Plateau de Sornin

La ville est sous un épais manteau nuageux. Mais au-dessus, c’est grand soleil. D’Engins je rejoint le hameau de Sornin. La trace est bien faites par les randonneurs des jours précédents, je n’ai même as besoin de mettre les raquettes. Je suis habillé sur cet itinéraire qui peut être fréquenté. Je double juste trois personnes, dont deux que j’ai fréquenté professionnellement. Après le hameau, je quitte la trace et attaque la montée droit dans la pente, en me déshabillant. Je profite des larges plaques d’herbes de ce versant sud, mais au-delà, la neige devient profonde et je mets les raquettes pour continuer. Ce plateau, un alpage en été, est très peu fréquenté par les randonneurs. Il faut y grimper, et il n’y a rien d’autre à y faire qu’à redescendre de l’autre coté. Ou, bien sûr, à profiter de la solitude et du paysage. Je le traverse de long en large, tellement bien au soleil. Je remarque, à un moment, une ancienne trace de raquettes qui arrive de la forêt du coté nord. Je décide de la suivre. Là, les arbres sont encore bien couverts de neige, car à l’ombre. La trace me ramène, comme supposé, sur l’itinéraire qui relie Sornin à la Molière. Je retrouve mes repères et reviens tranquillement en passant à proximité d’une petite bergerie. Mais le soleil baisse sur l’horizon. Il va être temps de se rhabiller.


The city is under a thick cloudy mantle. But above it’s the sunshine. From Engins I join the hamlet of Sornin. The trail is well done by hikers of the previous days, I don’t even need to put on the snowshoes. I’m dressed on this itinerary that can be frequented. I’m just passing three people, two of whom I’ve dated professionally. After the hamlet, I leave the track and attack the right ascent in the slope, undressing myself. I take advantage of the large patches of grass on this southern slope, but beyond that, the snow becomes deep and I put on the snowshoes to continue. This plateau, a mountain pasture in summer, is very little frequented by hikers. You have to climb it, and there’s nothing else to do but go down to the other side. Or, of course, to enjoy the solitude and landscape. I cross it long and wide, so well in the sun. I notice, at one point, an ancient snowshoe trail coming from the forest on the north side. I decide to follow her. There, the trees are still well covered with snow, because in the shade. The trail takes me back, as if I were supposed to, on the route that links Sornin to La Molière. I find my bearings and come back quietly passing by a small sheepfold. But the sun is falling on the horizon. Time to get dressed again.


Vallon des Forges

Petite sortie d’après midi, décidée tardivement au cours du déjeuner. On se gare à 14 heures 30 passé au pied du tremplin de Saint Nizier du Moucherotte. Ma compagne n’est pas à l’aise avec ma nudité sur les chemins, surtout si près de la ville. Ce sera donc à priori une balade textile en short et tee shirt.

Le chemin commence à descendre puis remonte doucement en passant sous les Trois Pucelles. A un moment, je remarque sur mon gps qu’une geocache doit se trouver à quelques centaines de mètres en contrebas. Un étroit sentier semble y mener. Ma compagne décide de ne pas rajouter un détour et de continuer, quitte à moi à la rattraper.

Seul, je suis tout de suite nu. Je dévale le sentier, coupe à travers la forêt et trouve le site recherché, un large espace où sont à moitié enterrées de grandes cuves métalliques rouillées qui ont servi autrefois à faire du charbon de bois. J’ai trouvé le coin, il me reste à trouver la cache. Je tourne et retourne, rien ! Le temps passe. Il faut me résoudre à repartir bredouille. Je remonte en pressant le pas, soufflant de temps à autre, retrouve le chemin, accélère pour tenter de rejoindre ma compagne. Il y a quelques croisements de sentiers. J’espère seulement qu’on est bien tous les deux sur le même itinéraire ! Le chemin plus ou moins horizontal laisse la place à une montée bien raide en lacets dans la forêt puis débouche sur un pierrier en contrebas d’une ligne de falaises. Je m’arrête un moment pour prendre des photos de l’agglomération grenobloise qui s’étend en contrebas. Le sentier sinue dans le pierrier avant de buter sur la falaise et de se glisser dans une combe qui mène à la grande piste qui descend du Moucherotte vers Saint Nizier. Ma compagne est là qui m’attend. Il est temps pour moi de me rhabiller.


