive dans ce vaste espace dégagée sous la crête de la Molière, juste sous l’itinéraire de ski de fond. Je reste en lisière de forêt pour éviter d’être trop visible. J’aperçois quelques fondeurs sur la piste, mais je leur fais confiance pour ne regarder que l’avant de leurs spatules. Je tire comme ça, parallèlement à la piste un moment pour finalement, au détour d’une butte, me retrouver en plein sur le bord de piste. Heureusement, pas de skieur à proximité. Je m’éloigne vivement.
Je reconnais le début de l’itinéraire qui mène à Sornin. Je m’attends à trouver les traces du week-end end, car c’est un parcours assez fréquenté. Mais rien. Soit il n’y a eut personne, soit il a bien neigé la nuit dernière. Je le suis de mémoire, retrouvant de ça et là des marquages sur les arbres. La neige vierge et immaculée resplendit sous le soleil. Je profite à fond du moment. Mais finalement, je rate sans doute un passage et me retrouve sans repères. Je continue, zigzaguant entre les arbres, les creux et les bosses du terrain. Parfois, il me faut faire demi tour parce que débouchant sur une barrière rocheuse ou un ravin abrupt, plusieurs fois je m’enfonce jusqu’à la hanche dans des trous de neige. Il me faut même creuser pour me dégager une jambe et une raquette trop profondément ensevelies. Mais j’avance peu à peu, profitant des coins les plus plats, contournant les difficultés. Enfin j’aperçois devant moi le sommet de Sornin ; je me repère. J’ai bien dérivé vers le sud par rapport à l’itinéraire normal. J’ai traversé une zone qui ne doit guère être fréquentée, et même sans doute infréquentable en été. La neige m’a bien facilité le cheminement.
Avant de rejoindre la trace de Sornin, je me rhabille. Et juste après je retrouve les randonneurs de ce matin.