Small afternoon outing, decided late during lunch. We park at 2:30 p. m. at the foot of the springboard of Saint Nizier du Moucherotte. My girlfriend is not comfortable with my nakedness on the roads, especially so close to the city. So it will be a textile walk in shorts and T-shirt.

The path starts to go down and then slowly climbs upwards passing under the Trois Pucelles. At one point, I notice on my GPS that a geocache must be a few hundred meters below. A narrow path seems to lead there. My girlfriend decides not to add a detour and to continue, even if it means me catching up with her.

Alone, I’m naked right now. I ramble down the path, cut through the forest and find the desired site, a large space where are half buried large rusty metal tanks that were once used to make charcoal. I’ve found the corner, so I have to find the cache. I’m turning and turning, nothing! Time flies. You have to make me decide to go home empty-handed. I go back up again, pressing the pace, blowing from time to time, finding the way back, accelerating to try to reach my partner. There are a few crossings of trails. I just hope we’re both on the same route! The more or less horizontal path gives way to a steep climb in the forest and then leads to a scree below a line of cliffs. I stop for a moment to take pictures of the Grenoble conurbation which stretches below. The path sinks in the stone before hitting the cliff and slipping into a ridge that leads to the big trail that descends from Le Moucherotte to Saint Nizier. My partner’s here waiting for me. It’s time for me to get dressed again.


Rocher de Séguret

Covoiturage avec Bruno et Guillaume de Grenoble au col des Deux, près de Gresse en Vercors, où nous retrouvons Jean, en vacances dans le coin. 100 mètres sur la route, autant pour s’éloigner des maisons et nous sommes nus. On le restera jusqu’au même endroit au retour 5 heures et demi plus tard. La première partie est une belle montée en forêt, à l’ombre. On est parti tôt, avant 8 heures, mais la chaleur est déjà bien présente. Puis une croupe herbeuse avant d’attaquer le pierrier, au bas des falaises de cette barrière est du Vercors. Le sentier monte en lacet en ce rétrécissant entre les murs de roches. Quelques bouquetins s’éloignent quelque peu à notre approche, juste ce qu’il faut pour nous laisser le passage, en grimpant sur les blocs de pierre. Le pas de Berrièves est atteint en deux heures. Sur l’autre versant, on découvre les hauts plateaux à perte de vue. Encore un effort et on atteint le sommet du Rocher de Séguret, 2057 mètres. Il est encore tôt, mais autant pique niquer ici. Deux silhouettes sur le sommet de Roche Rousse. Puis ils entame la descente et les voilà bientôt qui apparaissent à coté de nous. Notre tenue, « on s’en fout ». Ce sont deux jeunes qui font la traversé vers Corrençon, en bivouaquant. On échange un peu sur le parcours, puis ils repartent. Pour nous, c’est plus tranquille, une courte sieste puis on attaque la descente par le même itinéraire.


Carpooling with Bruno and Guillaume from Grenoble to the Col des Deux, near Gresse en Vercors, where we find Jean, on holiday in the area. 100 meters on the road, as much to get away from the houses and we are naked. We will remain until the same place on the way back 5 hours and a half later. The first part is a beautiful climb in the forest, in the shade. We left early, before 8 am, but the heat is already there. Then a grassy hilltop before attacking the scree, at the bottom of the cliffs of this eastern barrier of the Vercors. The path ascends in zigzags, narrowing between the walls of rocks. A few ibexes move away somewhat at our approach, just what it takes to let us pass, climbing over the blocks of stone. The pass of Berrièves is reached in two hours. On the other side, you can see the high plateaus as far as the eye can see. Another effort and reached the summit of the Rock of Séguret, 2057 meters. It is still early, but as much picnic here. Two silhouettes on the summit of Roche Rousse. Then they start the descent and soon they appear next to us. Our outfit, « we do not care ». They are two young people who make the crossing to Corrençon, bivouacking. We exchange a bit on the course, then they leave. For us, it is more quiet, a short nap then we attack the descent by the same route.


Le Goutaroux

Je n’arrive pas à dormir, alors levé à 4h30, parti à 5h et garé dans le hameau de Trézanne à 6h. Il fait encore nuit, mais je sens que ça ne va pas durer. Je prend la direction du col de Papavet. En chemin la clarté se fait. Au col, je bascule sur le versant qui domine le village de Saint Michel les Portes. Le sentier monte en lacets réguliers dans la forêt. Au loin, à travers les branchages, je voit rougeoyer le ciel au dessus des sommets de l’Oisans. Vite. Je débouche enfin au dessus de la forêt, sur la crête herbeuse qui mène a l’Aubeyron. J’ai juste le temps de poser mon sac, de sortir l’appareil et la barrière est du Vercors, le Grand Veymont et le mont Aiguille s’illuminent d’un rose orangé. Trois minutes. Puis la lumière semble s’éteindre. J’ai eu de la chance, mon timing était le bon !
J’en profite pour atteindre ce petit sommet, puis je continue jusqu’au rocher du Goutaroux. Un chamois s’éloigne tranquillement à mon approche. Le sol est bien sec, le petit ressaut rocheux se passe sans problème. Mais je ne traîne pas, le vent se fait sentir. Demi tour et retour à Trézanne, puis à Grenoble en fin de matinée. Je ferai une petite sieste dans l’après midi.


I can’t sleep, then woke up at 4:30 am, left at 5 am and parked in the hamlet of Trézanne at 6 am. It’s still dark, but I feel it will not last. I head for the Papavet pass. Along the way, clarity is achieved. At the pass, I climb the slope that dominates the village of Saint Michel les Portes. The path goes up in regular laces in the forest. In the distance, through the branches, I see the sky glowing above the summits of the Oisans. Quick. At last I emerge above the forest, on the grassy ridge that leads to the Aubeyron. I just have time to put my bag down, take out the camera and the eastern barrier of the Vercors, the Great Veymont and Mount Aiguille are lit up with an orange pink. Three minutes. Then the light seems to go out. I was lucky, my timing was good!
I take this opportunity to reach this small summit, then I continue to the rock of Goutaroux. A chamois moved calmly away at my approach. The soil is very dry, the little rocky jump is climbed without problem. But I do not dawdle, the wind is felt. Half turn and return to Trézanne, then to Grenoble in the late morning. I’ll take a nap in the afternoon.


Plateau d’Ambel

J’arrive au point de rendez vous, le col de la Bataille, avec une heure d’avance. J’en profite pour chercher une geocache dans le coin. En revenant, je m’aperçois que pendant ce temps cinq voitures se sont garées au départ du chemin. Je vois partir deux randonneurs, trois se préparent, d’autres sont déjà partis. On ne sera pas seuls aujourd’hui. Pourtant un jour de semaine de fin septembre !
Gilbert arrive, on peut se mettre en route à notre tour. La première partie, une piste pratiquement plate, est encore à l’ombre et bien fraîche, température autour de 12° seulement. Il faut attendre d’atteindre la croix d’Ambel pour trouver le soleil…et le vent ! On a déjà croisé un berger ; devant nous, au loin, une dizaine de personnes nous précèdent. Et soudain apparaissent juste derrière nous un groupe d’une vingtaine de randonneurs. Il nous faut enfiler nos shorts. On les double en montant à la Tête de la Dame, puis on prend un peu d’avance pour être tranquille. Le chemin longe le plateau d’Ambel, territoire des troupeaux de vaches. De l’autre côté, on domine les vallées d’Omblèze et de Quint.
Notre objectif est de trouver le scialet des Quatre Gorges, découvert en images sur internet. (Scialet est un terme dialectal désignant les gouffres dans les massifs préalpins de Savoie de l’Isère et de la Drôme) C’est assez facile, il est au bord du chemin, entouré de barbelés pour empêcher les vaches de tomber dedans. Quatre trous donnent sur la cavité. On rentre dedans par le plus accessible d’entre eux. A l’intérieur, le sol est un amas de cailloux instables, le plafond, une voute en forme de cloche percée par ces ouvertures qui laissent rentrer les rayons du soleil, formant des tâches de lumières dans la semi obscurité du gouffre. C’est assez magique ! La séance photo débute, interrompue par tout le groupe de randonneurs qui débarque. On patiente jusqu’à ce qu’ils s’en aillent pour retrouver le calme .
On rejoint ensuite la ferme d’Ambel, où des classes de scolaires écoutent les explications des gardes du parc. On passe rapidement, en shorts, pour chercher une geocache à proximité, puis comme il est encore tôt, on décide de monter au Roc de Toulau, la chaîne de sommets qui domine le plateau d’Ambel. La montée est rude mais en récompense la vue panoramique y est grandiose, jusqu’au Mont Blanc au loin, à la vallée du Rhône et aux monts d’Ardèche du coté opposé. Dans le vent, on se promène au bord des falaises, pour le plaisir de rester ainsi seuls dans la montagne.


I arrived at the rendezvous point, the Col de la Bataille, an hour in advance. I take the opportunity to look for a geocache around. On returning, I realize that during this time five cars parked at the start of the road. I see two hikers leave, three are preparing, others are already gone. We will not be alone today. Yet a weekday in late September!
Gilbert arrives, we can set out on our turn. The first part, a practically flat track, is still in the shade and very cool, temperature around 12 ° only. We must wait reaching the cross of Ambel to find the sun … and the wind! We have already met a shepherd; before us, in the distance, a dozen people preceded us. And suddenly a group of about twenty hikers appear behind us. We need to put on our shorts. We double them up to the Head of the Lady, then we take a little ahead to be quiet. The path follows the plateau of Ambel, territory of the herds of cows. On the other side, one dominates the valleys of Omblèze and Quint.
Our goal is to find the Four Gorges scialet, discovered in images on the internet. (Scialet is a dialectal term designating the abysses in the prealpine massifs of Savoie, of the Isère and the Drôme) It is quite easy, it is at the edge of the road, surrounded by barbed wire to prevent the cows from falling into it. Four holes overlook the cavity. We get in through the most accessible of them. Inside, the floor is a heap of unstable pebbles, the ceiling, a bell-shaped vault pierced by these openings that allow the sun’s rays to return, forming tasks of light in the semi-darkness of the abyss. It’s pretty magical! The photo session begins, interrupted by all the group of hikers who land. We wait until they leave to recover the calm.
We then join the farm of Ambel, where classes of schoolchildren listen to the explanations of the guards of the park. We pass quickly, in shorts, to look for a geocache nearby, then as it is still early, we decide to climb to the Roc de Toulau, the chain of peaks that dominates the plateau of Ambel. The climb is rough but as a reward the panoramic view is magnificent, up to the Mont Blanc in the distance, to the valley of the Rhone and the mounts of Ardeche on the opposite side. In the wind, we walk along the cliffs, for the pleasure of staying alone in the mountains.


La Molière – Sornin

Départ du village d’Engins, dans le Vercors sur la piste forestière enneigée qui mène vers Sornin . Bien habillé au commencement, le temps de m’échauffer, puis en quittant la piste pour un sentier qui monte vers la Molière, je ne garde que mon blouson. Comme il n’a pas reneigé, les traces der derniers jours sont bien marquées. A un moment, j’entends des voix au dessus de moi. Je met mon short, ferme mon blouson et rattrape un couple de raquetteurs au moment où l’on sort sur le plateau. Ils partent vers la gauche, je tire sur la droite et rentre dans la forêt pour être hors de vue. Je quitte tout et fais ma trace ainsi en me faufilant entre les arbres ou en lisière de bois jusqu’au moment où je me rapproche de la piste de ski de fond. Je remet short et blouson. Une skieuse s’arrête : « Quel spectacle surprenant ! » – « Je préfère laisser mon corps respirer plutôt que transpirer ! » Quelques centaines de mètres le long de la piste puis je rejoins la trace qui part vers Sornin. Elle sinue dans la forêt, entre les sapins couverts de neige. Là, seul et tranquille, je peux à nouveau quitter le short. Arrivé au pied de Sornin, je quitte le chemin pour grimper dans la neige profonde jusqu’au sommet du plateau. Je connais bien le trajet, court mais raide. Du sommet j’ai une vue plongeante sur l’agglomération grenobloise. Mais le soleil finalement se voile et la température descend. Je me rhabille : sur-pantalon, polaire et gants pour rejoindre le chemin du retour.


Departure from the village of Engins, in the Vercors, on the snowy forest track that leads to Sornin. Well dressed at the beginning, the time to warm up, then leaving the track for a trail that goes up to the Molière, I only keep my jacket. As it has not snowed recently, the traces of the last days are well marked. At one point, I hear voices above me. I put my shorts, close my jacket and catch up with a couple of snowshoers as we go out on the plateau. They go to the left, I pull on the right and go back into the forest to be out of sight. I leave everything and make my mark thus by sneaking between the trees or on the edge of wood until I get closer to the cross-country ski run. I put on shorts and jacket. A skier stops: « What a surprising sight! – « I prefer to let my body breathe rather than sweat! » A few hundred meters along the run and then I join the track that goes towards Sornin. It winds in the forest, between the pines covered with snow. There, alone and quiet, I can again take off the shorts. Arrived at the foot of Sornin, I leave the way to climb in the deep snow to the top of the plateau. I know the route well, short but steep. From the summit I have a view overlooking the agglomeration of Grenoble. But the sun finally become hazy and the temperature goes down. I get dressed: over-pants, fleece and gloves to join the way back.


Plaine de la Queyrie

En ce jour férié du 8 mai, je suis libre pour accompagner Dominique, Patricia et Philippe pour une sortie sur le Vercors.

On se gare au dessus de Saint Michel les Portes, à l’entrée de la réserve naturelle des hauts plateaux. C’est le parking du parc d’accrobranche, de là partent aussi les itinéraires vers la face nord du Mont Aiguille et vers le pas des Bachassons, notre destination. Il y a déjà trois voitures. On reste en short les dix premières minutes, jusqu’à l’entrée du parc aventure, pour s’apercevoir qu’il est encore fermé à cette heure là. Aussitôt les shorts tombent et un randonneur apparaît. Tant pis.

Le sentier rentre dans la forêt, traverse les lits de deux torrents, puis s’élève en lacets. Les arbres sont du vert tendre des jeunes feuilles. A cette altitude, le printemps ne fait que commencer. Puis le chemin sort du couvert végétal, pour l’environnement minéral du pierrier et des falaises qui le dominent.  Celles de l’Aiguille du Petit Veymont au premier plan, celles du Grand Veymont, derrière.On a vu à l’avance quelqu’un descendre vers nous et on a eut le temps d’enfiler un short. Il nous confirme qu’il reste de la neige plus haut, mais qu’elle n’est pas trop épaisse. On y arrive rapidement. D’abord de larges plaques de névés, puis le fond du vallon est entièrement enneigé. La pente se fait plus raide. Le soleil réfléchit sur la neige chauffe bien. Près du sommet, on s’arrête quelques minutes pour se reposer. Deux randonneurs nous dépassent, répondant brièvement à notre salut. On arrive enfin au pas des Bachassons, à 1613 mètres. Une nouvelle silhouette apparaît. Casquette blanche, l’air bien peu habillé. C’est Bruno qui nous rejoint. Il a mis la moitié de notre temps pour boucler l’ascension.

La plaine de la Queyrie est à nos pieds. La prairie est parsemée de larges taches de blanc dans les creux. On y descends tranquillement, croisant encore un randonneur isolé. On passe près de l’arbre taillé, point remarquable de ces lieux. Tout alentours, des marmottes s’éloignent en courant à notre approche. Nous voilà enfin aux carrières romaines. Les restes des blocs de roches découpés de la montagne, une colonne cassée, les plans de coupes lisses. Toutes les traces de cette activité de l’époque gallo romaine sont encore bien visibles. Les lourdes pierres étaient ensuite descendues dans la vallée de Die pour la construction des bâtiments. Un véritable travail de romains ! Arrêt pique nique, geocaching et sieste dans cet environnement à la fois bucolique et historique.

Puis le retour. La remontée vers le Pas et la descente. Un dernier arrêt dans le lit asséché d’un torrent, à portée de voix des enfants accrochés dans les branches, à portée de regard du Mont Aiguille qui domine le paysage.

La Molière

Le week-end end a été pluvieux et ce lundi il fait un temps superbe. Voilà qui tombe bien puisque j’ai un jour de congé. J’hésite entre la Chartreuse et le Vercors. Ce sera ce dernier.
Parking à Engins. Dans la première partie, je rattrape un groupe de quatre personnes. Je m’arrête pour mettre les raquettes. Lorsqu’ils repassent devant moi, les entendant parler de Sornin, je décide de changer de direction. Je quitte cette piste principale pour un sentier qui monte raide vers la Molière.
Pas de trace de passage ici. Je me déshabille aussitôt. De temps à autre, une décharge de neige me tombe dessus depuis les branches, petits frissons. Je domine la vallée de l’Isère, sous une mer de nuages. J’arrive dans ce vaste espace dégagée sous la crête de la Molière, juste sous l’itinéraire de ski de fond. Je reste en lisière de forêt pour éviter d’être trop visible. J’aperçois quelques fondeurs sur la piste, mais je leur fais confiance pour ne regarder que l’avant de leurs spatules. Je tire comme ça, parallèlement à la piste un moment pour finalement, au détour d’une butte, me retrouver en plein sur le bord de piste. Heureusement, pas de skieur à proximité. Je m’éloigne vivement.
Je reconnais le début de l’itinéraire qui mène à Sornin. Je m’attends à trouver les traces du week-end end, car c’est un parcours assez fréquenté. Mais rien. Soit il n’y a eut personne, soit il a bien neigé la nuit dernière. Je le suis de mémoire, retrouvant de ça et là des marquages sur les arbres. La neige vierge et immaculée resplendit sous le soleil. Je profite à fond du moment. Mais finalement, je rate sans doute un passage et me retrouve sans repères. Je continue, zigzaguant entre les arbres, les creux et les bosses du terrain. Parfois, il me faut faire demi tour parce que débouchant sur une barrière rocheuse ou un ravin abrupt, plusieurs fois je m’enfonce jusqu’à la hanche dans des trous de neige. Il me faut même creuser pour me dégager une jambe et une raquette trop profondément ensevelies. Mais j’avance peu à peu, profitant des coins les plus plats, contournant les difficultés. Enfin j’aperçois devant moi le sommet de Sornin ; je me repère. J’ai bien dérivé vers le sud par rapport à l’itinéraire normal. J’ai traversé une zone qui ne doit guère être fréquentée, et même sans doute infréquentable en été. La neige m’a bien facilité le cheminement.
Avant de rejoindre la trace de Sornin, je me rhabille. Et juste après je retrouve les randonneurs de ce matin.

Carrière romaine

Ce devait être une randonnue automnale avec Bernard et Francis des Marcheurs Nus du Val de Roanne. La météo en a décidé autrement. La pluie et la neige en altitude des jours et de la nuit précédente ont bien refroidi l’atmosphère. C’est donc une première randonnée hivernale dans la neige.
Même si le ciel est presque dégagé, un vent violent souffle, aveuglant de cristaux de neige projetés. La balade nous a mené par le Pas de Chabrinel à la cabane de Pré Peyret puis à la carrière romaine. Endroit surprenant. Comment imaginer, à 1700 m d’altitude, sur ces hauts plateaux désertiques du Vercors que, dans l’antiquité, des ouvriers découpaient ici des blocs de pierre qu’ils devaient ensuite descendre au fond des vallées pour décorer les maisons ou palais de l’époque. Il en reste les traces des coupes dans le rocher et le vestige d’une colonne plantée sur la plaine.


 It was to be an autumn naked hike with Bernard and Francis of the Naked Walkers of the Val de Roanne. The weather has decided otherwise. The rain and snow at altitude during the the previous days and last night have cooled the atmosphere. It is therefore a first winter hike in the snow.
Even if the sky is almost clear, a violent wind blows, blinding of projected snow crystals. The walk led us through the Pas de Chabrinel to the hut of Pré Peyret then to the Roman quarry. Surprising place. How could one imagine, in 1700 m of altitude, on these high desert plateau of the Vercors that in the antiquity, workers cut here stone blocks that they had to then descend to the bottom of the valleys to decorate the houses or palaces of the time. There remain the traces of the cuts in the rock and the vestige of a column planted on the plain.


Glandasse

Ces derniers temps, je suis souvent venu dans cette région du Diois, au sud du Vercors. De la Pale ou de Solaure, j’avais en face de moi cet immense plateau entouré de falaises qu’est le Glandasse. Il fallait bien que je me décide à y aller faire un tour. Chose faites ce dernier vendredi d’août.

Parti vers 9 heures de Châtillon en Diois, j’emprunte le GR 91. Au bout d’une dizaine de minutes, éloigné du village, je me déshabille. Un peu plus haut, j’entends arriver un vététiste; je met simplement mon tee shirt devant moi et m’écarte de l’étroit chemin pour le laisser passer, ce dont il me remercie. Je n’aurai plus d’autre rencontre jusqu’aux derniers lacets avant d’atteindre le gros cairn qui marque l’arrivée sur le plateau. J’ai mis tout juste deux heures pour y arriver. Là, je rattrape un couple de randonneurs. J’enfile un short pour les dépasser. Je bifurque tout de suite à gauche en suivant la ligne de crête, en quittant le GR, pour rejoindre le sommet de Pié Ferré, le point culminant. Recherche d’une geocache puis pique nique.

Les lointains sont très brumeux, quelques gros nuages blancs se développent au dessus des reliefs, mais le temps reste très ensoleillé, avec un petit vent qui rafraichit juste ce qu’il faut. J’entends les sonnailles d’un troupeau, des aboiements et des cris de berger, mais plus bas sur le plateau et au loin.

Plutôt que de redescendre si tôt, je préfère me balader, explorer le coin. Je passe devant l’abri de la cabane de Châtillon, continue en direction du bout de cette prairie bien verte. J’évite un randonneur aperçu de loin en obliquant légèrement. J’arrive au bord du plateau, dominant directement le village de Châtillon, d’où je suis parti, mille deux cent mètres plus bas. Bain de soleil sur une dalle de rocher. Quelques planeurs spiralent juste au dessus de moi dans la pompe d’un cumulus. Quelques rapaces aussi.

En suivant la ligne des falaises, je reviens lentement vers le cairn et le chemin du retour. Je ne me rhabille qu’en arrivant en vue des maisons du village, après huit heures et demi de randonnue.